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Le tunnel sous la Manche bloqué par les pêcheurs français pour obtenir leurs licences

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
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L'entrée du tunnel sous la Manche bloquée par des pêcheurs français, Coquelles, France, le 26 novembre 2021
L'entrée du tunnel sous la Manche bloquée par des pêcheurs français, Coquelles, France, le 26 novembre 2021   -   Tous droits réservés  Michel Spingle/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Les pêcheurs français ont mis fin vendredi après-midi à leurs actions de blocage de ports et d'Eurotunnel menées dans le cadre d'une journée de mobilisation sur le littoral de la Manche pour obtenir le règlement des litiges de pêche post-Brexit avec Londres.

Entamée dans la matinée avec un blocage des ports de Saint-Malo puis de Calais, la mobilisation a pris fin avec la levée des blocages du port de Ouistreham et des accès des camions de marchandises au terminal fret du tunnel sous la Manche.

"Prouver à l’Etat britannique qu’on est capables de nuisances"

"Les pêcheurs ne demandent qu'une chose, c'est que Boris Johnson respecte l'accord parce qu'il n'est pas respecté" a lancé Olivier Leprêtre, président du comité régional de pêches des Hauts-de-France à la mi-journée. "Pour l'instant, tous les pêcheurs britanniques, et les produits autres que la pêche ont accès au marché européen depuis le 1er janvier 2021. Et nous nos pêcheurs n'ont pas accès sur un partie de la ZEE britanique" a-t-il déploré.

Les pêcheurs français qui réclament encore 150 licences, se disent prêts à intensifier le mouvement si le Royaume-Uni reste sourd à leurs revendications.

"On va prouver à l’Etat britannique qu’on est capables de nuisances et on ne veut pas en arriver là. Quand je parle de nuisances, les fêtes de Noël arrivent. Et si on commence à bloquer les ports" indique Pascal Leclerc, président du comité des pêches d'Ile-et-Vilaine depuis son bâteau, après avoir bloqué un navire anglo-norman au large de Saint-Malo.

En vertu de l'accord de Brexit, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques, à condition de prouver qu'ils y pêchaient auparavant. C'est sur ces justificatifs que Français et Britanniques se disputent.

La Commission européenne a lancé mercredi un ultimatum à Londres, afin de régler ce contentieux d'ici au 10 décembre.

"L'arbre qui cache la forêt-

Londres a réagi dès jeudi soir à ces blocages annoncés, qui surviennent en pleine escalade entre la France et la Grande-Bretagne autour de la question migratoire. Le Royaume-Uni s'est dit "déçu", enjoignant la France à "s'assurer que des actes illégaux ne sont pas commis et que les échanges commerciaux ne sont pas affectés".

Pour M. Romiti, président du comité national des pêches "cette question des licences est l'arbre qui cache la forêt : de sa résolution dépendront les relations avec le Royaume-Uni sur le long terme".

Tout en questionnant la robustesse de l'engagement européen aux côtés des pêcheurs de l'UE, Gérard Romiti a salué "l'ultimatum" lancé mercredi par la Commission européenne.

Au total, depuis le 1er janvier 2021, la France a obtenu "plus de 960 licences" de pêches dans les eaux britanniques et des îles anglo-normandes, mais Paris réclame encore plus de 150 autorisations.

Dans ce dossier brûlant, le ton est monté à plusieurs reprises. En mai dernier, une flottille française a fait cap sur Jersey pour un blocus de quelques heures. A l'automne, Paris a menacé Londres de "mesures de rétorsion", avant d'y renoncer provisoirement pour laisser une chance aux négociations engagées à Bruxelles.

Les pêcheurs français se sentent aujourd'hui confortés par le soutien renouvelé dimanche dernier du président Emmanuel Macron, qui a assuré qu'il se battrait jusqu'au bout pour défendre leurs intérêts.