La fermeture de l'espace aérien iranien est survenue alors que les tensions avec les États-Unis restent vives en raison des manifestations. Le nombre de morts dépasse déjà celui de toute autre vague de protestations ou d’agitation dans le pays depuis des décennies.
L'Iran a fermé son espace aérien aux avions commerciaux pendant plus de quatre heures, ce jeudi 15 janvier, sans que Téhéran ne fournisse d'indications sur les raisons de cette décision. Selon les directives de pilotage publiées par le pays, qui se trouve sur une route aérienne importante reliant l'Est et l'Ouest, la fermeture a contraint les compagnies internationales à se détourner vers le nord et le sud de l'Iran.
"Plusieurs compagnies aériennes ont déjà réduit ou suspendu leurs services, et la plupart des transporteurs évitent l'espace aérien iranien", indique le site web SafeAirspace, qui fournit des informations sur les zones de conflit et les voyages aériens. "La situation peut être le signe d'une nouvelle activité militaire ou de sécurité, y compris le risque de lancement de missiles ou de renforcement de la défense aérienne, ce qui augmente le risque d'erreur d'identification du trafic civil", est-il expliqué.
La fermeture de l’espace aérien intervient alors que certains membres du personnel d’une base militaire américaine clé au Qatar ont reçu l’ordre d’évacuer. L’ambassade des États‑Unis au Koweït a également demandé à son personnel de "suspendre temporairement" les déplacements vers les multiples bases militaires du petit pays du Golfe.
L'Iran avait déjà fermé son espace aérien lors de la guerre de 12 jours contre Israël en juin dernier, lorsque les deux pays avait échangé des tirs.
Les exécutions ont cessé, assure Trump
Cette décision de fermer l'espace aérien intervient alors que les tensions avec les États-Unis, concernant la répression brutale par Téhéran des manifestations dans tout le pays, restent élevées, et que Donald Trump a déclaré, la veille, qu'il n'excluait pas une action militaire états-unienne contre le pays.
Le président républicain a assuré que les projets d'exécutions en Iran avaient été arrêtés, sans fournir beaucoup de détails. "On nous a dit que les massacres en Iran s'arrêtaient", a-t-il déclaré. "Et il n'y a pas de projets pour des exécutions, on me l'a dit de bonne source."
Dans le même temps, Téhéran a indiqué que des procès et des exécutions rapides étaient prévus dans le cadre de la répression des manifestants.
Ce revirement survient un jour après que Donald Trump a dit aux manifestants iraniens que "l’aide est en route" et que son administration "agirait en conséquence" pour répondre à la répression meurtrière de la République islamique.
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également cherché à atténuer la situation, exhortant les États-Unis à trouver une solution par la négociation. "Mon message est : entre la guerre et la diplomatie, la diplomatie est une meilleure voie, bien que nous n’ayons aucune expérience positive avec les États‑Unis. Mais la diplomatie reste bien meilleure que la guerre", a-t-il assuré sur Fox News.
Là encore, il s'agit d'un changement de ton du côté iranien, quelques heures seulement après que le chef du pouvoir judiciaire du pays a déclaré que le gouvernement devait agir rapidement pour punir les milliers de personnes détenues.
Entre 2 615 et 3428 décès confirmés
Selon l'organisation Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, au moins 2 615 personnes ont été tuées lors de la répression des manifestations par les forces de sécurité iraniennes, dont 2 435 civils. Plus de 2 000 autres ont été grièvement blessées et plus 18 470 manifestants ont été arrêtées par les autorités.
De son côté, l'ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, assure qu'au moins 3 428 manifestants ont perdu la vie et que plusieurs milliers ont été blessés.
Le nombre de morts dépasse celui de toutes les autres manifestations ou troubles survenus en Iran depuis des décennies et rappelle le chaos qui a entouré la révolution islamique de 1979.