OTAN : la Finlande est prête à abandonner sa neutralité militaire

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Par Euronews, AFP
Helsinki, Finlande
Helsinki, Finlande   -  Tous droits réservés  EMMI KORHONEN/Lehtikuva

La Finlande entame ce mardi son débat final au Parlement sur l'adhésion à l'Organisation du traité d'Atlantique Nord (OTAN), sans attendre les derniers "oui" nécessaires de la Turquie et de la Hongrie.

Les élections du nouveau parlement finlandais arrivent à grands pas, le 2 avril prochain. Avant ce scrutin dont le résultat et la marge de manœuvre du gouvernement sont incertains, la première ministre finlandaise Sanna Marin veut prendre les devants et valider un accord au Parlement. Restera toutefois à obtenir l'accord d'Ankara et de Budapest.

La Finlande se rapproche de plus en plus d'une adhésion définitive à l'OTAN, et si nécessaire, elle n'attendra pas celle de sa voisine suédoise. Depuis l'année dernière, la Suède est confrontée à un veto turc et peine à faire avancer son processus d'adhésion.

Les 200 députés du Parlement finlandais, l'Eduskunta, entament aujourd'hui leurs débats sur le projet de loi d'adhésion à l'OTAN, avec un vote attendu d'ici mercredi.

En parallèle, le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg est en visite en Finlande afin de rencontrer les principaux dirigeants du pays. Pour lui, "le temps est venu" pour Ankara et Budapest de ratifier la venue de la Finlande et de la Suède.

Selon l'AFP, l'issue du scrutin parlementaire ne fait pas de doute : les majorités sont là. Seule une poignée de députés d'extrême gauche et d'extrême droite devrait voter contre.

HEIKKI SAUKKOMAA/AFP or licensors
Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN (28 février 2023).HEIKKI SAUKKOMAA/AFP or licensors

Une adhésion dépendante de la Turquie et de la Hongrie

Vingt-huit des trente membres de l'OTAN, dont les Etats-Unis, ont déjà ratifié l'entrée des deux pays nordiques. Restent la Hongrie, connue pour ses positions plus ambiguës vis-à-vis de Moscou, et la Turquie. 

Ankara se veut médiatrice du conflit en Ukraine et règle de vieux litiges avec la Suède, notamment sur le cas de militants kurdes vivant dans le pays scandinave. Mais la Turquie a confirmé ce lundi que dissocier la ratification de la Finlande et celle de la Suède était possible.

Le débat final du Parlement finlandais terminé et l'adoption de la loi ne signifiera pas qu'Helsinki entrera automatiquement après les ratifications hongroise et turque. Après l'adoption, le président finlandais Sauli Niinistö a trois mois pour signer à son tour la candidature.

Avec l'invasion russe de l'Ukraine, la Finlande et la Suède ont décidé de tourner la page de leur politique de non-alignement militaire en vigueur depuis les années 1990 en candidatant à l'OTAN en mai 2022. 

Une majorité de Finlandais (53%) veulent entrer dans l'OTAN sans attendre la Suède, selon un sondage publié début février.