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Ukraine : Emmanuel Macron et Vladimir Poutine à la recherche d'un compromis

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
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Emmanuel Macron et Vladimir Poutine en conférence de presse, le 7 février 2022, Moscou, Russie
Emmanuel Macron et Vladimir Poutine en conférence de presse, le 7 février 2022, Moscou, Russie   -   Tous droits réservés  Thibault Camus/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé lundi que certaines des idées de son homologue français Emmanuel Macron pour désamorcer la crise russo-occidentale sur l'Ukraine pouvaient permettre d'avancer, à l'issue de plus de cinq heures d'entretien à Moscou.

"Certaines de ses idées, de ses propositions (...) sont possibles pour jeter les bases d'avancées communes", a dit M. Poutine, au cours d'une conférence de presse commune, tout en jugeant prématuré de les exposer publiquement.

Les présidents russe et français se reparleront après la rencontre de M. Macron et de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev mardi, selon M. Poutine.

Poutine rejette la responsabilité des tensions sur l'OTAN

Le chef de l'Etat russe a de nouveau dressé une réquisitoire contre l'Otan, accusée de s'être élargie ces trente dernières années jusqu'à menacer la Russie.

"On essaye de nous calmer avec des assurances comme quoi l'Otan est une organisation pacifique et de défense", a-t-il dit, avant de citer "l'Irak, la Libye, Belgrade" en contre-exemples.

Il a de nouveau dénoncé l'aide militaire à l'Ukraine de la part des Occidentaux.

M. Poutine a en outre critiqué le refus occidental d'accepter ses principales exigences : la fin de la politique d'élargissement de l'Otan, l'engagement de ne pas déployer d'armes offensives à proximité des frontières russes et le retrait d'infrastructures militaires de l'Alliance sur les frontières de 1997, c'est-à-dire avant que l'organisation n'accueille en son sein d'ex-membres du bloc soviétique.

Le président russe a enfin une nouvelle fois accusé l'Ukraine d'être la seule responsable de l'impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de paix dans le conflit opposant Kiev à des séparatistes prorusses, largement considérés comme parrainés par Moscou.

"Kiev rejette toujours toutes les opportunités d'un rétablissement pacifique de son intégrité territoriale", a dit M. Poutine.

Il n'a par ailleurs pas jugé que la Russie se comportait de manière belliqueuse, malgré le déploiement de dizaines de milliers de soldats près des frontières ukrainiennes depuis des semaines, laissant craindre aux Occidentaux une nouvelle invasion.

"Dire que la Russie se comporte de manière agressive est illogique", a-t-il dit, "ce n'est pas nous qui nous nous dirigeons vers les frontières de l'Otan."

Scholz à Washington

Le président américain Joe Biden et le chancelier allemand Olaf Scholz ont pour leur part vanté leur harmonie lundi à Washington dans la crise autour de l'Ukraine, mais n'ont pas vraiment réussi à parler de la même voix sur le très controversé gazoduc Nord Stream 2.

"Si la Russie envahit (l'Ukraine), cela veut dire des chars et des troupes qui traversent la frontière de l'Ukraine, encore une fois. Alors il n'y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin", a dit Joe Biden au sujet de ce gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne, déjà construit mais qui n'est pas encore entré en fonctionnement.

L'Allemagne prudente sur le gazoduc Nord Stream 2

Le président américain n'a toutefois pas précisé comment les Etats-Unis pourraient couper cette infrastructure sous-marine reliant directement la Russie à l'Allemagne.

A ses côtés lors d'une conférence de presse commune, le chancelier allemand, pressé de questions sur le sujet, n'a lui pas été aussi explicite. Etats-Unis et Allemagne sont "absolument unis" sur les sanctions à infliger à la Russie si jamais elle attaquait, a assuré Olaf Scholz, en ne veillant à ne pas mentionner nommément Nord Stream 2.

Il a toutefois déclaré qu'à son avis, il ne fallait "pas mettre sur la table" d'emblée toutes les mesures de représailles possibles.

La question Nord Stream 2 pèse depuis des années sur les relations entre Washington et Berlin, mais elle a pris une acuité toute particulière avec la crise autour de l'Ukraine.

Les Etats-Unis font valoir depuis longtemps que cette infrastructure dote Moscou d'un levier énergétique et stratégique trop important.

Les deux nations peuvent "compter l'une sur l'autre"

Joe Biden s'était toutefois laissé convaincre l'an dernier par l'ancienne chancelière Angela Merkel de suspendre des sanctions américaines qui pesaient sur le projet.

Le président américain a malgré tout voulu afficher sa bonne entente avec Olaf Scholz lundi.

Joe Biden a assuré que l'Allemagne et son dirigeant avaient "toute la confiance des Etats-Unis", à l'heure où la position allemande face à la Russie est jugée trop précautionneuse par de nombreux commentateurs américains.

Olaf Scholz a lui estimé que les deux nations pouvaient "compter l'une sur l'autre".