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La COP26 prévoit la "fin du charbon" mais sans l'Inde, la Chine ou les Etats-Unis

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Par Maxime Bayce
Une centrale électrique au charbon dans le nord de la Chine
Une centrale électrique au charbon dans le nord de la Chine   -   Tous droits réservés  NOEL CELIS/AFP or licensors

"La fin du charbon est en vue", c’est par cette formule très optimiste que le gouvernement britannique a ouvert son dernier communiqué de presse. Un texte qui fait part de l’engagement d’une quarantaine de pays à ne plus se servir du charbon pour fabriquer de l’électricité d’ici 2030 pour les pays développés et 2040 pour les autres économies.

«Le monde va dans la bonne direction, prêt à en finir avec le charbon tout en construisant un avenir alimenté par des énergies propres», s’est réjoui le ministre britannique de l’Energie, Kwasi Kwarteng.

Parmi les signataires de l’engagement, des pays importants consommateurs de charbon comme le Vietnam, le Chili ou la Pologne. A titre d’exemple, Varsovie en tire, en 2021, 80% de son électricité, un record en Europe. En septembre 2021, le pays a même été condamné par le justice européenne pour continuer d'exploiter un gigantesque site minier à Turow, près des frontières tchèque et allemande.

Une aide financière, à hauteur de 8,5 millions d’euros, va également être fournie à l’Afrique du sud, pays ultra-dépendant au charbon pour s'en sortir. Mais Johannesburg n’a pas paraphé l’engagement.

Absents de marque

Seul hic dans le tableau enthousiasmant présenté par les autorités britanniques, les absents de la liste des signataires.

Les poids lourds de la consommation mondiale de charbon ont préféré s’abstenir. Les Etats-Unis, la Russie et l’Australie (l’un des principaux exportateurs de charbon) mais aussi l'Inde ou la Chine. Les deux géants démographiques, 2,8 milliards d’humains à eux deux, continuent d'importer et de produire pour leur électricité des quantités énormes de charbon. Pékin vient même d’augmenter, face à la pénurie mondiale d’électricité, sa production d’un million de tonnes par jour, la portant à 11,5 millions de tonnes quotidiennes.

Côté ONG, l'accueil est donc plutôt prudent. Pour Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace France sur les questions climatiques et présent à la COP26, il s'agit tout de même d' "un signal politique intéressant dans le cadre de la COP26 : il donne une impulsion aux négociations en cours et augmente les chances de voir les énergies fossiles pointées du doigt dans la décision finale".

Mais reste à surveiller comment cet engagement sera tenu à l'avenir. "Quels sont les détails techniques contenus dans cette déclaration de bonnes intentions ? Le réglage est-il cohérent avec le timing des réductions requises ?...", s'interroge Clément Sénéchal. Pour l'instant, aucune précision n'a été donnée sur le dispositif juridique qui pourrait l'encadrer.

Nouvelle mine en Angleterre

Car les ambitions affichées sont souvent contredites par les actions. Malgré l’emphase de Boris Johnson lors de son discours d’ouverture de la conférence qui a évoqué "une horloge de l’apocalypse", et prédit les pires catastrophes si "nous ne prenons pas au sérieux le changement climatique aujourd’hui", Londres se traîne depuis plusieurs mois un boulet écologique.

Une nouvelle mine de charbon pourrait voir le jour, la première en plusieurs décennies, dans le comté de Cumbria, au nord-ouest de l’Angleterre.

Boris Johnson n'est pour l’instant "pas favorable" au projet mais la décision est toujours en suspens et devrait être prise début 2022. Une hésitation qui envoie un très mauvais signal en pleine COP26.