EventsÉvènementsPodcasts
Loader

Find Us

PUBLICITÉ

"L'obésité a augmenté, notamment chez les enfants", à cause du Covid

Archives : accompagnement d'enfants souffrant d'obésité à Tucson (Etats-Unis), le 17/03/2010
Archives : accompagnement d'enfants souffrant d'obésité à Tucson (Etats-Unis), le 17/03/2010 Tous droits réservés Mamta Popat//2010 AP
Tous droits réservés Mamta Popat//2010 AP
Par Olivier Peguy avec AFP, AP
Publié le
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

En cette journée mondiale contre l'obésité, les autorités sanitaires tirent la sonnette d'alarme face à un phénomène qui ne cesse de s'aggraver au niveau mondial. Rien qu'en Europe, le nombre de cas a doublé en 20 ans. Explications.

PUBLICITÉ

Plus de la moitié des Européens se trouvent en situation de surpoids. Scientifiquement, cela signifie un Indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 25. 

Si l'IMC est au delà de 30, on parle alors d'obésité. Et là, ce sont près d'un Européen sur 5 qui sont concernés aujourd'hui.

D’après les chiffres d'Eurostat, 52,7% de la population européenne de plus de 18 ans est en situation de surpoids. Les pays les plus touchés (en rouge sur la carte ci-dessous) sont Malte (64,8%), la Croatie (64,8%), la République tchèque (60%) ou encore la Hongrie (59,9%).

A l'opposé, les pays où la part de la population en surpoids est la moins élevée (en jaune sur la carte) sont l'Italie (45,7%), la France (47,2%), la Belgique (50,2%).

Eurostat
Part de la population (de + de 18 ans) en surpoids en Europe - source Eurostat, 2019Eurostat

En ce 4 mars, journée mondiale contre l'obésité, les autorités sanitaires tirent la sonnette d'alarme face à un phénomène qui ne cesse de s'aggraver.

En Europe, en 20 ans, le nombre de cas a doublé.

Et la récente crise sanitaire liée Covid-19 et les confinements n'ont rien arrangé.

Hélia Hakimi-Prévot est journaliste spécialisée dans les questions de santé. Elle est l'auteure du livre "la vérité sur l'obésité" (Ed. Robert Laffont).

La pandémie "a favorisé la sédentarité, l'inactivité physique, mais aussi la malbouffe", explique Hélia Hakimi-Prévot. "Cela peut paraître anecdotique mais ça ne l'est pas : beaucoup de familles avec enfants n'avaient pas forcément le temps de travailler, de s'occuper des devoirs et de cuisiner correctement. Donc il y a eu malbouffe."

JOSEP LAGO/AFP or licensors
Archives : patient atteint de Covid-19 à l'hôpital del Mar (Barcelone), le 04/08/2021JOSEP LAGO/AFP or licensors

"Il y a eu aussi beaucoup d'apéritifs le soir pour essayer de se donner du baume aucœur. Finalement l'obésité a augmenté, notamment chez les enfants. Parce que les enfants avaient l'habitude, à l'école, de se dépenser en cour de récré, de faire du sport...  Or, toutes ces activités ont été complètement annulées", constate-t-elle.

Les spécialistes souhaitent qu'une attention particulière soit accordée précisément aux enfants, au travers d'un dépistage précoce de l'obésité.

"Plus on prévient tôt l'obésité, moins l'obésité risque de perdurer à l'âge adulte", rappelle Hélia Hakimi-Prévot.

La journaliste le souligne : "lorsqu'on arrive à enrayer l'obésité à la fin de l'enfance, on a de grandes chances que l'adulte s'en sorte sans trop de problèmes de poids. Mais lorsque l'obésité perdure jusqu'à l'adolescence, un adolescent en surpoids a 70% de risques de le rester à l'âge adulte."

Pour Hélia Hakimi-Prévot, il y a un grand effort à mener dès l'école : "pourquoi ne pas organiser des sessions de prévention et de sensibilisation dans les classes, avec l'intervention d'associations, de personnes en situation d'obésité, avec des cours de cuisine, avec des ateliers pour les enfants et pour les parents ?"

"Un rééquilibrage alimentaire pour les enfants"

Karina Vychneskaia est médecin à l'hôpital Ambroise-Paré, spécialiste de chirurgie viscérale et digestive. Elle plaide, elle aussi, pour l'instauration de bonnes pratiques alimentaires dès l'enfance.

"Il faut faire plus attention à la consommation des sodas, des boissons sucrées, et au grignotage, explique-t-elle. Les enfants ont tendance à manger beaucoup de sucreries en dehors des repas. Il faudrait donc faire vraiment attention à un rééquilibrage alimentaire pour les petits."

PIERRE VERDY/2004 AFP
Archives : des enfants font leur choix, le 29 juillet 2004 à la Gare de Lyon à Paris, devant un distributeur de friandises.PIERRE VERDY/2004 AFP

Dans son service spécialisé, le Dr Karina Vychneskaia est aux premières loges pour constater l'impact de l'obésité sur la santé de ses patients. 

"Le surpoids et l'obésité engendrent plein de complications", souligne-t-elle. Et d'énumérer : "problèmes métaboliques comme le diabète, problèmes d'hypertension artérielle, problèmes cardio-vasculaires, troubles hormonaux, complications respiratoires, maladies articulaires..."  Elle insiste aussi sur "le retentissement psychologique et social".

PUBLICITÉ
euronews
Dr Karina Vychneskaia, Chirurgie digestive, hôpital Ambroise-Paréeuronews

Et de conclure : "c'est un vrai problème de santé publique car il y a de plus en plus de personnes concernées, et cela engendre un surcoût de prise en charge, en raison de toutes les comorbidités."

Le poids de l'industrie agro-alimentaire

Outre le travail de prévention, les spécialistes avancent l'idée d'une taxation plus marquée sur les produits transformés, ceux-là même qui contribuent à la prise de poids excessive (trop gras, trop salés, trop sucrés).

En 2014, le Mexique a été parmi les premiers pays à introduire une taxe sur les sodas, afin de faire baisser la consommation de ces boissons et ainsi luter contre l'obésité galopante notamment chez les enfants.

Depuis 2018, le Royaume-Uni applique, lui aussi, une taxe sur les boissons non alcoolisées produites ou importées, contenant du sucre ajouté

Ce type de taxation relève jusqu'à présent des prérogatives nationales. Or, les associations de patients en situation d'obésité plaident pour que l'Union européenne s'empare davantage du sujet. Une taxation pourrait être mise en place au niveau européen, suggère même Hélia Hakimi-Prévot, auteur de "La vérité sur l'obésité". L'objectif serait de contraindre l'industrie agro-alimentaire d'adopter une attitude plus vertueuse.

PUBLICITÉ

L'autre levier avancé par les experts : améliorer l'information des consommateurs. L'idée serait d'instaurer un étiquetage faisant apparaître plus clairement la composition des aliments, notamment les teneurs en acide gras, en sel et en sucre, à l'instar du "Nutri-score" en France.

Des discussions sont en cours pour tenter de rendre obligatoire cet étiquetage au niveau européen.

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Les clés du bonheur collectif

Changement d'heure : quels sont ses effets sur votre santé ?

En République tchèque, la coqueluche est de retour