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Harcèlement scolaire : l'élève harceleur peut maintenant être changé d'école

Un tee-shirt "Non au harcèlement scolaire" porté lors d'une marche commémorative en mémoire de Lindsay, 13 ans, qui s'est suicidée à la suite d'un harcèlement scolaire.
Un tee-shirt "Non au harcèlement scolaire" porté lors d'une marche commémorative en mémoire de Lindsay, 13 ans, qui s'est suicidée à la suite d'un harcèlement scolaire. Tous droits réservés DENIS CHARLET / AFP
Tous droits réservés DENIS CHARLET / AFP
Par Gael Camba
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Un décret publié jeudi permet le transfert dans une autre école d'un élève harceleur. Auparavant, c'est la victime qui devait changer d'école.

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Un élève responsable de harcèlement scolaire pourra désormais être transféré dans une autre école, évitant d’imposer ce changement à celui qui en est la victime. Le décret du nouveau ministre de l'Education Gabriel Attal a été publié jeudi 17 août et prévoit aussi de pouvoir sanctionner un auteur de cyberharcèlement s'il se trouve dans une autre école que celle de la victime.

Si, même après plusieurs mesures éducatives envers le harceleur, la situation perdure, "le directeur de l'école, peut demander au maire de procéder à la radiation de cet élève de l'école et à son inscription dans une autre école de la commune", indique le décret.

Cette nouvelle mesure "envoie un signal fort à l'éducation nationale et aux parents d'élèves", estime Wilfrid Issanga, directeur de l'association ALCHM qui lutte contre le harcèlement scolaire et la maltraitance infantile. "On a pris trop de mesurettes, je pense que l'actuel ministre a pris le taureau par les cornes."

Dans les collèges et lycées, le décret étend "le champ de la procédure disciplinaire aux cas dans lesquels des élèves commettent des actes de harcèlement à l'encontre d'élèves situés dans un autre établissement", précise le texte.

"Tolérance zéro"

Le harcèlement scolaire a été érigé en priorité nationale après le suicide en mai de Lindsay, 13 ans, dans le Pas-de-Calais. La réponse face au harcèlement scolaire doit être "implacable", assure Gabriel Attal qui a déjà évoqué à plusieurs reprises cette mesure.

Elle était attendue depuis des années par les associations d'écoute ou de lutte contre le harcèlement scolaire. Auparavant, obliger l'enfant harcelé à changer d'école pouvait être ressenti comme une double peine pour lui, mais aussi pour ses parents.

Dans certaines zones rurales, cela pouvait créer des situations intenables où la victime se retrouvait dans une école beaucoup plus loin de chez lui, explique Wilfrid Issanga à Euronews. "S’il y a une tomate pourrie dans une cagette de tomates saines, on enlève la mauvaise, on ne déplace pas les bonnes."

"Il faut envoyer un signal fort aux parents [des enfants harceleurs], c’est aux parents de régler le problème car l'école ne peut se substituer aux parents."

En mars 2022, le harcèlement scolaire est devenu un délit pénal qui peut valoir jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende en cas de suicide ou de tentative de suicide de la victime harcelée.

Le silence n'est pas la solution...

En France, 6,7% des collégiens déclarent avoir subi 5 violences répétées ou plus au cours du printemps 2022, selon une enquête du ministère de l'Education.

Le silence demeure souvent l'obstacle principal à toute solution dans beaucoup de cas de harcèlement. "Beaucoup de familles luttent en silence et on ne les entend pas," et il y a encore plus d'enfants qui luttent seuls, explique Wilfrid Issanga.

"Ce décret est une très bonne avancée, on verra bien ensuite sur le terrain ce qui va réellement changer", conclut-il. 

Le harcèlement scolaire est un fléau mondial : près de 130 millions d’élèves âgés de 13 à 15 ans dans le monde (soit un peu plus d’un sur trois) sont victimes de harcèlement scolaire, selon le site internet Atlasocio.

En France, les mineurs victimes de harcèlement peuvent composer le 3020 et celles de cyberharcèlement le 3018. 7j/7, de 09h00 a 23h00, une équipe dédiée composée de psychologues, juristes et spécialistes des outils numériques est là pour les conseiller et intervenir, notamment auprès des réseaux sociaux, pour faire supprimer un contenu en quelques heures.

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