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Répression en Iran : la réaction de Bruxelles et Washington jugée "timide"

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Par Euronews  avec AFP
Le président iranien Ebrahim Raïssi au parlement à Téhéran, en Iran, mardi 4 octobre 2022.
Le président iranien Ebrahim Raïssi au parlement à Téhéran, en Iran, mardi 4 octobre 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Vahid Salemi (Copyright 2022 The AP. All rights reserved.)   -  

Plus de deux semaines après la mort de Mahsa Amini, les manifestations se poursuivent en Iran malgré la répression meurtrière du pouvoir.

Ce lundi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé les Etats-Unis et Israël d'avoir fomenté le mouvement de contestation. 

"Je dis clairement que ces émeutes et l'insécurité sont l'œuvre des Etats-Unis, du régime sioniste (Israël, NDLR) usurpateur, leurs mercenaires et certains Iraniens traîtres qui les ont aidés à l'étranger", a déclaré l'ayatollah âgé de 83 ans, dans sa première réaction aux manifestations.

Cette déclaration a fait réagir le directeur du Centre pour les droits humains en Iran, basé à New York.

"Les traiter d'agents d'Israël et des Etats-Unis, c'est un raisonnement daté que le chef suprême de l'Iran a utilisé pour justifier ses règles brutales. Beaucoup de gens ont pensé qu'il s'agissait en réalité des derniers mots d'un dictateur qui refuse de reconnaître la réalité et qui veut tout rapporter à un ennemi étranger", a déclaré Hadi Ghaemi à Euronews.

Le directeur du Centre pour les droits humains en Iran reproche aux États-Unis et à l'Union européenne de réagir "timidement" volontairement face à la répression des manifestations qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

"L'Europe et les Etats-Unis ont été très timides dans leur réaction aux événements en cours. Il est clair qu'ils essaient de marquer un point sur le plan politique pour leurs propres objectifs concernant les négociations bloquées depuis près de deux ans pour trouver un accord sur le nucléaire. Il n'y a aucune urgence à signer cet accord pour le moment et à donner une légitimité à la République islamique", analyse-t-il.

Au moins 92 personnes ont été tuées en Iran depuis le 16 septembre, selon l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo (Norvège), tandis que les autorités avancent un bilan d'environ 60 morts parmi lesquels 12 membres des forces de sécurité. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées.