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Russie : le tireur présumé de l'école de Kazan placé en détention préventive

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Par Stephane Hamalian  & Euronews avec AFP
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Russie : le tireur présumé de l'école de Kazan placé en détention préventive
Tous droits réservés  Dmitri Lovetsky/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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L'auteur présumé de la fusillade qui a tué sept élèves et deux enseignants dans une école du centre de la Russie a été placé mercredi en détention préventive pour deux mois par un tribunal de la ville de Kazan.

Ilnaz Galiaviev, ancien élève de l'établissement âgé de 19 ans, a écouté la décision du tribunal avec calme sans répondre aux questions de la presse, avant d'être mené hors de la salle d'audience, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Habillé tout de noir et menotté dans sa cage en verre, il était accompagné de plusieurs gardiens et se pliait aux injonctions du juge de se présenter, de se lever ou de s'assoir.

Mardi, il avait fait irruption dans l'école n°175 de Kazan, capitale de la république russe du Tatarstan, à majorité musulmane, pour semer la mort armé d'un fusil avant d'être arrêté par la police.

Les sept enfants tués étaient de la même classe de 4e, soit âgés en principe de 13-14 ans. Vingt-trois personnes, dont 20 mineurs, sont hospitalisées, dont plusieurs dans un état grave. Fuyant les tirs, certains enfants se sont blessés en sautant par les fenêtres du troisième étage.

Il s'agit de la pire fusillade dans un établissement russe depuis 2018, un drame relativement rare dans un pays où le contrôle des armes est strict, mais où les violences impliquant des élèves sont en augmentation.

"Agressif et irascible"

Selon les enquêteurs, des proches du suspect avaient indiqué lors d'interrogatoires que "depuis le début d'année, il montrait un comportement agressif et irascible".

L'année dernière, il souffrait de graves migraines et lors d'une consultation "une maladie cérébrale a été diagnostiquée", selon le Comité d'enquête russe.

Une vidéo diffusée mardi l'a montré torse nu et couvert de sang allongé dans une cellule, hurlant être "Dieu" et avoir tué car il "déteste tout le monde".

Le jeune homme avait quitté l'école n°175 il y a quatre ans pour suivre une formation d'informaticien dont il a été exclu le mois dernier. Selon les autorités, il avait obtenu légalement son arme, fin avril, certificat d'aptitude mentale à l'appui comme l'exige la loi.

Ce drame a donc relancé plusieurs débats. Le président Vladimir Poutine a d'abord ordonné de revoir les règles du port d'armes et un durcissement pourrait être étudié dès la semaine prochaine par les députés.

Dans la foulée du drame mardi, Viatcheslav Volodine, président de la chambre basse du Parlement, avait appelé à discuter de la possibilité de "mettre fin à l'anonymat sur internet" pour lutter contre la diffusion "de messages violents et glorifiant l'extrémisme".

Un sénateur, Alexandre Bachkine, a aussi proposé de règlementer les jeux vidéo violents qu'il juge "extrêmement dangereux" pour la santé mentale des adolescents.

Telegram se défend

Craignant les critiques, la populaire messagerie Telegram a pour sa part assuré avoir bloqué rapidement le compte du tireur, où ce dernier avait évoqué son passage à l'acte.

Selon le cofondateur de Telegram, Pavel Dourov, le tueur a affirmé qu'il allait commettre son crime seulement "20 minutes avant l'attaque" sur une chaîne publique qu'il a créée et dont il était le "seul membre".

Milliardaire russe très discret vivant à l'étranger, M. Dourov a dit espérer que "cette tragédie" ne serve pas "d'excuse pour organiser une chasse aux sorcières ou transformer la société en camp de concentration", une réponse aux intentions du Kremlin d'accroître son emprise sur les contenus en ligne.

Mercredi, les funérailles des victimes ont également eu lieu au Tatarstan, dont celles d'Elvira Ignatieva, 26 ans, une professeure d'anglais abattue par le tireur alors qu'elle tentait, selon certains, de sauver un enfant.

"C'est elle qui a pris une balle en premier, dans la tête. Puis ce malfrat a tiré sur les enfants. Elle a voulu les protéger, elle ne s'est pas cachée", a raconté à l'AFP l'oncle de la victime, Talgat Goumerov, 65 ans.

La fusillade de mardi rappelle celle d'octobre 2018, lorsqu'un adolescent avait tué 19 personnes avant de se suicider dans un lycée de Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou.

M. Poutine avait alors blâmé "la mondialisation", estimant que le phénomène des fusillades scolaires provenait des Etats-Unis.