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"La guerre est terminée" en Afghanistan, tout le monde est pardonné, assurent les talibans

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Par Stephane Hamalian  & Euronews avec AFP
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"La guerre est terminée" en Afghanistan, tout le monde est pardonné, assurent les talibans
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Les talibans ont assuré mardi que la guerre était terminée en Afghanistan et que tous leurs adversaires seraient pardonnés, lors de leur première conférence de presse après avoir pris le pouvoir à Kaboul.

"La guerre est terminée (... le chef des talibans) a pardonné tout le monde", a déclaré le porte-parole Zabihullah Mujahid. "Nous nous engageons à laisser les femmes travailler dans le respect des principes de l'islam".

Peu avant cette conférence de presse, le numéro 2 des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, est arrivé en avion à Kandahar, dans le sud du pays, en provenance de Doha.

M. Mujahid a déclaré que les talibans allaient bientôt former un gouvernement, mais il a donné peu de détails sur sa composition, se contentant de dire qu'ils allaient "établir des liens avec toutes les parties".

"Tous ceux qui sont dans le camp opposé sont pardonnés de A à Z", a-t-il assuré. "Nous ne chercherons pas à nous venger".

Interrogé sur la différence entre le mouvement qui a été chassé du pouvoir par l'intervention américaine il y a vingt ans et les talibans d'aujourd'hui, il a répondu : "Si la question est basée sur l'idéologie, et les croyances, il n'y a pas de différence... mais si c'est en fonction de l'expérience, de la maturité et de la perspicacité, sans aucun doute, il y a de nombreuses différences."

"Les étapes d'aujourd'hui seront positivement différentes des étapes passées", a-t-il assuré.

L'UE va devoir engager un dialogue

"Les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux, afin d'engager un dialogue aussi vite que nécessaire pour éviter une catastrophe humanitaire et potentiellement migratoire" en Afghanistan, a indiqué, mardi Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.

"Ce dialogue devra aussi se concentrer sur les moyens d'empêcher le retour d'une présence terroriste étrangère en Afghanistan", alors que les relations toujours fortes entre les talibans et Al-Qaïda alimentent l'inquiétude, a insisté M. Borrell.

Il a néanmoins précisé que de telles discussions n'impliquaient pas pour autant une prompte reconnaissance officielle du régime taliban par Bruxelles.

"Il ne s'agit pas de reconnaissance officielle (des talibans), il s'agit d'être en contact. Si je veux que 400 personnes, des Afghans qui travaillaient pour l'UE et leurs familles, puissent rejoindre l'aéroport (pour être évacués), alors je dois parler aux autorités des talibans", a plaidé le responsable.

"Dans le cas contraire, ce sera extrêmement difficile pour eux d'atteindre l'aéroport. C'est une opération logistique assez compliquée, donc on doit communiquer avec les talibans", a-t-il insisté, tout en assurant que Bruxelles restait "vigilant" sur le respect des normes internationales par les nouvelles autorités.

Les talibans seront jugés "selon leurs actions", a abondé après la réunion le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. "Ce qui importe avant tout, c'est que la transition se fasse de façon pacifique", a-t-il martelé.

Ottawa ne reconnaîtra pas un gouvernement taliban

Le Canada "n'a pas l'intention de reconnaître un gouvernement taliban", a déclaré mardi le Premier ministre Justin Trudeau au moment où la communauté internationale s'interroge sur les futures relations avec le groupe fondamentaliste qui a repris le pouvoir en Afghanistan.

"Lorsqu'ils étaient au pouvoir il y a 20 ans, le Canada ne reconnaissait pas leur gouvernement. Ils ont renversé par la force et remplacé un gouvernement dûment élu, et forment un groupe terroriste d'après la loi canadienne", a-t-il poursuivi en marge d'un point presse en Ontario pour la campagne législative.

Les Etats-Unis avaient affirmé lundi qu'ils ne reconnaîtraient un gouvernement mené par les talibans qu'à condition que ces derniers respectent les droits des femmes et rejettent les terroristes.

Et le Premier ministre britannique Boris Johnson avait appelé lundi à organiser une rencontre des dirigeants du G7 pour "adopter une approche unifiée sur l'Afghanistan", notamment concernant la reconnaissance de tout futur gouvernement.