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Mobilisation partielle : des dizaines de milliers de Russes fuient le pays

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
Des Russes à Verkhny Lars, près de la frontière géorgienne, le 27 septembre 2022
Des Russes à Verkhny Lars, près de la frontière géorgienne, le 27 septembre 2022   -   Tous droits réservés  Zurab Tsertsvadze/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved   -  

La mobilisation partielle décrétée par Vladimir Poutine le 21 septembre pour renforcer l'armée déployée en Ukraine pousse des dizaines de milliers de Russes à fuir le pays.

Ils ont été 30% plus nombreux la semaine dernière à entrer sur le territoire de l'Union européenne a annoncé ce mardi l'Agence européenne des frontières, Frontex, basée à Varsovie.

"Environ 66 000 citoyens russes sont entrés dans l'UE au cours de la semaine écoulée (19-25 septembre), soit une augmentation de 30% par rapport à la semaine précédente", selon un communiqué de Frontex.

La plupart des citoyens russes sont entrés dans l'UE par les points de passage frontaliers finlandais et estoniens.

10 000 arrivées par jour en Géorgie

Les arrivées de Russes en Géorgie ont presque doublé, à près de 10 000 par jour, après l'annonce de la mobilisation partielle, selon le ministère géorgien de l'Intérieur.

"Le nombre a augmenté à quelque 10 000 par jour. Par exemple, ils étaient 11 200 dimanche et moins de 10 000 lundi", contre "5 000 à 6 000" juste avant l'annonce de la mobilisation en Russie le 21 septembre, a indiqué le ministère.

A la frontière avec la Géorgie, les autorités de la région russe d'Ossétie du Nord ont admis une "situation tendue" au poste de contrôle de Verkhni Lars.

Le ministère local de l'Intérieur a annoncé l'installation prochaine d'un "commissariat militaire de mobilisation" dans la zone frontalière afin de recruter les réservistes qui tentent de partir.

De son côté, le ministère de l'Intérieur du Kazakhstan, une ex-république soviétique d'Asie centrale voisine de la Russie, a indiqué que 98.000 citoyens Russes étaient arrivés dans le pays depuis le 21 septembre.

Il n'a toutefois pas fourni d'éléments de comparaison avec la semaine précédente.

Le patriarche Kirill, religieux va-t-en-guerre

La mobilisation suscite des critiques liées au manque d'armes, et au niveau de formation, trop insuffisant, pour envoyer les soldats au front. Selon les experts, plusieurs mois sont nécessaires pour former des militaires capables de se déployer sur des théâtres d'opération.

Ce mardi, le ministre russe de la défense en personne a supervisé des entrainements, dans un centre militaire près de Moscou.

Fidèle du Kremlin, le patriarche Kirill a appelé à une mobilisation spirituelle, en proclamant que les pêchés des hommes qui mourront en Ukraine seront pardonnés, et en n'hésitant pas à comparer leur mort sacrificielle à celle de Jésus.

Le chef religieux a affirmé que cette mobilisation permettrait de réconcilier la Russie et l'Ukraine.

L'ONU s'inquiète des arrestations d'opposants à la mobilisation

Cette mobilisation a suscité une forte contestation dans les rues du pays, environ 2 400 personnes ont été arrêtées jusqu'à présent, suscitant les critiques du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

"Nous sommes profondément troublés par le grand nombre de personnes arrêtées en Russie pour avoir protesté contre la mobilisation partielle des troupes dans le cadre du conflit armé en Ukraine", a expliqué ce mardi Ravina Shamdasani, porte parole de l'agence onusienne.

Le ministère russe de la Défense a pour sa part indiqué mardi qu'il ne solliciterait pas de gouvernements étrangers pour obtenir l'extradition des milliers de Russes ayant fui le pays afin d'échapper à la mobilisation pour combattre en Ukraine.