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Présidentielle 2022 : engluée, la droite ne parvient pas à se mettre d'accord sur un candidat

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Par Maxime Bayce
Le patron des Républicains, Christian Jacob, à Paris le § juin 2021
Le patron des Républicains, Christian Jacob, à Paris le § juin 2021   -   Tous droits réservés  ALAIN JOCARD/AFP or licensors
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Moins de deux semaines après des élections régionales qui ont vu les Républicains et leurs alliés l'emporter dans sept régions, les ténors de la droite se déchirent sur l'identité du futur candidat à la présidentielle et son mode de désignation.

"Tout change pour que rien ne change". En sortant de la réunion organisée au siège des Républicains à Paris mardi, le député du Vaucluse Julien Aubert affiche son scepticisme. Christian Jacob, le patron du parti a décidé de maintenir en place le calendrier déjà établi. Un congrès aura lieu le 25 septembre, d'ici là les potentiels candidats devront tomber d'accord sur un nom ou la tenue d'une primaire. Dans le cas contraire, un nouveau congrès décidera à l'automne d'un processus de départage, malgré les réticences de la direction sur la primaire.

Des réticences très largement partagées par Xavier Bertrand. L'ancien ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy, qui a quitté les LR en 2017, a dit sans ambiguïté sa volonté de présenter sa candidature à la présidentielle coûte que coûte et aimerait s'éviter une primaire incertaine.

Favori des sondages, il est aujourd'hui le seul à avoir officiellement présenté sa candidature. Il se pose en rassembleur de la droite, au risque d'engager un bras de fer avec la rue de Vaugirard.

"Je suis convaincu qu'il n'y aura qu'un candidat de la droite républicaine, qu'il sera qualifié pour le second tour et qu'il remportera cette élection" présidentielle, a affirmé mercredi sur BFMTV le président des Hauts-de-France, au lendemain d'un bureau politique des Républicains qui peinent à trancher sur leur candidat.

Dans ce contexte, "j'ai une responsabilité particulière, à moi de conduire ce rassemblement", "en restant sur une ligne qui est la mienne", a-t-il ajouté.

Jouer collectif

En face, dans le camp des candidats pressentis mais pas encore "officiels" hors de question de passer outre une primaire.

"L'homme ou la femme providentielle que certains espéraient ne s'est pas imposé", ont affirmé Valérie Pécresse (ex-LR), Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, tous trois candidats potentiels à la présidentielle, dans une tribune au Figaro.

Même ton de Michel Barnier, autre candidat potentiel pour 2022: "Je ne crois pas qu'on puisse décréter le candidat de la droite républicaine, surtout quand on s'exclut du jeu collectif. Moi, je pense très sérieusement, et je le dis avec beaucoup de gravité, que quand on veut le soutien d'une famille politique il faut accepter de jouer le jeu collectif de cette famille", a-t-il mis en garde sur LCI.

Jouer collectif, pour beaucoup de membres des Républicains, est synonyme de défaite et de 2016. Au terme d'une procédure qui avait vu plus de quatre millions de personnes voter pour le candidat de la droite, François Fillon l'avait emporté, avant de sombrer, empoisonné par l'Affaire Pénélope. Les mois de campagne préliminaires avaient rendu évidentes les brouilles et écorné l'image d'un parti qui cultive l'image du chef.

Le calendrier en faveur de Bertrand

Alors que faire pour sortir le parti de l'impasse dans laquelle il s'est lui-même placé ? Christian Jacob avait bien un commencement d'idée début juin lorsqu'il a esquissé celle de désigner le candidat via un grand sondage. Une enquête d'opinion commandée au prestigieux Cevipof et livrée en septembre et octobre qui viendrait révéler, sans contestation possible l'identité du champion de la droite. Manque de chance, fin juin, les deux tours des régionales ont mis en évidence les difficultés rencontrées par les sondeurs à saisir l'état de l'opinion. Un argument développé dans la tribune au Figaro par les pro-primaire.

Des tergiversations qui jouent aujourd'hui en faveur de Xavier Bertrand. "Plus le temps passe, moins nous maîtrisons notre calendrier et \_le bénéficiaire en sera Xavier Bertrand"_, estime le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Car "tout l'été, Xavier Bertrand va faire campagne pendant que les autres parleront d'eux et critiqueront le voisin", selon un proche du président des Hauts-de-France.

Reste à savoir ce qu'en pensent les premier concernés, les sympathisants des Républicains. Selon un sondage du JDD en date de ce jeudi, 57% d'entre eux sont favorables à la tenue d'une primaire.