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Afghanistan : les femmes réclament d'être représentées dans le futur gouvernement des talibans

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Par euronews
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Afghanistan : les femmes réclament d'être représentées dans le futur gouvernement des talibans
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Elles réclament le droit des travailler et des postes pour les femmes au gouvernement. A Hérat, capitale cosmopolite de l'ouest afghan, une cinquantaine de femmes ont manifesté pour faire entendre leur voix, alors que les talibans doivent dévoiler samedi la composition de leur gouvernement.

Les nouveaux maîtres de Kaboul ont maintes fois promis un gouvernement "inclusif". Les Afghans et la communauté internationale les ont donc pris au mot. Reste à savoir, maintenant, s'ils tiendront leurs promesses et dans quelle mesure ce gouvernement sera réellement "inclusif". Inclura-t-il d'anciens membres du gouvernement afghan ? Sera-t-il ouvert à divers groupes ethniques et religieux voire aux femmes ?

Sur ce dernier point, cela semble très peu probable. Interrogé à ce sujet par la BBC mercredi, Sher Mohammad Abbas Stanekzai, chef adjoint du bureau politique des talibans au Qatar, a ainsi laissé entendre qu'il "pourrait ne pas y avoir" de femmes nommées ministres ou à des postes à responsabilité, tout en jugeant cette option possible uniquement à des échelons inférieurs.

Ce sera en tout cas un premier test pour la communauté internationale, qui est sur une ligne de crête, entre non-reconnaissance politique des talibans, d'un côté, et volonté d'entretenir un dialogue avec eux malgré tout, de l'autre.

"Nous devons développer un dialogue avec les talibans sur de nombreuses questions", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. "Comment apportons-nous l'aide humanitaire ? Comment prendre en charge les nombreuses personnes qui sont prêtes à partir et qui n'ont pas pu avoir de place dans les avions qui quittaient Kaboul jusqu'à la semaine dernière ?"

Les éventuelles relations s'en tiennent pour l'heure aux problématiques humanitaires. Mais Boris Johnson appelle à être ferme. "Nous devons tenir un discours de vérité aux talibans", a souligné le Premier ministre britannique. "Ils doivent comprendre que s'ils veulent des relations avec l'Occident, avec nous et nos alliés - et je sais qu'ils le veulent - alors la première priorité pour nous c'est d'avoir un passage sûr pour ceux qui veulent quitter l'Afghanistan."

Rebâtir l'économie

Une chose est sûre : le gouvernement taliban aura du pain sur la planche sur le front intérieur, en Afghanistan : il lui faudra rebâtir une économie détruite par deux décennies de guerre et largement dépendante de l'aide internationale, en grande partie gelée depuis la mi-août, lors de la prise de Kaboul.

"L'effondrement de l'économie et le manque de services vont très prochainement peser sur les gens, et vos armes et vos méthodes violentes n'auront aucun effet contre la résistance et la colère du peuple. C'est juste une question de temps, rien de plus", a mis en garde mercredi le vice-président sortant Amrullah Saleh, un ennemi juré des talibans qui s'est réfugié dans la vallée du Panchir, où un mouvement de résistance au nouveau pouvoir a pris forme.

Les talibans vont devoir trouver d'urgence les fonds pour verser les salaires des fonctionnaires et maintenir en état de marche les infrastructures vitales (eau, électricité, communications). L'ONU craint une "catastrophe humanitaire" en Afghanistan et "un effondrement total des services de base".

Les talibans doivent aussi prouver qu'ils ont l'expertise pour diriger le pays, alors que des dizaines de milliers d'Afghans, souvent parmi les plus éduqués et qualifiés, ont fui l'Afghanistan depuis leur arrivée au pouvoir.

L'une de leurs priorité sera de remettre en état l'aéroport de Kaboul, d'une importance cruciale pour faire transiter le soutien médical et humanitaire dont le pays a besoin.

Sollicité par les talibans, le Qatar travaille à cette réouverture "dès que possible", a indiqué jeudi son ministre des Affaires étrangères, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, tout en soulignant qu'il n'y avait "pas encore d'accord".

"Nous sommes toujours au stade de l'évaluation", a ajouté le ministre. Les discussions, a-t-il dit, incluent aussi la Turquie, pour voir "si elle peut fournir une assistance technique à ce stade". Ankara a précisé jeudi étudier les propositions des talibans et d'autres acteurs pour voir quel rôle elle pourrait jouer dans la gestion de l'aéroport.