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Législatives italiennes : Matteo Salvini, de la lumière à l'ombre

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Par Euronews  avec AFP
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Le leader de la Ligue, Matteo Salvini, lors d'un meeting dans le nord de l'Italie, le 18/09/2022
Le leader de la Ligue, Matteo Salvini, lors d'un meeting dans le nord de l'Italie, le 18/09/2022   -   Tous droits réservés  AP Photo/Antonio Calanni

Populiste assumé au discours simpliste, Matteo Salvini, 49 ans, a été éclipsé par la montée en puissance de Giorgia Meloni sur l’échiquier politique italien.

L’ancien ministre de l’Intérieur et son parti La Ligue sont cantonnés à jouer les seconds rôles dans la coalition de droite et d’extrême droite, favorite pour remporter les législatives.

Le 8 mars dernier, le maire de la ville polonaise de Przemysl avait interpellé Matteo Salvini pour ses prises de position passées en faveur de la Russie de Vladimir Poutine.

L'image de celui qui s'est affiché ces dernières années aux cotés de la leader de l'extrême droite française Marine Le Pen, ou encore du Premier ministre hongrois, le nationaliste Viktor Orban, a été écornée depuis le début de l'invasion de l'Ukraine.

Face à cette baisse de popularité, Matteo Salvini est revenu aux fondamentaux, à savoir la lutte contre l'immigration, en lançant sa campagne électorale sur l'île de Lampedusa. Durant son passage au ministère de l'Intérieur, il avait interdit aux navires des ONG portant secours aux migrants d'accéder aux ports italiens.

La semaine dernière, le leader de la Ligue a été rattrapé par l'actualité, accusé d'avoir reçu des financements illégaux de la part de la Russie, après la sortie d'un rapport des renseignements américains.

L'ancien Premier ministre italien Guiseppe Conte s'est adressé au Sénat pour faire le point sur ce scandale naissant.

Ces derniers temps, les électeurs de Matteo Salvini se sont aussi lassés des volte-face de son parti. La rupture de l'alliance avec le Mouvement 5 Étoiles en 2019, ou encore le soutien à Mario Draghi pour former un nouveau gouvernement en février 2021 lui sont reprochés.

Un perte de vitesse qui a profité au parti post-fasciste de Giorgia Meloni, Fratelli d'Italia.

Reste à savoir quel sera le rôle de Matteo Salvini et de la Ligue en cas de victoire aux législatives de la coalition de droite.

Un parcours bulldozer

Né en 1973 à Milan, Matteo Salvini n'avait que 17 ans quand il a rejoint la Ligue du Nord, un parti sécessionniste militant pour l'autonomie des régions du nord du pays (la "Padanie") face aux "parasites" du sud.

C'est sous sa houlette que ce parti est devenu une force d'envergure nationale abandonnant sa posture régionaliste pour concentrer ses attaques sur l'Union européenne, l'euro et les migrants débarquant chaque année sur les côtes italiennes.

Son passage au ministère de l'Intérieur (2018-2019) a été marqué par l'interdiction répétée faite aux navires des ONG portant secours aux migrants d'accéder aux ports italiens, ce qui lui a d'ailleurs valu des poursuites judiciaires pour abus de pouvoir.

La subtilité n'est pas son fort : il n'hésite pas à se montrer avec un chapelet ou une bible et porte autour du cou une croix dite "de saint François d'Assise", le saint patron de l'Italie, où le catholicisme reste puissant.

Père de deux enfants, il a eu une épouse et plusieurs relations sentimentales, dont une avec une célèbre présentatrice de télévision italienne, Elisa Isoardi.

Depuis 2019, sa compagne est Francesca Verdini, 30 ans, fille d'un entrepreneur et ex-député du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi.

C'est aussi en 2019 qu'enivré par son succès aux européennes (34% des voix), il rompt son alliance avec les 5 Étoiles en espérant provoquer des élections anticipées. Pari perdu : les 5 Étoiles s'allient avec la gauche.

La pandémie, durant laquelle les arrivées de migrants chutent drastiquement, le prive ensuite provisoirement de son fonds de commerce et, ces derniers mois, il s'est présenté comme le défenseur du pouvoir d'achat des ménages et des entreprises face à l'inflation.

Promettant des baisses d'impôt, cet adepte acharné des réseaux sociaux s'est aussi retrouvé en difficulté pour ses prises de position passées en faveur de la Russie de Vladimir Poutine. Les photos le montrant avec un T-shirt à l'effigie du président russe ou ses récentes critiques contre les sanctions adoptées après l'invasion en Ukraine, jugées inefficaces, ont déplu.

Un erreur que n'a pas commise son éternelle rivale, qui a affiché depuis le début de la guerre un soutien sans faille à Kyiv.