Reprise des combats à Gaza et au sud du Liban, les Etats-Unis espèrent une nouvelle trêve

Le secrétaire américain Anthony Blinken en visite en Israël
Le secrétaire américain Anthony Blinken en visite en Israël Tous droits réservés Saul Loeb/Pool Photo via AP
Par somaya Aqad, AFP, Euronews
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Des échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah ont éclaté près de la frontière libanaise. Un raid israélien à fait trois morts dans un village du sud du Liban.

Trois civils tués dans dans un bombardement israélien

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Trois personnes ont été tués dans un raid israélien dans le sud du Liban, dont un membre du hezbollah, a annoncé un média officiel libanais, quelques heures après l'expiration de la trêve  entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

L'Agence nationale d'information libanaise (ANI) a déclaré que "trois civils" avaient été tués dans la ville de Hula "après que leur maison a été la cible d'un bombardement ennemi" israélien, les identifiant comme Nasifa Mazraani et son fils Mohammed.

Après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien, en Israël, le 7 octobre dernier, des échanges de tirs entre le mouvement libanais Hezbollah, allié du Hamas, et Israël ont été quotidiens à la frontière avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 24 novembre.

Ces échanges ont été nettement moins intenses pendant la trêve de sept jours conclue entre Israël et le Hamas, sous l'égide du Qatar, qui n'a pas été prolongée vendredi matin.

Les bombardements israéliens sur la bande de Gaza, en représailles à l'attaque du 7 octobre, ont repris vendredi, et le Hezbollah a revendiqué dans le même temps des attaques contre Israël.

Des combattants du Hezbollah ont pris pour cible "un groupe de soldats ennemis dans les environs de la position de Jal al-Allam", selon un communiqué du mouvement soutenu par l'Iran, faisant référence à un site israélien situé de l'autre côté de la frontière, près de Naqoura, dans le sud du Liban.

Le groupe a également revendiqué trois autres attaques, notamment contre des troupes et une caserne. L'ANI a ensuite indiqué que "des tirs d'artillerie israéliens" avaient visé plusieurs zones du sud du Liban, faisant aussi état du survol d'avions de surveillance israéliens. Elle a également indiqué que "les forces de l'ennemi israélien ont ouvert le feu" sur des éleveurs de chèvres.

Frappes meurtrières sur Gaza après la fin de la trêve entre Israël et le Hamas

L'armée israélienne a repris vendredi son pilonnage meurtrier de la bande de Gaza, assurant avoir frappé "plus de 200 cibles terroristes", après la fin de la trêve à l'aube entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le ministère de la Santé du Hamas au pouvoir à Gaza a fait état de près de 178 morts dans les bombardements israéliens sur l'enclave palestinienne.

Dès les premières explosions, survenues peu après l'expiration d'une trêve très tôt ce matin, des  milliers d'habitants, certains surpris dans leur sommeil, ont repris la route des hôpitaux et des écoles transformés en camps de fortune pour les déplacés.

L'armée israélienne a affirmé avoir touché des zones "piégées par des explosifs, des tunnels utilisés à des fins terroristes, des rampes de lancement (de roquettes) et des centres de commandement" du Hamas, accusé d'avoir tiré des roquettes en direction d'Israël.

Les belligérants se renvoient la responsabilité de la fin de la trêve qui a permis la libération d'une centaine d'otages en échange de la libération de 240 prisonniers palestiniens ainsi que l'entrée de plus d'aides humanitaires dans Gaza où la situation humanitaire est jugée "catastrophique" par l'ONU.

Le Hamas a dit avoir "proposé un échange de prisonniers et de personnes âgées" parmi les otages, ainsi que la remise à Israël de corps d'otages israéliens "ayant perdu la vie dans les bombardements israéliens" sur Gaza.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le mouvement islamiste d'avoir "violé l'accord" de trêve et "tiré des roquettes" vers Israël.

Son gouvernement a promis au Hamas "la pire des raclées" et s'est dit déterminé à atteindre ses objectifs: "libérer tous les otages, éliminer le mouvement islamiste et garantir que Gaza ne constitue plus jamais une menace pour les habitants d'Israël".

Les bombardements ont repris dans la bande de Gaza

Tôt vendredi, l'armée israélienne a commencé à envoyer des messages sur les téléphones des habitants dans des quartiers de la ville de Gaza , ainsi que des villages bordant la frontière avec Israël dans le sud, les appelant à "partir immédiatement" avant des " attaques militaires dures".

L'Autorité palestinienne, par la voix de Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président de Mahmoud Abbas, a dénoncé "la poursuite du nettoyage ethnique et du génocide" à Gaza.

Signe d'une trêve qui devenait de plus en plus précaire, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, a revendiqué une attaque jeudi à Jérusalem qui a coûté la vie à quatre Israéliens.

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La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée par le Hamas en Israël le 7 octobre, qui a fait 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités.

En représailles, Israël a mené des bombardements dévastateurs contre le territoire palestinien, soumis à un siège total, et lancé le 27 octobre une offensive terrestre. D'après le gouvernement du Hamas, plus de 15.000 personnes, dont au moins 6.150 de moins de 18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes depuis le 7 octobre.

Après la libération au total de 110 otages depuis le début du conflit, dont 105 pendant la trêve, en majorité des femmes et des mineurs, il reste 137 otages à Gaza aux mains du Hamas et d'autres groupes affiliés, selon les autorités israéliennes.

Les  États-Unis tentent de trouver une issue

Washington reste "focalisé" sur la libération des otages, a affirmé le secrétaire d'Etat Antony Blinken, au lendemain d'une visite en Israël. La Maison Blanche a fait savoir que les Etats-Unis, principaux alliés d'Israël, "continuent à travailler" en vue d'une trêve humanitaire. 

Selon une source informée des tractations, les négociations se poursuivent avec les médiateurs qatari et égyptien. Le Qatar a exhorté la communauté internationale à agir, affirmant que la reprise des bombardements "exacerbe la catastrophe humanitaire" à Gaza.

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Les Nations unies très inquiets par la situation à Gaza

Pour le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Robert Mardini, la reprise de la guerre replonge la bande de Gaza dans un "cauchemar". Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a annoncé "regretter profondément" la reprise des hostilités.

La trêve avait offert un répit aux habitants de Gaza et permis une accélération de l'aide humanitaire, pourtant qualifiée de très insuffisante par l'ONU, désormais les convois d'aides se sont taris.

"Aucun camion d'aide n'est entré depuis la reprise des bombardements israéliens mais des préparatifs sont en cours pour l'évacuation de plusieurs blessés" a affirmé à l'AFP Waël Abou Omar, chef de la communication du terminal de Rafah (sud), point de passage entre Gaza et l'Egypte. Les besoins sont immenses dans le territoire déjà soumis à un blocus israélien depuis plus de 15 ans et placé depuis le 9 octobre en état de siège total par Israël.

Vendredi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait état de 111.000 cas d'infection respiratoire aiguë et de 36.000 cas de diarrhée chez des enfants de moins de cinq ans recensés parmi les déplacés à Gaza.

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