Récit : le quotidien des habitants de Mykolaïv sous le feu des bombes

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Par Natalia Liubchenkova
Un bâtiment détruit à Mykolaïv dans le sud de l'Ukraine en octobre.
Un bâtiment détruit à Mykolaïv dans le sud de l'Ukraine en octobre.   -   Tous droits réservés  Natalia Liubchenkova/Euronews

Située à une centaine de kilomètres de Kherson ville occupée par les Russes depuis début mars, Mykolaïv dans le sud de l'Ukraine vit au rythme des bombardements. Notre envoyée spéciale, Natalia Liubchenkova s'est rendue là-bas et raconte son expérience.

Cette nuit de la fin septembre, les sirènes se mettent en marche à 4H du matin pour quelques minutes. Des explosions sont audibles et dans l'hôtel proche du centre de la ville, des résidents décident de se réfugier dans un sous-sol. Une chance, l'abri ne se trouve qu'à quelques pas, ce qui n'est pas le cas dans toutes les villes ukrainiennes frappées.

L'abri est une pièce qui sert normalement de réserve de nourriture et de local technique pour un restaurant à proximité de l'hôtel. Mais en ce moment, il semble que son objectif principal soit de donner aux habitants une sensation de sécurité.

De retour à la résidence, des comptes locaux sur les réseaux sociaux indiquent qu'un bâtiment a été touché par un missile. Il est 5H30, les sirènes ont cessé, la ville est plongée dans le noir, pas une seule voiture ne passe et aucune lumière n'est allumée. 

Mais pas pour longtemps, le matin arrive et la vie reprend son cours. Des travaux sont déjà en train d'être effectués sur le bâtiment frappé dans la nuit. Et le corps d'une jeune femme retrouvé dans les décombres a été évacué.

Venu vérifier l'appartement de sa tante qui a quitté Mykolaïv il y a déjà quelques mois, Dmytro reste placide. "L'appartement n'est pas trop endommagé, il y a quelques impacts sur le toit et les fenêtres et les portes ont été soufflées par l'explosion", me raconte-t-il. Je lui demande s'il pense que le logement pourra être réparé et sa réponse est sans appel, "non, c'est fini. C'est impossible de vivre ici à présent".

Non loin de là, Illya, un étudiant en langues étrangères m'explique qu'il était chez lui quand deux roquettes ont atterri dans son quartier deux nuits auparavant. L'une dans la cours intérieure et l'autre sur l'immeuble à côté du sien. Certains habitants ont été gravement blessés. "Je me tenais dans la cuisine au moment du tir, m'indique-t-il, l'explosion m'a projeté contre le mur et la deuxième a soufflé les cadres de nos fenêtres". A sa droite, de l'autre côté de la rue, il me montre un bâtiment abîmé, "Regardez là bas, 4 ou 6 appartements ont été détruits. Les habitants ont été évacués. Nous avons des problèmes avec l'eau, l'électricité ou encore internet".

Les autorités ukrainiennes disent que des drones suicides ou kamikazes et des missiles S-300 ont été utilisés dans ces attaques récentes.

Début septembre, le gouverneur régional estimait qu'entre 200.000 et 230.000 personnes vivent actuellement à Mykolaïv c'est environ deux fois moins qu'avant la guerre. Sa région borde les nouveaux territoires annexés par Moscou.