La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, étaient présentes aux côtés d'autres commissaires pour une visite près de la "ligne verte" qui divise Chypre depuis plus de cinquante ans.
Plusieurs commissaires européens se sont rendus à Chypre ce vendredi, près de la "ligne verte" qui sépare l'île méditerranéenne en deux entités.
Le ministre chypriote des Affaires étrangères a même reçu une visite personnelle informelle de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Les commissaires ont suivi avec intérêt leur visite de Nicosie, dernière capitale divisée et occupée d'Europe. Certains ont pour la première vu de leurs propres yeux la ligne sous contrôle des forces des Nations unies.
Une expérience qui restera gravée dans leur mémoire, comme l'ont déclaré les commissaires Kadis et Tzitzikostas à euronews.
"Mes collègues ont vécu une expérience sans précédent. Ils ont vu en pratique ce que signifie occuper un territoire européen, ils ont vu en pratique ce que signifie avoir une patrie divisée, un État européen divisé. La dernière capitale divisée de l'Europe", a déclaré Costas Kadis, commissaire chargé de la Pêche et des Océans.
"Nous continuerons à nous battre de toutes nos forces jusqu'à ce que nous parvenions à une solution juste et viable pour notre Chypre. Mais aussi pour que tout le monde comprenne exactement ce que signifie, en 2026, le fait qu'un État membre de l'Union européenne soit encore sous occupation. C'est inacceptable et nous devons tous prendre nos responsabilités", a déclaré le commissaire chargé du Transport durable et du Tourisme.
Territoire européen occupé
Chypre est scindée en deux depuis 1974 et une intervention militaire de la Turquie. La république turque de Chypre du Nord, uniquement reconnue par Ankara, proclame son indépendance le 15 novembre 1983. La RCTN occupe moins d’un tiers de l’île méditerranéenne.
En 2004, Chypre adhère à l'Union européenne en tant que territoire divisé, mais l'ensemble de l'île fait partie de l'UE. Reste que le nord de Chypre est considéré comme un territoire occupé par la communauté internationale et le Conseil de l'Europe.
L'application du droit européen y est pourtant suspendu compte tenu de la situation. En conséquence, les Chypriotes turcs sont exclus de nombreux droits et avantages liés à la citoyenneté européenne. Par exemple, ils ne peuvent pas bénéficier de la liberté de circulation, de la participation aux élections européennes ou de l'accès aux fonds structurels et de cohésion européens.
En octobre dernier, l'élection d'un nouveau président pro-réunification à la tête de la République turque de Chypre Nord (RTCN), le 19 octobre, a ravivé l'espoir d'une réunification de l'île en un État fédéral.
Ex-Premier ministre de la RCTN, impliqué dans les négociations de réunification entre 2008 et 2010, Tufan Erhürman prône une attitude constructive et souhaite maintenir le dialogue avec Ankara.