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L'Espagne honore une ONG qui offre un repas par jour aux écoliers dans les pays pauvres

L'Espagne honore une ONG qui offre un repas par jour aux écoliers dans les pays pauvres
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Par Charlotte Lam
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L'un des prix Princesse des Asturies, prestigieuses récompenses espagnoles, a été décerné ce vendredi à l'ONG internationale Mary's Meals qui offre un repas par jour aux écoliers défavorisés dans près d'une vingtaine de pays. Nous rencontrons deux de ses représentants.

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À l'occasion de la remise des prix Princesse des Asturies 2023 à Oviedo en Espagne ce vendredi, nous avons rencontré sur place, Amina Iddy Swedi, directrice Kenya, et Panji Chipson Kajani, directeur Zambie, de l'ONG Mary's Meals, lauréate dans la catégorie Concorde.

Mary's Meals est basée dans la petite ville écossaise de Dalmally, mais sa portée est bien plus grande. Son principal objectif : offrir aux enfants défavorisés, au moins un repas par jour à l'école. L'ONG opère dans 18 pays parmi les plus pauvres de la planète.

Charlotte Lam, Euronews :

"Que ressentez-vous de recevoir ce prix si prestigieux ?"

Panji Chipson Kajani, directeur de Mary’s Meals Zambie :

"Je commencerais par dire qu'en tant que Mary's Meals, nous sommes très honorés et touchés d'être lauréats du prix pour la Concorde. Nous ne le prenons pas pour nous-mêmes, il est le résultat de tout le soutien que nous recevons du monde entier, d'un très grand nombre de personnes très diverses."

Amina Iddy Swedi, directrice de Mary’s Meals Kenya :

"Le mot "concorde" signifie rassembler les gens et, quand on regarde le modèle de Mary's Meals, nous travaillons avec les communautés et des bénévoles. Donc, je suis très contente car notre action correspond au mot "concorde". Je suis heureuse d'être ici."

"L'une des rares actions au monde dont les résultats sont visibles instantanément"

Charlotte Lam :

"L'origine de Mary's Meals est tout à fait remarquable. Son PDG Magnus MacFarlane-Barrow, ému par ce qu'il voyait se dérouler en Bosnie dans les années 90, a collecté de l'aide avec son frère et l'a acheminée lui-même en Bosnie. À votre niveau, qu'est-ce qui vous a attiré vers cette ONG et ce domaine d'activité ?"

Amina Iddy Swedi :

"Mary's Meals a un objectif très clair qui consiste à fournir un repas aux enfants en milieu scolaire. Habituellement, quand on me pose cette question, je la retourne en disant : "Qu'est-ce qui m'a poussée à rester après toutes ces années ?" Actuellement, quand je travaille dans le comté de Turkana, au Kenya, un endroit qui a été oublié pendant de nombreuses années, je peux voir les résultats de notre action au fil du temps, depuis 2018, date à laquelle nous avons commencé à travailler dans cette région. Donc je suis très honorée de travailler pour Mary's Meals."

Panji Chipson Kajani :

"Je suis enseignant de formation et les interventions qui visent à fournir une éducation aux enfants m'ont toujours inspiré. Je suis aussi Malawite d'origine et l'aide alimentaire de Mary's Meals à l'école a commencé au Malawi et j'en ai vu les bénéfices personnellement. Il s'agit probablement de l'une des rares actions au monde dont les résultats sont visibles presque instantanément et c'est ce qui m'a poussé à m'impliquer ces douze dernières années."

"Les communautés participent aux actions, puis se les approprient"

Charlotte Lam :

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"En parlant de résultats, la cérémonie de remise des prix vous a récompensés pour votre "modèle opérationnel innovant et efficace qui permet une utilisation optimale des ressources". En quoi le modèle de votre organisation est-il différent des autres ?"

Amina Iddy Swedi :

"Nous sommes fiers d'ancrer tout ce que nous faisons dans la participation de la communauté qui finit par s'approprier ces actions. J'aimerais citer un bon exemple, celui de l'année 2020, quand la pandémie de Covid s'est déclenchée, toutes les écoles avaient été fermées, nous avons travaillé avec des communautés très marginalisées et nous savions que, lorsque nous reviendrions après le Covid, elles auraient été très affaiblies. Nous étions donc inquiets quant à la manière dont nous pourrions aller de l'avant. Ce qui s'est passé, c'est que nous nous sommes associés aux communautés et celles-ci ont proposé un modèle nous permettant de continuer à nourrir les enfants pendant qu'ils étaient à la maison."

Un modèle "peu coûteux"

Charlotte Lam :

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"Les deux années qui viennent de s'écouler ont été difficiles au niveau mondial. Nous savons que les taux élevés d'inflation contribuent à la faim dans le monde. Comment les récents événements mondiaux, de la pandémie à la guerre en Ukraine, ont-ils impacté, voire changé la mission de Mary's Meals ?"

Panji Chipson Kajani :

"Heureusement, grâce au modèle peu coûteux que nous avons et à la bonne gestion des ressources que nous collectons, malgré les turbulences de l'économie mondiale, les gens continuent de nous faire confiance et, parce qu'ils continuent de nous faire confiance, ils nous envoient toujours de petits dons et, quand nous les recevons, nous sommes toujours en mesure de tenir notre promesse envers les enfants. Nous sommes donc reconnaissants envers les gens du monde entier qui continuent de nous faire confiance malgré les turbulences de l'économie mondiale."

"Une méthode de ciblage solide pour atteindre les plus vulnérables"

Charlotte Lam :

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"L'insécurité alimentaire s'accroît dans le monde entier et même, à l'heure où nous parlons, nous assistons à une crise humanitaire au Moyen-Orient. Quel est le futur de Mary's Meals ?"

Amina Iddy Swedi :

"En ce moment, dans le contexte dans lequel nous sommes, il y a des crises et de l'inflation. Notre première priorité à Mary's Meals est de tenir la promesse faite aux enfants auxquels nous fournissons de la nourriture actuellement et nous essayons de le faire autant que possible. Par exemple, cette année, nous avons connu une forte inflation des denrées alimentaires, mais il nous faut tenir la promesse faite à ces enfants. Notre objectif est aussi de nous développer, mais notre première priorité est de tenir la promesse faite aux enfants que nous aidons aujourd'hui."

Panji Chipson Kajani :

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"Pour compléter ce qu'a dit Amina, Mary's Meals est un programme axé sur les besoins. Nous reconnaissons qu'il y a de nombreux enfants qui ont besoin d'une aide alimentaire partout dans le monde. C'est pourquoi nous devons avoir une méthode de ciblage solide pour atteindre les plus vulnérables et nous sommes convaincus qu'actuellement, nous réussissons à le faire. Et parce que nous voulons atteindre les plus vulnérables, nous évaluons et réévaluons en permanence s'il y a des opportunités et des ressources. Effectivement, c'est notre rôle d'aider ceux qui en ont besoin, comme dans la situation dont nous parlons à Gaza. Mais nous n'avons pas de plan immédiat pour nous y rendre. Pour autant, nous suivons la situation de très près."

"Nous voulons partager cette histoire de joie"

Charlotte Lam :

"Face à des problèmes planétaires comme la faim dans le monde, il peut y avoir une certaine lassitude de la part de ceux qui ne sont pas directement concernés. Ils savent que le problème existe, mais ce n'est pas forcément leur univers. Alors, à Mary's Meals, comment faites-vous, l'un et l'autre, pour que ce sujet reste au premier plan dans l'esprit du public ?"

Amina Iddy Swedi :

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"Notre structure de collecte de fonds est axée sur le grand public, c'est-à-dire sur les donateurs individuels comme vous et moi, et nous avons constaté un certain maintien à ce niveau, contrairement à ce que l'on a pu voir en se concentrant principalement sur les donateurs institutionnels - ces derniers se lassent plus rapidement -. Donc grâce à notre modèle de collecte de fonds, nous constatons que nous continuons d'inspirer des donateurs et limitons leur lassitude."

Panji Chipson Kajani :

"Vous savez, le voyage commence par un pas, mais peut se terminer à des milliers de kilomètres. Donc ce que nous voulons, c'est partager cette histoire, cette histoire de joie que procure l'alimentation en milieu scolaire. Nous estimons que l'alimentation en milieu scolaire ou l'alimentation + l'éducation sont synonymes d'espoir et, quand nous partageons cette histoire, il y a un échange et en faisant cela constamment, nous nous redonnons de l'énergie les uns les autres pour faire face au problème de la lassitude."

Journaliste • Charlotte Lam

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