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Guerre Israël-Hamas : la bande de Gaza sous siège, plongée dans l'obscurité

La bande de Gaza est bombardée depuis cinq jours
La bande de Gaza est bombardée depuis cinq jours Tous droits réservés Hatem Moussa/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par euronews avec AFP
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Plus d'électricité, plus d'eau, plus de carburant et plus de nourriture...la bande de Gaza est assiégée.

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Israël a mené mercredi pour le cinquième jour consécutif des raids aériens destructeurs dans la bande de Gaza et annoncé un gouvernement d'urgence pour la durée du conflit avec le Hamas palestinien, qui a déjà fait des milliers de morts.

Soumise à un blocus israélien depuis plus de 15 ans, la bande de Gaza, territoire pauvre et exigu où s'entassent 2,3 millions de Palestiniens, est désormais en état de siège.

Israël y a coupé les approvisionnements en eau, en électricité et en nourriture. La seule centrale électrique du territoire est à l'arrêt faute de carburant et ses hôpitaux, qui manquent de matériel, sont débordés.

Plus de 263 000 personnes ont été déplacées par les frappes. La Maison Blanche a annoncé que les Etats-Unis travaillaient "activement" avec Israël et l'Egypte pour permettre à des civils de quitter Gaza.

Dans la nuit, des bombardements ont fait au moins 30 morts, touchant des dizaines d'immeubles, des usines, des mosquées et des magasins, d'après le Hamas. Des femmes, leurs enfants dans les bras, fuyaient entre les décombres, dans des rues dévastées.

Selon l'armée israélienne, les frappes ont visé 2 687 cibles à Gaza depuis samedi.

"C'est comme une apocalypse ou un tremblement de terre. Cela vient de l'Amérique ou d'Israël, pourquoi font-ils cela à des innocents? Ils (les Israéliens) sont venus pour détruire, comme si ces gens ne méritaient pas de vivre. Comme s'ils n'étaient pas des humains", a affirmé au milieu des ruines un habitant du quartier de Karama à Gaza, qui n’a pas voulu donner son nom.

Les avions de combat ont bombardé une université islamique liée au Hamas. Des ambulances ont été touchées, provoquant la mort de quatre membres du Croissant-Rouge palestinien, selon la Croix-Rouge.

D'après l'ONU, 11 de ses employés et 30 élèves des écoles gérées par l'une de ses agences ont été tués à Gaza depuis samedi.

En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, quatre Palestiniens ont été tués dans une attaque de colons israéliens armés dans le village de Qusra, alors que deux Palestiniens dont un adolescent ont été tués par des tirs de soldats israéliens, selon l'Autorité palestinienne.

Ces décès portent à 29 le nombre de Palestiniens tués en Cisjordanie dans des violences liées au conflit entre Israël et le Hamas.

Les roquettes du Hamas

Les combattants du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, ont tiré, eux, des roquettes essentiellement sur le sud d'Israël, dont l'une a touché un hôpital à Ashkelon sans faire de victime, alors que les sirènes d'alerte ont retenti à Jérusalem.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une offensive surprise d'une ampleur sans précédent lancée à partir de Gaza par terre et par air par le Hamas contre Israël, en plein Shabbat, le jour de repos hebdomadaire juif.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié cette attaque, la plus meurtrière depuis la création de l'Etat d'Israël il y a 75 ans, de "sauvagerie jamais vue depuis la Shoah".

L'armée a fait état de 1 200 morts en Israël, la plupart des civils. Les représailles israéliennes ont tué à Gaza 1 055 personnes, dont de nombreux civils, selon les autorités locales.

Après avoir promis que son pays allait vaincre "avec énormément de force", M. Netanyahu et son rival Benny Gantz ont annoncé s'être mis d'accord sur "un gouvernement d'urgence et un cabinet de guerre".

Antony Blinken en Israël jeudi

L'annonce israélienne survient à la veille de l'arrivée jeudi en Israël du secrétaire d'Etat Antony Blinken pour une visite de solidarité et alors que les Etats-Unis ont dit être prêts "si nécessaire" à déployer un second porte-avions à des fins de dissuasion.

L'attaque du Hamas a provoqué la sidération en Israël où au moins 169 soldats ont été tués en quatre jours selon l'armée et où se multiplient les récits glaçants de témoins et de rescapés. L'inquiétude grandit par ailleurs sur le sort d'environ 150 Israéliens, étrangers et binationaux, parmi lesquels des femmes, enfants ou vieillards, pris en otages par le Hamas, selon Israël.

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Parmi ces otages figurent des jeunes capturés pendant un festival de musique, où des combattants palestiniens ont fait irruption samedi, tuant 270 personnes d'après les autorités.

Négociations liées aux otages

Samedi à l'aube, après avoir franchi la barrière frontalière qu'Israël considérait imprenable, des centaines de combattants du Hamas se sont engouffrés depuis Gaza dans des localités du Sud, allant de maison en maison, abattant des habitants ou les enlevant, selon les témoignages.

Selon une source officielle turque, le président Recep Tayyip Erdogan a lancé un processus de négociations avec le Hamas en vue d'obtenir la libération des otages après que le mouvement palestinien a menacé de les exécuter.

Les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé avoir déclenché l'opération "déluge d'Al-Aqsa" pour "mettre fin aux crimes de l'occupation", en référence à l'occupation depuis 1967 par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, où se trouve l'Esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l'islam qui abrite la mosquée Al-Aqsa.

Israël avait retiré ses troupes et évacué les colons de Gaza en 2005 après 38 ans d'occupation. Mais il a gardé le contrôle de l'espace aérien et des eaux territoriales, et celui du passage des biens et personnes entre Israël et l'enclave.

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Les Occidentaux ont apporté leur soutien à Israël, le président russe Vladimir Poutine a appelé à des négociations entre Israéliens et Palestiniens et la Ligue arabe a condamné le siège imposé par Israël à Gaza.

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