États-Unis : le baron de la drogue "Otoniel" condamné à 45 ans de prison

Dairo Antonio Usuga, dit Otoniel
Dairo Antonio Usuga, dit Otoniel Tous droits réservés KENA BETANCUR/AFP or licensors
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Par Euronews avec AFP
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Certains le comparent à Pablo Escobar. Le baron colombien de la drogue Dairo Antonio Usuga, dit “Otoniel", a été condamné à 45 années de prison aux États-Unis. Il avait plaidé coupable.

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Le chef capturé du gang colombien Clan del Golfo, Dairo Antonio Usuga, alias "Otoniel", a été condamné mardi à 45 ans de prison par un tribunal fédéral américain à New York pour trafic de drogue.

Extradé par la Colombie en mai 2022, il avait plaidé coupable en janvier 2023 de trafic international de cocaïne, reconnaissant avoir fait entrer plus de 96 tonnes de cocaïne aux Etats-Unis via l'Amérique centrale et le Mexique.

La juge Dora Irizarry du tribunal fédéral de Brooklyn, à New York, a suivi les réquisitions du procureur, affirmant qu'il s'agissait "sans aucun doute de l'une des plus graves affaires de trafic de drogue" jamais présentées à cette juridiction.

Otoniel, 51 ans, encourait une peine allant de 20 ans de prison à la perpétuité. Il a été condamné à 45 ans de prison pour chacun des chefs d'accusation mais bénéficiera d'une confusion des peines et purgera donc 45 ans au total.

Il avait également accepté en janvier un jugement de confiscation de 216 millions de dollars.

Le procureur Francisco Navarro a estimé qu'Otoniel était, sans aucun doute, "le terroriste le plus dangereux de Colombie de ce siècle", autant que Pablo Escobar, figure emblématique du narcotrafic.

Le ministre américain de la Justice Merrick Garland s'est félicité de cette condamnation, dans un communiqué de ses services.

"Cette sentence envoie le message clair que le ministère de la Justice trouvera et fera rendre des comptes aux chefs d'organisations meurtrières de trafic de drogue qui portent atteinte au peuple américain, où qu'ils soient et quel que soit le temps que cela prenne", a-t-il assuré.

Le prévenu avait reconnu en janvier que dans le cadre du "travail militaire, des meurtres ont été commis" par son organisation, formée d'anciens membres de groupes paramilitaires d'extrême droite et qui a pu compter jusqu'à 6.000 hommes.

Il avait également précisé que le clan "assurait la sécurité des laboratoires et des trafiquants de drogue et prélevait des taxes" pour la cocaïne transitant par les territoires sous leur contrôle.

"Payer aux autorités colombiennes"

La défense, qui avait demandé une peine de 25 ans maximum, n'a pas indiqué si elle souhaitait faire appel. Elle dispose de 14 jours pour se décider.

Sept mois après son arrestation en Colombie, l'extradition d'Otoniel, qui régnait sur l'organisation depuis 2012, a été suivie par une campagne sanglante d'assassinats contre des policiers dans son pays.

Mais après l'élection du président de gauche Gustavo Petro, favorable à des négociations avec plusieurs groupes armés, Otoniel avait demandé en août 2022 à son gang de mettre fin à cette vague de meurtres.

Egalement assis sur le banc des accusés, se trouvaient notamment le numéro 1 du cartel de Sinaloa Joaquin "Chapo" Guzman, condamné à la perpétuité, et Daniel Rendon Herrera, dit "Don Mario", fondateur et ancien chef du Clan del Golfo condamné à 35 ans de prison.

Selon la DEA, l'Agence américaine antidrogue, le Clan del Golfo a collaboré avec les cartels mexicains Sinaloa et Jalisco New Generation pour introduire clandestinement de la drogue aux Etats-Unis.

Selon l'agence, 90% de la drogue arrivant sur le marché américain provient de Colombie et est souvent mélangée à du fentanyl, une substance puissante et mortelle ajoutée par les cartels mexicains.

"Il doit payer là où il a commis ses délits. Si Otoniel est colombien (...) il doit payer aux autorités colombiennes. Mais ce qu'il a commis ici, il ne peut pas le payer aux Etats-Unis", a déploré Aurelio Benicio Mendoza, président d'une association de familles de victimes du "CDG" dans la région d'Uraba (nord-ouest), où opère le cartel.

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