EventsÉvènementsPodcasts
Loader
Suivez-nous
PUBLICITÉ

Henry Kissinger, monstre sacré des relations internationales, est mort

L'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger à la Maison Blanche, le mardi 10 octobre 2017, à Washington.
L'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger à la Maison Blanche, le mardi 10 octobre 2017, à Washington. Tous droits réservés AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Euronews avec AFP
Publié le
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

Génie de la diplomatie pour les uns, criminel de guerre pour les autres, l'ancien secrétaire d’État de Richard Nixon est resté actif jusqu'au bout. Retour sur la vie de cette figure dominante dans l’histoire politique du XXe siècle.

PUBLICITÉ

Il a marqué la diplomatie mondiale par sa longue carrière et sa recherche constante de l’équilibre international. 

Henry Kissinger, de son nom d’enfance Heinz Albert, naît le 27 mai 1923, à Fürth, petite ville de Bavière, où son père, Louis, est professeur de lycée. Malgré les convulsions de la jeune République de Weimar, l’enfance y est heureuse, scandée par les études, les prières à la synagogue, les loisirs et le football.

Mais en 1933, avec l’arrivée de Hitler au pouvoir, le mal absolu frappe à la porte. Pendant cinq ans, il va connaître l’humiliation de l’exclusion de l’école à l’âge de 10 ans, les grands-messes des Jeunesses hitlériennes hurlant leur haine des Juifs, jusqu’à ce qu’en 1938, son père décide le grand départ familial pour l’Amérique. Il obtiendra la nationalité américaine 5 ans plus tard.

Le jeune Henry Kissinger est bilingue, connaît bien son pays natal et sa finesse d’esprit est remarquée. Il est repéré par les services secrets américains, qui lui confient des missions en Europe durant la seconde guerre mondiale. De retour aux Etats-Unis, il étudie à Harvard, où il devient professeur. Ses compétences en sécurité internationale lui ouvrent les portes de la politique.

Lorsque Nixon est assermenté 37e président des États-Unis le 20 janvier 1969, Kissinger devient conseiller à la sécurité nationale. Le 22 septembre 1973, Nixon nomme Kissinger secrétaire d’État, l’équivalent d’un ministre des Affaires étrangères.

Adepte de realpolitik, principe par lequel une politique étrangère se définit davantage par les rapports de force, le possible et l’efficacité plutôt que les doctrines, Kissinger influence le président Nixon sur la voie de la détente avec l’URSS.

A l'époque, les relations entre les Etats-Unis et la Chine sont également au point mort depuis plus de 20 ans. Œuvrant en coulisses, Henry Kissinger parvient à renouer le dialogue. En 1972 le président Nixon rencontre Mao Zedong, fondateur et dirigeant de la République populaire de Chine.

Mais l’image des Etats-Unis est sérieusement entachée par la guerre au Vietnam, dans laquelle l'armée américaine s'embourbe depuis plusieurs années. Henry Kissinger propose alors à l’administration Nixon un plan en 4 étapes pour le désengagement du conflit. En 1973, il participe notamment aux négociations qui aboutissent à la signature d’un cessez-le-feu à Paris. Son engagement lui vaudra le prix Nobel de la Paix la même année.

Diplomate hors pair, Henry Kissinger s’implique personnellement dans les négociations. On lui doit ce qui sera appelé la "politique de la navette" : faire des vas-et-viens entre les parties adverses. Comme a la suite de la guerre du Kippour en 1973 : il fait onze voyages entre Israël, la Syrie et l’Egypte, jusqu’à obtenir un accord.

Il apprécie peu la diplomatie de Communauté économique européenne, ancêtre de l’Union européenne. Il y voit un manque de politique commune à l’international. En 1970, il lance "L’Europe, quel numéro de téléphone ?", phrase qui le rendra célèbre de notre côté de l’Atlantique.

Kissinger a quitté la Maison-Blanche le 20 janvier 1977 avec la prestation de serment du président démocrate Jimmy Carter. Mais il est toujours resté dans l’orbite de la politique washingtonienne. 

Au début de 2023, Kissinger intervenait toujours dans la sphère publique en s’exprimant, par visioconférence, sur la guerre en Ukraine, lors d’un échange au Forum économique mondial de Davos. Au mois de juillet de la même année, il est reçu en Chine par le président Xi Jinping, dans une période de relations tendues avec les Etats-Unis. 

Jusqu’au bout, l'ancien diplomate qui a fêté ses 100 ans le 27 mai 2023 sera resté jusqu'au bout au service de la diplomatie.

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Le New York Times appelle Joe Biden à se retirer de la course à la présidentielle

Hunter Biden, fils du président américain, reconnu coupable de détention illégale d'arme à feu

Affaire Stormy Daniels : Donald Trump reconnu coupable de toutes les accusations