Washington accuse Téhéran de déployer des troupes en Crimée

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Par Euronews
Un drone - présumé de fabrication iranienne - photographié quelques secondes avant de s'écraser sur un bâtiment de Kiev.
Un drone - présumé de fabrication iranienne - photographié quelques secondes avant de s'écraser sur un bâtiment de Kiev.   -   Tous droits réservés  Efrem Lukatsky/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

La Maison Blanche accuse l’Iran d’engager ses troupes « directement au sol » en Crimée pour soutenir les frappes russes opérées par drones en Ukraine sur des infrastructures stratégiques. Washington dit être en possession de preuves attestant du rôle croissant de l’Iran auprès de la Russie engagée dans des attaques sur les infrastructures énergétiques et des habitations de civils en Ukraine à l’approche de l’hiver.

John Kirby, porte-parole du département de la Défense des Etats-Unis, avance qu’un « relatif petit nombre » de personnels iraniens a été envoyé en Crimée, région ukrainienne unilatéralement annexée par la Russie, pour assister les troupes russes dans les lancements de drones iraniens sur l’Ukraine. Selon le gouvernement britannique, des membres du corps d’élite des Gardiens de la Révolution ont même été déployés.

Ces révélations du renseignement américain interviennent alors que l’administration Biden accentue la pression sur Téhéran afin de réduire le soutien iranien à la Russie. La Russie a de nouveau qualifié "d'hypothèses farfelues" les accusations selon lesquelles elle utiliserait des drones iraniens. Le président ukrainien a affirmé mercredi que son armée avait détruit 233 de ces drones iraniens en un mois.

Évacuations de Kherson

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé jeudi soir les Russes d'avoir miné un barrage d'une centrale hydroélectrique située à Kakhovka, à environ 80 km de Kherson, dans le Sud de l'Ukraine, et sous contrôle des forces de Moscou.

"Selon nos informations, les agrégats et le barrage de la centrale hydroélectrique de Kakhovka ont été minés par des terroristes russes", a-t-il affirmé dans son allocution quotidienne publiée sur les réseaux sociaux tandis que les évacuations de civils vers la Russie se poursuivent à Kherson. Dans le sud de l'Ukraine, l'administration russe de la région a assuré que les évacuations de civils avaient débuté, avec jeudi 15 000 personnes évacuées de ce territoire annexé par Moscou. Elle prévoit d'en déplacer "50 000 à 60 000" en quelques jours sur l'autre rive du Dniepr.

Le général Sergueï Sourovikine, récemment nommé chef des opérations russes en Ukraine, avait reconnu mardi que la situation y était "très difficile". Pour le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien, Oleksiy Danilov, on assiste à "la préparation de la déportation massive de la population ukrainienne" vers la Russie "afin de modifier la composition ethnique des territoires occupés".

L'instauration de la loi martiale cette semaine par Vladimir Poutine dans les territoires annexés en Ukraine montre que les Ukrainiens ne voulaient pas rejoindre la Russie contrairement aux affirmations du président russe, selon le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part visité jeudi un terrain d'entraînement pour soldats mobilisés dans la région de Riazan, au sud-est de Moscou, selon des images diffusées à la télévision russe.

La Russie discute avec le CICR de l'accès aux prisonniers de guerre

La Russie a affirmé jeudi que le Comité International de la Croix Rouge (CICR) avait l'autorisation de visiter la prison d'Olenivka, où des dizaines de prisonniers de guerre ukrainiens sont morts dans des circonstances non élucidées en juillet, mais que ces visites étaient bloquées par la situation sécuritaire.

Depuis la semaine dernière, Kiev accuse le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d'"inaction" à l'égard des prisonniers ukrainiens détenus par la Russie, et affirme que l'absence de visites expose les prisonniers au risque de torture.

Le CICR a quant à lui déclaré qu'il partageait la frustration des autorités ukrainiennes, mais que ces visites n'étaient possibles qu'avec une autorisation et des garanties de sécurité.