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Nouvelle escalade des tensions dans le Karabakh entre l'Azerbaïdjan et les séparatistes arméniens

Un soldat d'origine arménienne à côté du drapeau du Haut Karabakh, le 25 novembre 2020.
Un soldat d'origine arménienne à côté du drapeau du Haut Karabakh, le 25 novembre 2020. Tous droits réservés Sergei Grits/Copyright 2020 The AP. All rights reserved.
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Par Euronews
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Plusieurs morts et des dizaines de blessés seraient à déplorer. L'Azerbaïdjan appelle à la reddition des séparatistes arméniens et propose des pourparlers. Les chancelleries européennes réclament un cessez-le-feu immédiat.

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Le sang a de nouveau coulé ce mardi dans la province du Karabakh après que l'Azerbaïdjan a lancé mardi une nouvelle opération militaire dans cette cette zone disputée depuis des décennies avec l'Arménie.

En soirée, l'armée azerbaïdjanaise a déclaré avoir pris plus de 60 positions aux forces séparatistes arméniennes.

A ce stade, le conflit aurait fait une vingtaine de morts et de nombreux blessés, selon les autorités séparatistes arméniennes et plus de 7 000 civils auraient déjà été évacués de 16 localités.

Des "femmes, des personnes âgées et des enfants" comptent parmi les victimes, ont-elles précisé. De son côté, l'Azerbaïdjan a annoncé la mort d'un civil, tué "par éclats d'obus à la suite d'une attaque des forces armées arméniennes".

Bakou a justifié son opération par la mort de quatre policiers et deux civils azerbaïdjanais dans l'explosion de mines sur le site d'un tunnel en construction entre Choucha et Fizouli, deux villes du Nagorny Karabakh sous contrôle de l'Azerbaïdjan.

Suite à cette agression qualifiée d**'acte terroriste** par Bakou, les forces armées séparatistes arméniennes ont fait état mardi soir de combats tout au long du front, affirmant que l'armée azerbaïdjanaise usait de son artillerie et de son aviation notamment.

"Les combats se poursuivent sur toute la ligne de contact. Les forces armées azerbaïdjanaises recourent à des tirs d'artillerie et de roquettes, à des drones d'attaque, à l'aviation de combat", a indiqué l'armée séparatiste sur X, l'ex-Twitter.

Drapeau blanc

La présidence azerbaïdjanaise a appelé en début de soirée les forces séparatistes arméniennes du Karabakh à rendre les armes, condition sine qua non pour le début de négociations.

"Les forces armées arméniennes illégales doivent hisser le drapeau blanc, rendre toutes les armes et le régime illégal doit se dissoudre. Autrement les opérations antiterroristes continueront jusqu'au bout", a indiqué l'administration présidentielle azerbaïdjanaise.

En cas de capitulation, des pourparlers "avec les représentants de la population arménienne du Karabakh à Yevlakh", une ville azerbaïdjanaise à 295 km à l'ouest de Bakou.

Avant cela, les autorités du Karabakh avaient demandé un cessez-le-feu immédiat et des négociations.

La diplomatie arménienne a immédiatement dénoncé une "agression à grande échelle" à des fins de "nettoyage ethnique". Elle a aussi jugé que la Russie, garant d'un cessez-le-feu datant de 2020 avec des forces de la paix sur le terrain, devait "stopper l'agression azerbaïdjanaise".

Erevan a dit ne pas avoir de troupes au Karabakh, laissant entendre que les forces séparatistes étaient seules face à l'armée azerbaïdjanaise.

Le Premier ministre, qui a réuni son Conseil de sécurité, a par ailleurs dénoncé des appels à un "coup d'Etat" en Arménie, alors que la télévision faisait état de centaines de manifestants massés devant le siège du gouvernement à Erevan. Des manifestants y scandaient "Pachinian traître".

L'opposition arménienne a tenté à plusieurs reprises depuis trois ans d'obtenir le départ du dirigeant arménien, l'accusant d'être responsable de la défaite militaire lors de la guerre de l'automne 2020 au Nagorny Karabakh.

Cessez-le feu "immédiat" ?

Les Européens n'ont pas tardé réagir après l'annonce de l'opération militaire de l'Azerbaïdjan.

"L'Azerbaïdjan doit "immédiatement" cesser son opération militaire dans l'enclave disputée du Nagorny Karabakh, a affirmé ce mardi le président du Conseil européen Charles Michel.

"Les actions militaires de l'Azerbaïdjan doivent cesser immédiatement pour permettre un dialogue véritable entre Bakou et les Arméniens du Karabakh", a déclaré M. Michel sur X (ex-Twitter).

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Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, a également "condamné" l'offensive militaire de l'Azerbaïdjan et réclamé qu'elle cesse immédiatement.

"Cette escalade militaire ne doit pas être utilisée comme un prétexte pour forcer l'exil des populations locales", a également déclaré M. Borrell dans un communiqué.

De son côté, la diplomatie française demande une réunion "d'urgence" du Conseil de sécurité de l'ONU. La ministre des Affaire étrangères Catherine Colonna a dénoncé une opération "illégale, injustifiable, inacceptable".

Bakou a précisé avoir informé la Russie et la Turquie de ses opérations dans l'enclave, et Moscou a ensuite dit n'avoir été prévenue que "quelques minutes" avant leur début.

Le Kremlin, "préoccupé", a dit par la voix de son porte-parole essayer de convaincre l'Arménie et l'Azerbaïdjan de revenir "à la table des négociations", ce que les autorités du Nagorny Karabakh ont également appelé Bakou à faire.

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Les tensions avaient pourtant diminué d'un cran lundi avec l'arrivée d'aide humanitaire dans l'enclave, soumise depuis des mois à un blocus azerbaïdjanais qui a provoqué de graves pénuries de nourriture et de médicaments.

Erevan accuse Bakou de provoquer une crise humanitaire à des fins d'épuration ethnique en bloquant le corridor de Latchine, seule route reliant le Nagorny Karabakh à l'Arménie.

Le précédent conflit, en 2020, avait débouché sur une déroute militaire arménienne, Erevan ayant dû céder à Bakou des territoires dans et autour du Nagorny Karabakh.

Un cessez-le-feu, négocié par la Russie, avait été signé, sans jamais parvenir à un accord de paix.

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