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De l'oppression à l'acceptation : le long chemin de ce couple homosexuel finalement marié à Cuba

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Par Euronews
Adiel Gonzalez et son partenaire de longue date se marient, octobre 2022, Bolondron, Cuba
Adiel Gonzalez et son partenaire de longue date se marient, octobre 2022, Bolondron, Cuba   -   Tous droits réservés  AFP   -  

Depuis septembre, les couples de même sexe peuvent se marier à Cuba. Âgé de 32 ans, Adiel Gonzalez a enfin pu concrétiser ce jeudi son union avec son partenaire de longue date dans la petite ville de Bolondrón. Il s'agit de l'un des premiers mariage homosexuel du pays.

Cet ancien étudiant en théologie, qui porte  toujours un croix au cou, avait dû rompre ses liens avec l'Église il y a quelques années, en raison de son orientation sexuelle.

Né dans une famille "très conservatrice et fondamentaliste", il avait subi des thérapies de conversion par la prière. "On m'a appris à rejeter toute pulsion homosexuelle. Tout amour, même, était considéré comme un péché", indique-t-il.

"Mais cela n'a pas marché car l'orientation sexuelle n'est pas un choix", dit-il. "Je suis convaincu que Dieu ne se soucie pas de l'orientation sexuelle".

Face à la réticence de son église à accepter son orientation sexuelle, Adiel a créé, 2014 un groupe chrétien LGBT qui a lutté pour l'obtention de ces droits.

Les Cubains ont voté par référendum en septembre pour approuver le mariage homosexuel, rejoignant ainsi huit autres pays d'Amérique latine : l'Argentine, l'Uruguay, le Brésil, la Colombie, l'Équateur, le Costa Rica, le Chili et certains États mexicains.

Le code de la famille approuvé, qui a reçu le soutien du président Miguel Diaz-Canel, remplace une législation datant de 1975 qui définissait le mariage comme une union entre un homme et une femme.

Le gouvernement avait cherché à changer cela déjà dans la constitution de 2019, mais a retiré sa proposition face à la forte opposition des églises et des groupes conservateurs.

La marginalisation des personnes LGBTQ+ dans la société cubaine traditionnellement machiste a atteint son apogée dans les années 1960 et 1970. En 2010, Fidel Castro a admis que la révolution cubaine avait opprimé les membres de la communauté en les qualifiant de déviants, notamment avec des camps de travaux forcés pour la rééducation. Certains ont été poussés à l'exil.