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Législatives en Italie : la droite et l'extrême-droite se sentent pousser des ailes

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Par Giorgia Orlandi
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À trois jours des législatives en Italie, l'alliance formée par les partis de droite et d'extrême-droite a tenu son dernier meeting à Rome. Alors qu'elle pourrait être la première femme à occuper la présidence du Conseil italien, Giorgia Meloni, la dirigeante de Fratelli d'Italia (Frères d'Italie), a affiché sa confiance.

À la tribune, Giorgia Meloni a remercié le public rassemblé, "de montrer à tous que pour nous, la politique est synonyme d'amour et non de haine. C'est une mission qui vise à servir les citoyens et non une croisade contre nos ennemis : c'est ce qui nous différencie fondamentalement, des partis de gauche," a-t-elle martelé.

"Si elle était fasciste, je ne serais pas là !"

Nombreux sont ceux sur place qui attendent du changement et saluent la décision de Giorgia Meloni de ne pas intégrer la coalition au pouvoir de Mario Draghi. "Elle a plus de charisme que n'importe qui, elle est la plus sérieuse de tous et ses idées politiques n'ont pas varié," affirme un sympathisant.

Quant aux racines néofascistes de son parti, elles n'effraient pas parmi les participants du meeting. "Peur de quoi ? Du fascisme ? Pas du tout, si elle était fasciste, je ne serais pas là ! " lance une femme présente dans la foule. "Peut-être que certains disent cela parce qu'elle ne se laisse pas facilement manipuler par les puissants," renchérit-elle.

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De jeunes sympathisants de Fratelli d'Italia lors du meeting de la coalition de droite à Rome, le 22 septembre 2022euronews

Des électeurs insatisfaits

Selon le professeur de théorie et d'histoire des partis politiques et des mouvements à l'université Luiss Guido Carli. "Parmi ses électeurs, on trouve des personnes qui ne sont pas satisfaites de la situation actuelle," explique-t-il. "Il y a aussi ceux qui contestaient les politiques anti-Covid et qui n'acceptaient ni le leadership de Mario Draghi, ni les précédents gouvernements," précise-t-il par ailleurs.

Rassurer sur l'avenir des relations avec l'UE

Qu'en est-il de la position de Fratelli d'Italia à l'égard de l'Union européenneRaffaele Fitto, eurodéputé de ce parti et coprésident du groupe CRE (Conservateurs et réformistes européens) au Parlement européen (groupe dans lequel figure Fratelli d'Italia), nous répond : "Au sein du groupe conservateur, la position de Giorgia Meloni a parfois été - contrairement à ce que beaucoup ont dit -, davantage eurocritique qu'eurosceptique. Nous n'avons jamais été contre l'Union européenne, mais nous pensons que l'Union a commis des erreurs dans certains cas," indique-t-il.

"Y compris dans son rôle de présidente de la formation des Conservateurs et réformistes européens au Parlement européen, Giorgia Meloni a toujours été claire : elle veut rester au sein des institutions européennes pour changer plusieurs règles et ainsi, pouvoir défendre - si nécessaire - et comme d'autres pays le font - les intérêts de notre pays," déclare Raffaele Fitto.

Une issue imprévisible

Du fait de la suspension des sondages quinze jours avant les élections, leur issue est bien difficile à prédire.

Bien que la coalition de droite était largement en tête dans les dernières enquêtes, de nombreux électeurs décident pour qui voter au tout dernier moment. Le taux de participation sera lui aussi déterminant : il conditionnera le score de chaque force politique et son poids au Parlement.

Journaliste • Giorgia Orlandi