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Pas de campagne d'économies d'énergie au Royaume-Uni : la posture du gouvernement jette un froid

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Par Christelle Petrongari  avec AFP
La Première ministre britannique Liz Truss
La Première ministre britannique Liz Truss   -   Tous droits réservés  AP Photo   -  

Les déclarations de Downing Street ont jeté un froid au Royaume-Uni

Alors que la plupart des capitales européennes incitent leurs citoyens à faire des économies d'énergie, ce n'est pas le cas de la Première ministre britannique Liz Truss et de son équipe qui répètent que l'approvisionnement du pays en énergie est suffisant pour passer l'hiver. 

Un message qui contraste avec celui du gestionnaire du réseau électrique britannique. Dans un rapport publié jeudi, le National Grid prévient qu'en cas d'arrêt des importations de gaz depuis l'Europe combiné à une production locale insuffisante, des coupures de courant de 3 heures d'affilées pourraient être instaurées. Il n'en fallait pas plus pour affoler le pays et la presse britannique qui gardent un mauvais souvenirs des coupures d'électricité dans les années 70. 

Vendredi, le mot "blackout", ou panne de courant généralisée, était imprimé en couverture de toute la presse britannique. "Tout ira bien, mais nous nous préparons pour tout", a voulu rassurer vendredi Graham Stuart, le secrétaire d'Etat au Climat, sur la chaîne Sky News.

A la question de savoir s'il fallait inciter les Britanniques aux économies d'énergie, M. Stuart a répondu que le gouvernement "n'envoie pas ce message". Des gens peuvent préférer "prendre une douche qu'un bain parce que cela peut faire baisser leur facture (...) mais ça n'a pas d'impact sur notre sécurité énergétique", a-t-il justifié.

M. Stuart n'a pas voulu confirmer les informations du Times vendredi affirmant qu'une campagne d'incitations aux économies d'énergie avait été préparée par le ministre des Entreprises et de l'Energie Jacob Rees-Mogg, puis rejetée par Liz Truss au dernier moment.

La campagne aurait notamment suggéré aux Britanniques de baisser la température des chaudières, des radiateurs dans les pièces vides, ou des logements en cas d'absence, avec la perspective de factures moins salées.

Le gouvernement britannique admet néanmoins que cet hiver comporte plus de risques que les précédents. Mais rappelle aussi que le pays ne dépend pas du gaz russe et produit près de la moitié de sa consommation de gaz.

Le Royaume-Uni n'est pas un "Etat nounou"

Liz Truss s'inscrit dans une tradition conservatrice d'une moindre intervention de l'Etat. "Je ne vais pas vous dire quoi faire, quoi penser, ou comment vivre votre vie", a-t-elle asséné lors du congrès de son parti à Birmingham il y a quelques jours.

"Nous ne sommes pas un Etat nounou", a renchéri M. Stuart sur la chaine LBC vendredi.

Ailleurs, de la Belgique à la Grèce en passant par l'Allemagne, les gouvernements ont prévu d'éteindre les lumières sur les autoroutes ou les affichages publicitaires lumineux la nuit cet hiver.

Dans un contexte de livraisons de gaz raréfiées depuis la Russie conséquence de la guerre en Ukraine, l'Agence internationale de l'énergie rappelle que les mesures d'économie d'énergie en Europe seront "cruciales" cet hiver.