Gaza : le Hamas prêt à prolonger la trêve avec Israël et libérer plus d'otages

Des civils dans la bande de Gaza
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Par euronews avec AFP
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Le Hamas s'est dit prêt mercredi à prolonger de quatre jours la trêve à Gaza et libérer de nouveaux otages.

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Un nouvel échange de 10 otages israéliens retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre contre 30 Palestiniens emprisonnés par Israël est attendu mercredi, au 6e jour de cette trêve qui a permis l'entrée d'aides humanitaires dans le territoire palestinien assiégé, dévasté par sept semaines de bombardements israéliens.

Le Hamas a annoncé dans l'après-midi la libération de deux femmes otages russes, mais hors du cadre de l'accord de trêve négocié par l'intermédiaire du Qatar, des Etats-Unis et de l'Egypte.

L'armée israélienne a, elle, dit "vérifier" des informations sur la mort d'un bébé de 10 mois, le plus jeune des otages enlevés le 7 octobre, de sa mère et de son frère de 4 ans. La branche armée du Hamas a affirmé qu'ils avaient été "tués à Gaza dans un bombardement israélien".

Après une première extension de la trêve jusqu'à jeudi 05H00 GMT, une source proche du Hamas a indiqué mercredi à l'AFP que le mouvement islamiste était "d'accord" pour la prolonger "de quatre jours" supplémentaires et libérer des otages israéliens, "dans le cadre de l'accord actuel et aux mêmes conditions".

En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 56 ans, un enfant de huit ans et un adolescent de 15 ans ont été tués par l'armée israélienne, selon l'Autorité palestinienne. L'armée israélienne a dit "vérifier" ces informations.

Depuis le début de la guerre déclenchée par une attaque sanglante du Hamas le 7 octobre en Israël, les violences ont flambé en Cisjordanie, séparée de la bande de Gaza par le territoire israélien. Près de 240 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens depuis le 7 octobre, d'après l'Autorité palestinienne.

Antony Blinken jeudi en Israël

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine ont lancé une attaque en Israël, d'une ampleur inédite. Environ 1.200 personnes, en grande majorité des civils, selon les autorités, ont été tuées dans l'attaque.

L'armée israélienne a estimé à environ 240 le nombre de personnes enlevées ce jour-là. Le Hamas a dit détenir la majorité des otages. Les autres sont aux mains d'autres groupes armés palestiniens à Gaza.

En représailles, Israël a promis d_'"anéantir"_ le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre, jusqu'à la trêve entrée en vigueur le 24 novembre.

D'après le gouvernement du Hamas, 14 854 personnes, dont 6 150 âgées de moins de 18 ans, ont été tuées dans les frappes israéliennes.

Dans l'objectif de prolonger la trêve, les pays médiateurs redoublent d'efforts et le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken doit avoir des entretiens jeudi en Israël et en Cisjordanie.

"Nous souhaiterions voir cette pause prolongée", a affirmé M. Blinken à Bruxelles. Cette prolongation "signifie plus d'otages qui rentrent chez eux, plus d'aide".

Retour dans leurs familles

Depuis le 24 novembre, le Hamas a relâché chaque jour une dizaine de femmes et d'enfants, contre la libération de trois fois plus de prisonniers palestiniens.

Mardi, dix otages israéliens et deux Thaïlandais ont été libérés, de même que 30 prisonniers palestiniens.

L'accord de trêve a déjà permis la libération au total de 60 otages israéliens et de 180 détenus palestiniens. En outre, 23 autres otages, en majorité des Thaïlandais vivant en Israël, ont été libérés hors du cadre de cet accord.

Peu de témoignages directs ont filtré sur les conditions de vie des otages à Gaza. Mais la grand-mère d'Eitan Yahalomi, un enfant de 12 ans libéré lundi, a raconté qu'il avait été détenu à l'isolement pendant 16 jours.

"Les jours où il a été seul ont été horribles", a déclaré Esther Yaeli au site d'information israélien Walla.

A Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, Ahmed Salaima, un ex-détenu palestinien de 14 ans, a retrouvé sa famille mardi soir. Il s'agit du plus jeune prisonnier palestinien à avoir été libéré depuis le 24 novembre.

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"Je ne remercierai jamais assez Dieu pour la libération de mon fils", s'est exclamé son père, Nayef Salaima.

"Catastrophe monumentale"

Benjamin Netanyahu a promis mardi de "libérer tous les otages" du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

Et son chef d'état-major Herzi Halevi a affirmé que "l'armée est prête à reprendre les combats" et "profite des jours de pause pour renforcer (sa) préparation".

Une reprise des combats risquerait de provoquer "un désastre qui pourrait engloutir la région", a mis en garde le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi, qui présidait une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Notre peuple fait face à une menace existentielle", a averti à l'ONU le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki.

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Malgré la "lueur d'espoir" apportée par la trêve, les habitants de Gaza vivent "une catastrophe humanitaire monumentale", a dénoncé le patron de l'ONU Antonio Guterres, réclamant un "véritable cessez-le-feu humanitaire".

Il a aussi réclamé la libération de tous les otages à Gaza "immédiatement et sans condition".

"Ni eau, ni nourriture"

Déjà soumis à un blocus israélien terrestre, maritime et aérien depuis 2007, le petit territoire surpeuplé a été placé le 9 octobre en état de siège total par Israël.

Selon l'ONU, 1,7 million de ses 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre et plus de la moitié des logements ont été endommagés ou détruits.

Selon un responsable américain, la quantité d'aide humanitaire arrivée par la route, au rythme actuel de 240 camions par jour, totalise désormais 2 000 camions de nourriture, de carburant, de médicaments et de matériel nécessaire au fonctionnement des infrastructures de dessalinisation de l'eau de mer.

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"Nous n'avons ni eau, ni nourriture, ni farine depuis dix jours. La situation est dure, très dure", raconte à l'AFP Achraf Selim, un habitant de Gaza.

Des milliers de Palestiniens, déplacés dans le sud de la bande de Gaza, ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord, la région la plus dévastée, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.

Mercredi dans la ville de Gaza, des gens portant des bidons faisaient la queue près d'une citerne pour s'approvisionner en eau potable.

"Les gens arrivent ici à pied, de loin, d'environ 10, 20 ou 30 kilomètres, simplement pour obtenir de l'eau potable", a expliqué à l'AFP Mohammed Matar, le propriétaire d'une installation de dessalinisation de l'eau.

Dans la même ville, à l'hôpital al-Nasr, cinq bébés prématurés ont été découverts morts, a affirmé le porte-parole du ministère de la Santé du Hamas Ashraf al-Qidreh, en accusant les soldats israéliens de les avoir privés de soins en empêchant les médecins de les approcher.

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