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COP28 : réactions mitigées après la signature de l'accord final de la conférence

John Kerry, Envoyé américain pour le climat à la COP28 à Dubaï
John Kerry, Envoyé américain pour le climat à la COP28 à Dubaï Tous droits réservés GIUSEPPE CACACE/AFP or licensors
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Par Euronews avec AFP
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Peu après son signature, l'accord final de la COP28 ne fait pas l'unanimité... De nombreux participant critiquent son manque de clarté et d'ambition.

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"Réussite historique" contre "résolution insuffisante" : bien que l'accord final de la COP 28 ait été salué comme un compromis réaliste, de nombreux participants ont souligné ses lacunes, notamment son manque de clarté sur l'abandon des énergie fossiles, comme John Kerry, envoyé américain pour le climat : "de toute évidence, beaucoup de gens ici auraient aimé un langage plus clair sur la nécessité de commencer à réduire les combustibles fossiles au cours de cette décennie critique. Mais nous savons qu'il s'agit d'un compromis entre de nombreuses parties."

Les Etats insulaires, particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement climatique, se disent déçus par le texte. Emue, la représentante des Samoa, Anne Rasmussen, a déclaré redouter, sur certains points, "un retour en arrière"."Nous sommes arrivés à la conclusion que le changement de cap dont nous avons besoin n'est pas assuré. (...) Il n'est pas suffisant de faire référence à la science pour ensuite ignorer ce que la science nous dit de faire", a-t-elle poursuivi."Nous avons fait un pas en avant par rapport au statu quo, mais c'est d'un changement exponentiel dont nous avions vraiment besoin", a encore regretté Anne Rasmussen, applaudie longuement par de nombreux délégués présents.

L’émissaire des Îles Marshall, une île du Pacifique, se montre lui aussi critique à l’égard de l’accord."Je suis venu depuis mon île natale pour travailler avec vous tous afin de relever le plus grand défi de notre génération. Je suis venu ici pour construire ensemble un canoë pour mon pays", a énoncé John Silk lors de la séance plénière de la COP28. "Au lieu de cela, nous avons construit un canoë dont la coque est faible et percée, remplie de trous. Pourtant, nous devons le mettre à l’eau parce que nous n’avons pas d’autre choix", déplore-t-il. Le ministre de cet archipel d’Océanie souligne enfin que le changement climatique érode actuellement les côtes de son état, tout en notant néanmoins que l’accord conclu aujourd’hui constitue un progrès.

Ursula von der Leyen salue un accord historique conclu à la COP28 marquant "le début de l’ère post-fossiles". Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), la présidente de la Commission européenne relève que"le monde a entériné les objectifs de l’UE pour 2030 : un triplement des énergies renouvelables et un doublement de l’efficacité énergétique", saluant dans une déclaration distincte "une puissante démonstration de la valeur du multilatéralisme pour relever les plus grands défis de notre planète".

Un avis partagé par la Ministre allemande des****Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui a déclaré que l'accord de la COP 28 n'était "que le point de départ" pour les pays de l'Union européenne.

Emmanuel Macron salue "une étape importante" franchie par l’accord adopté lors de la COP28. Ce texte "engage le monde dans une transition sans énergies fossiles", tout en appelant à "accélérer" la lutte contre le réchauffement de la planète. Le président français s’est aussi félicité sur le réseau social X (anciennement Twitter) de la reconnaissance du "rôle-clé du nucléaire", "une première" défendue par la France, parallèlement à la nécessité d’un triplement des énergies renouvelables. Sa ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a elle aussi salué le "consensus sur la nécessaire sortie des énergies fossiles", "message d’espoir pour la planète et les plus vulnérables".

Laurent Fabius, président français de la COP21, salue un "accord majeur, mais à renforcer rapidement". L’actuel président du Conseil Constitutionnel avait fait adopter en 2015 le très salué accord de Paris, qui s’était fixé comme objectif le plus ambitieux de contenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle.

Gaïa Fèbvre, du Réseau Action Climat France, se félicite du fait que "l’accord voté à la COP28 contient un signal politique vers la sortie des énergies fossiles". Toutefois, "le compte n’y est pas, selon elle_, notamment car les moyens financiers n’ont pas été mis sur la place pour accompagner les pays qui en ont le plus besoin. Mais aussi car il y a de nombreuses mentions très inquiétantes : le gaz comme énergie de transition, la capture et le stockage du carbone ou encore le nucléaire. Cette COP n'est pas à la hauteur des ambitions promises."_ 

Pour Tasneem Essop, duRéseau Action Climat international, c'est"le premier signal jamais émis dont le monde a besoin.Cependant, les populations et pays vulnérables ne peuvent être laissés avec le fardeau du financement de cette transition pour répondre à une crise qu'il n'ont pas causée."

D'autres observateurs ont également commenté l'accord. Pour l'ancien vice-président Al Gore,"c’est le strict minimum dont nous avons besoin et il est attendu depuis longtemps. L’influence des pétrostates est encore évidente dans les demi-mesures et les lacunes…"

Le groupe de réflexion spécialisé Climate Analytics parle de l'accord final comme d'un "mélange" : "l'éloignement des énergies fossiles" est un "clou dans le cercueil de cette industrie", mais le secteur de l'énergie est "trop faible", n'a pas d'"engagements assez forts pour ramener" et "il n'y a aucun engagement pour un pic d'émissions à 2025".

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