Plus d'un demi-million de Palestiniens encore à évacuer, Israël s'apprête à frapper Gaza

Une unité d'artillerie mobile israélienne tire un obus du sud d'Israël vers la bande de Gaza, dans une position près de la frontière Israël-Gaza, Israël, 14 octobre 2023
Une unité d'artillerie mobile israélienne tire un obus du sud d'Israël vers la bande de Gaza, dans une position près de la frontière Israël-Gaza, Israël, 14 octobre 2023 Tous droits réservés Maya Alleruzzo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
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Plus d’un demi-million de Palestiniens n’ont pas pu, ou voulu, évacuer le nord de la bande de Gaza, alors qu’Israël s’apprête à lancer une nouvelle offensive militaire.

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Plus d’un demi-million de Palestiniens n’ont pas pu ou voulu évacuer le nord de la bande de Gaza, alors qu’Israël s’apprête à lancer une nouvelle offensive militaire

Entre les bombes, des tracts largués depuis les airs pleuvent sur Gaza... Sur ces bouts de papiers, Israël appelle tous les Gazaouis à se rendre dans le sud de la bande de Gaza. 

Selon l'ONU, plus de 420 000 ont déjà pu quitter leur foyer. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a assimilé un tel "déplacement" à une "deuxième Nakba" ("Catastrophe", en arabe), le nom donné à la fuite de quelque 760 000 Palestiniens à la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Tandis que le Hamas exhorte les habitants à rester chez eux, les forces de défense israéliennes affirment qu'elles vont "frapper avec une grande force".

Les Nations unies, les pays arabes et l'Union européenne ont réagi avec inquiétude à l'ordre d'évacuation. 

"A propos de cet ordre d'évacuation d'un million de personnes qui doivent quitter le nord de Gaza en 24 heures, j'ai dit, et je dis cela en tant que représentant de la position officielle de l'Union européenne, que c'est tout à fait, tout à fait impossible, à mettre en œuvre", a notamment réagi Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l'Union européenne, alors que la commission européenne annonçait tripler l'aide humanitaire au peuple palestinien, montant à 75 millions d'euros.

Plus d'un demi-million de Palestiniens n'a pas encore pu fuir, n’ayant nulle part où aller, ni aucun moyen pour partir. Ce samedi soir, un porte-parole de l'armée a indiqué donner encore du temps aux Palestiniens pour partir dans le sud "parce qu'il y a un nombre énorme de personnes qui doivent (encore) quitter le nord".

Israël et l'Égypte ont donné leur feu vert pour que les étrangers puissent quitter Gaza par le point de passage de Rafah, mais pas les Palestiniens.  

"Ce n'est que le début"

Alors que Tel Aviv continue d'amasser des chars et des soldats à la frontière de la bande de Gaza, les forces de défense israéliennes ont effectué des raids "localisés" dans l'enclave "pour nettoyer la zone des terroristes et des armes" et tenter de retrouver des "personnes disparues" vendredi. 

"Ce n'est que le début" des opérations israéliennes à Gaza, a par ailleurs prévenu vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ce samedi soir, 300 000 soldats israéliens étaient massés près de la ligne de démarcation avec Gaza.

L'armée israélienne a confirmé samedi avoir identifié "plus de 120 civils" retenus captifs à Gaza, parmi environ 150 otages enlevés par le Hamas qui a menacé de les exécuter. 

L'armée israélienne a annoncé samedi soir avoir retrouvé dans la bande de Gaza "des cadavres" d'otages enlevés par le mouvement islamiste palestinien lors du lancement de  l'attaque le 7 octobre.

Des centaines de personnes restent portées disparues, et des corps sont toujours en cours d'identification.

Au moins 1 300 Israéliens, pour la plupart des civils, ont été tués et plus de 3 400 blessés depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre.

Plus de 2 215 Palestiniens, pour la plupart aussi des civils, dont 724 enfants, selon les autorités locales, sont morts dans la bande de Gaza, 8 700 ont été blessés.

Des enfants palestiniens blessés par des frappes aériennes israéliennes, sont amenés à l'hôpital dans la ville de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, 14/10/2023
Des enfants palestiniens blessés par des frappes aériennes israéliennes, sont amenés à l'hôpital dans la ville de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, 14/10/2023Maya Alleruzzo/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.

Selon le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, 22 otages dont des étrangers ont aussi été tués dans les frappes israéliennes.

Les forces du Hamas bombardent aussi les villes d'Ashkelon, Sderot et Zikim ce samedi.  

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L'attaque du Hamas et la guerre qu'elle a déclenchée a créée une onde de choc sans précédent dans la région et au delà, attisant les craintes d'une extension du conflit, et d'une catastrophe humanitaire pour les habitants de Gaza, soumis à un siège complet, privée d'approvisionnements d'eau, électricité ou nourriture, coupés par Israël. 

La bande de Gaza, un territoire de 362 kilomètres carrés, et d'environ 2,3 millions d'habitants, était déjà soumise à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007.

Sources additionnelles • AFP, AP

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