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La République tchèque dans l'incertitude après les législatives, le président hospitalisé

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Par Euronews avec AFP
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Le président Milos Zeman a été hospitalisé dimanche.
Le président Milos Zeman a été hospitalisé dimanche.   -   Tous droits réservés  Petr David Josek/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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La République tchèque est plongée dans l'incertitude après l'hospitalisation dimanche du président Milos Zeman et au lendemain des élections législatives qui ont vu la courte défaite de son allié, le Premier ministre milliardaire et populiste Andrej Babis.

Le pays se demande donc qui, de Babis avec les 27,14% de son parti, ou de Petr Fiala, dont la coalition de centre-droit Ensemble a remporté 27,78% des voix, sera choisi par le président pour diriger la prochain gouvernement.

Âgé de 77 ans et malade, Milos Zeman a reçu dimanche matin M. Babis. Mais peu après, il a dû être hospitalisé d'urgence, ce qui laisse en suspens le processus de désignation du nouveau gouvernement. Son médecin a annoncé qu'il avait été placé en soins intensifs, sans révéler le diagnostic. Selon des médias, le président souffrait depuis quelque temps de problèmes de foie.

L'alliance d'opposition Ensemble disposerait d'une majorité de 108 sièges au Parlement (qui compte 200 élus) si elle formait une coalition plus large avec le Parti pirate anti-système et le mouvement centriste des Maires et indépendants (STAN). Ensemble, qui regroupe le Parti démocratique civique (droite), TOP 09 (centre-droit) et l'Union chrétienne démocrate (centre), a obtenu 27,78% des voix, un souffle devant le mouvement populiste ANO de M. Babis (27,14%).

Dans un premier temps, les résultats partiels avaient donné le Premier ministre sortant confortablement en tête, conformément aux sondages. Mais l'écart a ensuite fondu et le résultat a basculé avec le décompte des bulletins des grandes villes.

Le président doit choisir le Premier ministre

Le chef de file d'Ensemble, Petr Fiala, s'est positionné dès samedi soir pour former un gouvernement, en déclarant sous les vivats avoir un mandat "fort". "M. le président devra en tenir compte", a-t-il insisté.

Constitutionnellement, c'est au président qu'il revient de désigner le nouveau Premier ministre. Or, avant le scrutin, Milos Zeman avait laissé entendre qu'il choisirait M. Babis. Malade, le président pro-russe contraint à voter de chez lui a rencontré M. Babis pour des entretiens informels dimanche matin.

Le chef de l'Etat a aussi assuré qu'il donnerait mandat pour rassembler une majorité à un chef de parti, et non à un chef de coalition. "Je ne vois pas beaucoup de raisons pour lesquelles il ferait autre chose", a souligné auprès de l'AFP Tomas Lebeda, analyste à l'université Palacky d'Olomouc, dans l'est du pays.

"Nous verrons ce que le président dira", a déclaré de son côté M. Babis. "Je suis un manager, ma place est au gouvernement", a-t-il ajouté devant les journalistes.

Un quatrième parti siégera au Parlement, le mouvement d'extrême droite et anti-musulman Liberté et démocratie directe (SPD), dirigé par l'homme d'affaires Tomio Okamura, né à Tokyo, qui a obtenu près de 10% des voix et devrait pouvoir compter sur 20 élus.

Andrej Babis accusé de corruption

Andrej Babis, 67 ans, a fait fortune dans l'agroalimentaire, la chimie et les médias. Il est accusé de fraude présumée aux subventions européennes et l'UE lui reproche un conflit d'intérêts entre ses rôles d'homme d'affaires et d'homme politique.

Le week-end dernier, l'enquête internationale Pandora Papers a révélé qu'il avait utilisé l'argent de ses sociétés offshore pour financer l'achat de propriétés dans le sud de la France en 2009, dont un château. M. Babis a rejeté toutes ces allégations.

Selon Otto Eibl, directeur du département des sciences politiques de l'université Masaryk de Brno, les révélations des Pandora Papers n'ont pas particulièrement pesé dans le vote: "Il y a eu tellement d'affaires de corruption que beaucoup d'électeurs y sont devenus insensibles", dit-il.

Andrej Babis préside actuellement un gouvernement minoritaire avec les sociaux-démocrates, tacitement soutenu par le Parti communiste qui avait dirigé l'ancienne Tchécoslovaquie totalitaire de 1948 à 1989.