Les géants mondiaux du lait poursuivent le rappel du lait infantile, en plein scandale de contamination au céréulide, la France enquêtant sur deux décès de bébés.
À la suite d’un rappel mondial de laits infantiles par certains des plus grands groupes au monde, les autorités françaises enquêtent sur les décès de deux nourrissons signalés comme ayant consommé des préparations pour nourrissons Nestlé concernées par les rappels en raison d’une contamination à la céréulide.
Le ministère français de la Santé a confirmé à Euronews Health qu’aucun lien de causalité n’a été scientifiquement établi.
Nestlé a indiqué qu’il continue de suivre l’évolution de la situation et qu’il coopère en toute transparence pour fournir toute information nécessaire.
Le gouvernement flamand, en Belgique, a confirmé qu’un bébé était tombé malade en janvier 2026 après avoir consommé un lait infantile Nestlé contaminé.
« L’enfant a vomi et a eu une diarrhée liquide, mais il a heureusement complètement guéri au bout d’une dizaine de jours. Grâce à des prélèvements de selles chez le bébé, nous avons pu confirmer que le bébé était tombé malade en raison d’une contamination à la céréulide provenant d’un produit lacté Nestlé », a déclaré Joris Moonens, porte‑parole du Département des Soins.
Ils ont confirmé que le numéro de lot du produit laitier à l’origine de la maladie du bébé en Flandre fait partie du rappel des laits infantiles mené à l’échelle de toute la Belgique.
Qu’est‑ce que la céréulide et quels sont ses effets chez les bébés ?
La céréulide est une toxine thermostable produite par la bactérie Bacillus cereus, qui peut se développer dans les aliments.
Les symptômes les plus fréquents d’une infection possible à la céréulide sont des vomissements et une diarrhée survenant peu après l’ingestion du lait, entre 30 minutes et trois heures, des signes très proches d’une gastro‑entérite.
Quand la contamination a‑t‑elle commencé ?
Elle a débuté début décembre dernier. Le 10 décembre, Nestlé France a annoncé le rappel de préparations pour nourrissons fabriquées dans son usine de Nunspeet, aux Pays‑Bas, en raison d’une suspicion de contamination à la céréulide.
La contamination remonte à un seul fournisseur chinois d’huile d’ARA (acide arachidonique), un ingrédient clé des laits infantiles haut de gamme.
À partir de fin décembre 2025, tous les fabricants de laits infantiles dans le monde utilisant de l’huile d’ARA provenant de ce fournisseur doivent mener leur propre analyse de risques pour garantir la sécurité de leurs produits finis, a indiqué à Euronews Health le ministère français de l’Agriculture.
Début janvier 2026, Nestlé a étendu le rappel à d’autres lots de préparations pour nourrissons dans 60 pays, faisant de l’opération l’une des plus importantes jamais menées par le groupe et touchant plusieurs marques, dont SMA, Beba, Guigoz et Alfamino.
D’autres entreprises concernées
En janvier, le groupe français Lactalis a contacté les autorités pour les informer qu’il évaluait la situation, compte tenu de la possibilité que certains lots aient incorporé de l’huile d’acide arachidonique provenant du même fournisseur.
À l’issue de son analyse, Lactalis a estimé qu’un risque possible était associé à certains lots de lait infantile sur le marché et a rappelé des lots de sa marque de préparations pour nourrissons Picot, distribuée dans 18 pays.
Les lots concernés sont commercialisés depuis janvier 2025, avec des dates de péremption allant jusqu’à mars 2027.
Danone a également annoncé le rappel de lots ciblés en raison d’une contamination potentielle à la céréulide dans l’huile d’ARA, visant principalement Aptamil et des marques liées en Europe, au Royaume‑Uni et en Asie.
Deux autres entreprises, Vitagermine et Hochdorf Swiss Nutrition, ont également retiré des lots de lait infantile en France et en Suisse, respectivement.