Pourquoi tant de décès liés à la drogue parmi les jeunes Finlandais ?

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Par Hans von der Brelie
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Malgré ses excellents systèmes de santé et d'éducation, la Finlande détient le triste record dans l'UE, de la plus forte proportion de jeunes qui meurent d'une overdose. Le débat sur l'ouverture de salles de shoot sécurisées est relancé à l'approche des législatives dans le pays.

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Malgré ses excellents systèmes de santé et d'éducation, la Finlande détient le triste record dans l'UE, de la plus forte proportion de jeunes qui meurent d'une overdose. Le débat sur l'ouverture de salles de shoot sécurisées est relancé à l'approche des législatives prévues en avril dans le pays. Notre reporter Hans von der Brelie a enquêté sur place auprès de jeunes toxicomanes et de ceux qui leur viennent en aide.

La Finlande est souvent citée en exemple sur la scène internationale. Du fait de son système de santé avancé, de son faible taux de criminalité et de la richesse de sa beauté naturelle, les Nations Unies l'ont désignée comme le pays le plus heureux du monde cinq années de suite.

Pourtant, derrière les clichés romantiques de villages enneigés, cette nation nordique fait face à un problème qui prend de plus en plus d'ampleur. Elle est l'État membre de l'Union européenne où la proportion de jeunes de moins de 25 ans qui meurent d'une overdose est la plus élevée. En 2022, près de 30% des victimes avaient 25 ans ou moins. De plus, les consommateurs de drogue finlandais décèdent en moyenne, dix ans plus jeunes que ceux des autres pays de l'UE.

De nombreuses overdoses sont dues à la prise combinée de plusieurs substances, de benzodiazépines et d'alcool notamment. Mais c'est la buprénorphine qui fait le plus de morts en Finlande selon l'experte finlandaise Pirkko Kriikku qui collabore avec l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.

"C'est assez ironique," indique-t-elle, "puisque la buprénorphine est en fait, un très bon médicament ; mais lorsqu'elle est injectée par intraveineuse ou prise avec d'autres drogues, elle devient très dangereuse et peut entraîner la mort," indique-t-elle.

"J'ai failli mourir plusieurs fois"

Niko est un jeune homme de 25 ans qui souffre de troubles liés à l'utilisation de substances psychoactives. "J'ai commencé à fumer de la marijuana à l'âge de 12 ans," raconte-t-il à notre journaliste. "À 16 ans, je me faisais du thé à l'opium et j'ai commencé à prendre de l'ecstasy et des amphétamines, puis toutes les drogues disponibles," précise-t-il avant d'ajouter : "J'en prenais tellement que j'ai failli mourir plusieurs fois."

Il connaît bien les ravages de la toxicomanie. "J'ai perdu beaucoup d'amis quand j'étais plus jeune, ils tombaient comme des mouches," fait-il remarquer.

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Niko, 25 ans, raconte avoir été réanimé après une crise cardiaque due à une overdoseEuronews

Niko sera bientôt envoyé en prison pour ses activités criminelles, il considère son séjour derrière les barreaux comme une chance de se libérer de la drogue.

En Finlande, seules 20% des personnes souffrant de troubles liés à l'abus de substances sont traitées, contre 70% dans la Suède voisine.

Le débat sur l'ouverture de salles de shoot relancé

Suvi et Ninja travaillent pour la Fondation Ruban Bleu en Finlande, une organisation qui soutient les sans-abri et les personnes qui luttent contre la toxicomanie. Les deux jeunes femmes sont favorables aux salles de shoot médicalement encadrées, un lieu où les personnes peuvent consommer de la drogue dans un environnement hygiénique, sous la surveillance d'un professionnel. Ces salles, que l'on trouve principalement en Allemagne et aux Pays-Bas, ont permis de réduire les risques liés à l'injection.

"Les gens se droguent dans ces endroits," explique Suvi en montrant des toilettes publiques dans une rue d'Helsinki. "C'est extrêmement sale et très dangereux pour la santé des gens," souligne-t-elle.

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Ninja, de la Fondation Ruban Bleu, jette une seringue usagée trouvée près de toilettes publiques à HelsinkiEuronews

"C'est comme si j'avais de nouvelles ailes"

Pourtant, la rencontre de Hans avec Tomi, un ancien consommateur aidé par l'organisation KRIS, offre une lueur d'espoir dans le contexte sombre du problème de la drogue en Finlande.

Tomi est abstinent depuis deux ans, après avoir frôlé la mort à quatre reprises. Il a surmonté sa dépendance après un séjour en prison. Aujourd'hui père d'un nouveau-né, il rêve de devenir pompier et de prendre un nouveau départ.

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Tomi qui est clean depuis deux ans rêve d'un nouveau départEuronews

"Avec les outils, connaissances et compétences que KRIS m'a transmis, je peux me lancer dans ma nouvelle vie," estime-t-il avant de conclure : "C'est comme si j'avais de nouvelles ailes et que j'allais voir où elles m'emmènent."

Journaliste • Hans von der Brelie

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