République serbe de Bosnie : les droits des personnes LGBTQI+ menacés

Des participants marchent lors de la marche annuelle de la fierté homosexuelle dans la capitale Sarajevo, en Bosnie, samedi 14 août 2021.
Des participants marchent lors de la marche annuelle de la fierté homosexuelle dans la capitale Sarajevo, en Bosnie, samedi 14 août 2021. Tous droits réservés AP/Copyright 2021 The AP. All rights reserved.
Par Euronews
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Milorad Dodik, le président de la République serbe de Bosnie, a récemment interdit aux représentants de la communauté LGBTQI+ "d'approcher" des établissements d'éducation. L'accès aux jardins d'enfants, aux écoles et aux universités leur est interdit.

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Le président de la République serbe de Bosnie - une des deux entités de la Bosnie-Herzégovine - Milorad Dodik, a initié ces derniers temps plusieurs projets controversés à l'encontre des membres de la communauté LGBTQI+.

Plusieurs membres de la communauté LGBTQI+ dénoncent les libertés qui leur sont proscrites, ainsi que la mise en danger des militants. C'est par exemple le cas de Nevena Zelenika, une étudiante de 21 ans, agressée lors d'une marche à Banja Luka (capitale de la République serbe de Bosnie), le mois dernier. 

Un drapeau arc-en-ciel à la main, Nevena s'est faite agresser par des individus anti-LGBT. "Ils m'ont saisi la main pour arracher mon drapeau. Ce n'était pas une attaque directe contre nous, mais contre l'idéologie que nous voulons transmettre à Banja Luka", explique-t-elle.

Après cette manifestation, les locaux d'organisations non gouvernementales qui soutiennent les droits des LGBTQI+ ont été endommagés. 

Une communauté menacée

Pour Milica Pralica, présidente de l'association "Sharp Zero", la République serbe de Bosnie ne fait rien  pour garantir la sécurité des membres de la communauté LGBTQI+, mieux protégés à l'étranger.

"Un garçon était venu de Tuzla pour militer. Il est aujourd'hui réfugié politique aux États-Unis. Pendant son engagement militant, il portait un bracelet de sécurité. La communauté internationale s'est préoccupée de sa protection, mais pas les institutions de la République serbe de Bosnie", confie-t-elle.

Lorsque des journalistes d'Euronews Serbie demandent à certains habitants de Banja Luka ce qu'ils pensent des personnes LGBTQI+, les réponses sont parfois radicales. "C'est une maladie ! Qu'ils aillent où ils veulent, tant qu'ils ne sont pas en Republika Srpska", s'écrie l'un. "Je n'ai rien contre eux, mais qu'ils gardent cela privé", répond un autre.

La Bosnie a organisé sa première marche des fiertés en 2019 dans la capitale de Sarajevo, mais l'homophobie reste profondément ancrée dans le pays.

Les ONG affirment que la sécurité des personnes LGBTQI+ en République serbe de Bosnie est menacée. Elles accusent les institutions officielles et les politiciens locaux, en particulier le président de la République serbe, Milorad Dodik, d'en être responsable.

Une loi pour interdire aux personnes LGBTQI+ d'entrer dans les écoles

Milorad Dodik a récemment interdit aux représentants de la communauté LGBTQI+ "d'approcher" des établissements d'éducation. L'accès aux jardins d'enfants, aux écoles et aux universités leur est interdit.

"Il y a des endroits et des îles dans le monde où c'est normal. Vous y allez, vous y vivez, vous y faites ce que vous voulez. Ici, ce n'est pas notre mode de vie et j'essaye de le protéger", affirme l'élu politique.

Les initiatives liberticides de Milorad Dodik ont été dénoncées par des partis d'opposition, des associations de journalistes, des ONG et plusieurs ambassades, notamment celle des Etats-Unis.

L'annonce de l'adoption de cette loi a également provoqué la controverse dans la sphère politique.

"Si la première ministre de Serbie vient en Republika Srpska et veut visiter l'une des écoles que la Serbie a aidé et continue d'aider, elle ne sera pas autorisée à entrer dans cette école, n'est-ce pas ?", demande ironiquement Igor Crnadak, député et ancien ministre des affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine.

L'élu, opposé idéologiquement à Milorad Dodik, faisait référence à la Première ministre serbe, Ana Brnabić, qui assume publiquement son homosexualité.

Pour l'instant, les militants LGBTQI+ gardent espoir d'être un jour autorisés à organiser une marche des fiertés à Banja Luka.

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