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Etudiants disparus au Mexique: l'ex-procureur général, en prison, comparaîtra mercredi

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Par Laurence Alexandrowicz  & avec AFP
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Un proche des victimes
Un proche des victimes   -   Tous droits réservés  Marco Ugarte/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Du sommet du pouvoir judiciaire au banc des accusés : l'ancien procureur général du Mexique Jesus Murillo Karam est conduit au tribunal, où il est accusé de torture, et de disparition forcée dans l'affaire de l'enlèvement de 43 étudiants en 2014. Il s'agit de la plus importante personnalité arrêtée jusqu'à présent dans le cadre de ces investigations, qui avaient redémarré de zéro après l'arrivée au pouvoir en 2019 du président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador. La prochaine audience de ce haut responsable qui dort aujourd'hui en prison aura lieu mercredi.

Une commission de vérité dirigée par le gouvernement a révélé les conclusions de son enquête : l'armée porterait aussi une responsabilité dans l'une des pires tragédies du pays en matière de droits de l'Homme.

Devant le monument installé au centre de Mexico à la mémoire des jeunes hommes, les Mexicains réagissent à l'arrestation de l'ancien procureur général accusé d'avoir bâclé l'enquête sur la disparition des 43 étudiants.

"Nous, les Mexicains, nous sommes tous peinés par ces disparitions forcées, dit Marcelino, un enseignant, un crime d'État qui jusqu'à présent est un crime d'impunité, que nous continuons à voir, parce qu'il a fallu des années pour arrêter l'ancien procureur, mais cela ne résout pas non plus ce crime d'État."

"Je comprends que si les autorités municipales, étatiques et fédérales sont impliquées, il faut que la rigueur de la loi les atteigne et qu'elle soit appliquée correctement, ajoute Thelma. C'est quelque chose que tous les Mexicains veulent voir, qu'il y a une justice dans ce pays, que les lois sont appliquées."

Le parquet a également lancé des mandats d'arrêt contre 64 policiers et militaires, ainsi que 14 membres du cartel de narcotrafiquants Guerreros Unidos.

 Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, un groupe d'étudiants de l'école de formation des maîtres d'Ayotzinapa, dans l'Etat méridional de Guerrero, s'était rendu jusqu'à la ville proche d'Iguala pour "réquisitionner" des autobus afin d'aller à Mexico pour une manifestation.

Selon l'enquête, 43 jeunes ont été arrêtés par la police locale en collusion avec les narcotrafiquants de Guerreros Unidos, puis tués par balles et brûlés dans une décharge pour des raisons qui restent obscures. Seuls les restes de trois d'entre eux ont pu être identifiés