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Le pape semble tendre la main vers la Chine pendant sa visite en Mongolie

Le Pape François est en visite dans la capitale mongole Oulan-Bator.
Le Pape François est en visite dans la capitale mongole Oulan-Bator. Tous droits réservés Andrew Medichini/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par Euronews avec AFP
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Le pape François a semblé vouloir rassurer la Chine, samedi au cours d'un rassemblement de missionnaires catholiques en Mongolie, en affirmant que les gouvernements n'ont "rien à craindre" de l'action évangélisatrice de l'Eglise.

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"Les gouvernements et les institutions séculières n'ont rien à craindre de l'action évangélisatrice de l'Eglise parce que celle-ci n'a pas d'agenda politique", a déclaré le souverain pontife de 86 ans dans la cathédrale des Saints Pierre-et-Paul à Oulan-Bator, la capitale mongole.

Le message de "miséricorde et de vérité" de l'Eglise "est destiné à promouvoir le bien de tous", a-t-il ajouté.

Pendant cette première visite en Mongolie, un pays enclavé entre la Russie et la Chine, le pape a semblé vouloir non seulement encourager la modeste communauté catholique (environ 1.400 membres) qui vit au sein d'une population en majorité bouddhiste de plus de trois millions d'âmes mais aussi saisir l'occasion de sa présence aux portes de la Chine pour tenter d'améliorer les relations entre le Vatican et Pékin.

Le parti communiste chinois se méfie de toute organisation, notamment religieuse, pouvant menacer son autorité. Il est longtemps resté suspicieux vis-à-vis du Saint-Siège en raison de son influence potentiellement politique sur les catholiques en Chine, qui n'entretient d'ailleurs pas de relations diplomatiques avec ce micro-Etat.

Ce qui n'a pas empêché le gouvernement chinois et le Vatican de reconduire l'année dernière un accord sur l'épineuse question de la nomination des évêques.

Appel à protéger la planète

Arrivé la veille à Oulan-Bator, François a été auparavant accueilli au cours d'une cérémonie officielle sur un tapis rouge avec les honneurs de cavaliers mongols défilant en armure métallique.

Sur l'immense place Sukhbaatar qui abrite le coeur du pouvoir mongol à Oulan-Bator, il a salué, au côté du président Ukhnaa Khurelsukh, plus de mille fidèles et de curieux présents pour guetter son arrivée.

François a loué "la sagesse" de la Mongolie dont beaucoup d'habitants vivent depuis des siècles en harmonie avec la nature, en particulier son peuple nomade "respectueux du délicat équilibre de l'écosystème".

Le souverain pontife a aussi prôné un "engagement urgent et désormais incontournable en faveur de la protection de la planète Terre".

La Mongolie est l'un des plus gros exportateurs de charbon de la planète et l'air de sa capitale figure régulièrement parmi les plus pollués du monde.

De vastes étendues du territoire mongol sont également menacées de désertification en raison du changement climatique, du surpâturage et de l'exploitation minière.

Tout en saluant la tolérance religieuse et la politique étrangère pacifiste de la Mongolie, le pape a fustigé la corruption devant les dirigeants de cette nation, où un important scandale dans l'industrie minière avait provoqué de vastes manifestations en décembre.

La corruption constitue "une menace sérieuse pour le développement de tout groupe humain, en se nourrissant d'une mentalité utilitariste et sans scrupules qui appauvrit des pays entiers", a mis en garde François.

Aux portes de la Chine

Sur la place Sukhbaatar, nombreux étaient ceux arrivés de loin dans l'espoir d'apercevoir le pape.

Pour ne pas être identifiés, beaucoup de Chinois qui ont fait le déplacement se sont couvert la tête et ont dissimulé leur visage derrière un masque chirurgical et des lunettes de soleil.

"On doit faire profil bas et ne surtout pas dire qu'on est ici pour le pape. A la douane, on nous a demandé si on était catholiques, on a dit qu'on faisait du tourisme", confie une ressortissante chinoise qui préfère taire son nom.

"C'est comme si nous voyions Jésus", estime pour sa part un de ses compatriotes qui a voyagé en groupe "spécialement pour voir le pape".

"Beaucoup de catholiques en Chine voulaient venir mais ils n'ont pas pu le faire. Nous sommes bénis", assure-t-il à l'AFP, lui aussi sous couvert de l'anonymat de peur de représailles.

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L'AFP a pu entendre un visiteur chinois conseillant à un de ses compatriotes de ne pas parler avec les journalistes, de crainte d'ennuis à leur retour en Chine.

Stephen Chow, l'archevêque de Hong Kong, qui doit être fait cardinal en septembre par le pape François, était aussi présent.

"Une personne formidable"

"Je ne suis pas catholique mais [...] je voulais le voir en personne. Il a l'air d'être une personne formidable", s'exclame en souriant Enkhtur Dagvadorj, un Mongol qui se dit "très content".

Galina Kroutilina, 62 ans, est quant à elle partie de Moscou avec un ami pour voir le pape. "Nous sommes arrivés il y a une heure en train", explique à l'AFP cette Russe orthodoxe, qui arbore une croix en or autour du cou.

Après plus de 6.000 kilomètres de trajet, "nous sommes ici parce qu'au sommet de la montagne se trouve Dieu", souligne-t-elle. "Mais il y a beaucoup de chemins pour y arriver".

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Dimanche, le pape fera un discours au cours d'une réunion inter-religieuse à laquelle le recteur de l'église orthodoxe russe d'Oulan-Bator devrait assister avec une délégation et présidera ensuite une messe dans une arène récemment construite pour la pratique du hockey sur glace.

Ce voyage est un véritable test d'endurance pour le chef de l'Eglise catholique, qui continue à beaucoup voyager malgré une hernie abdominale dont il a été opéré en juin et des douleurs au genou qui l'obligent à se déplacer en fauteuil roulant.

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