Le Premier ministre Donald Tusk a déclaré que "dans les circonstances actuelles, la Pologne ne rejoindra pas le Conseil de paix". Il a fait part de cette décision avant la réunion du cabinet, tout en soulignant que la Pologne continuerait d'analyser la situation.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que l'ambassade de Pologne à Washington avait reçu une invitation pour participer à la réunion inaugurale du Conseil de la Paix, prévue le jeudi 19 février, aux États-Unis.
Une invitation qui a été déclinée. "C'est probablement le moment de dire clairement et sans équivoque que, dans les circonstances actuelles, certains doutes poussent la Pologne à ne pas se joindre au travail du Conseil de la paix dans ces circonstances", a-t-il déclaré, énumérant alors le "statut de ce Conseil" et les "objectifs immédiats, principalement liés à la reconstruction de la bande de Gaza".
"Mais nous analyserons la situation en permanence. Si les circonstances changent et rendent possible la participation aux travaux du Conseil, nous n'excluons aucun scénario", a-t-il ajouté.
Cependant, Donald Tusk a souligné l'importance de conserver de bonnes relations avec Washington. "Je ne vois aucune raison de remettre en question les bonnes relations polono-américaines. Mais nous ne renoncerons en aucun cas à notre droit souverain d'exprimer une opinion, et parfois d'avoir une opinion différente de celle de notre allié le plus important sur diverses questions", a-t-il assuré.
"Nous sommes d'accord sur le fait que la préservation des bonnes relations transatlantiques restera un sujet de consensus politique", a ajouté le Premier ministre.
Un accord du Parlement indispensable
La question du Conseil de paix a été l'un des sujets les plus importants du Forum économique mondial de Davos de cette année. L'initiative y a été officiellement lancée et la question de savoir quels pays participeraient a suscité beaucoup d'attention dans les médias mondiaux.
Lors des discussions en coulisses, le président polonais Karol Nawrocki aurait dit à Donald Trump qu'il ne pouvait pas rejoindre le Conseil, car il était le gardien de la Constitution.
"Je suis le gardien de la Constitution polonaise. Tout accord international auquel la Pologne adhère et que le président paraphe doit passer par le Parlement polonais, il doit y avoir une résolution du Conseil des ministres", a-t-il expliqué lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision Republika. "Je suis conscient des obligations constitutionnelles et le président Donald Trump le comprend très bien."
Le chef du bureau présidentiel pour la politique internationale, Marcin Przydacz, avait également confirmé que le président ne signerait aucun document à Davos. "Tout engagement dans le cadre d'un accord international doit être conforme au droit national, ce qui signifie en Pologne que l'approbation de la Diète [Parlement polonais, NDLR] et l'adoption d'une résolution par le Conseil des ministres sont nécessaires", avait-il expliqué.
Un Conseil de la Paix controversé
Le Conseil de la paix est une nouvelle organisation internationale lancée par Donald Trump, initialement axée sur la supervision du processus de paix et la reconstruction de la bande de Gaza, bien que sa charte ne mentionne pas explicitementle territoire.
Mais cette organisation a beaucoup fait parler, et ce, pour plusieurs raisons : l'adhésion permanente nécessite une contribution d'un milliard de dollars, la structure donne à Donald Trump, en tant que président, des pouvoirs étendus, et certains craignent qu'elle ne rivalise avec l'ONU ou qu'elle ne sape l'ordre multilatéral.
De son côté, Donald Trump a fait l'éloge du Conseil de paix et l'a présenté comme une initiative viable à des institutions inefficaces, affirmant que l'ONU "a un potentiel énorme, mais qu'elle ne l'utilise pas".
Le Conseil de la paix a également été critiqué pour sa composition. Car parmi les pays l'ayant déjà rejoint se trouvent le Bélarus, l'Arabie saoudite, Israël, la Turquie ou la Hongrie. L'Égypte, les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Indonésie, le Pakistan, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, l'Azerbaïdjan, l'Albanie, la Bulgarie, le Kosovo, le Maroc et le Viêt Nam ont également rejoint l'instance.
En revanche, la France (Emmanuel Macron a été menacé de droits de douane élevés en guise de représailles), la Suède, la Norvège, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne, la Croatie, la Slovaquie, la Slovénie, la Grèce, et la Nouvelle-Zélande, entre autres, ont refusé de participer.
La Pologne, la Chine, l'Ukraine, l'Italie, les Pays-Bas, la Corée du Sud, la Suisse, la Finlande, le Portugal, la Belgique et le Vatican, entre autres, attendent une décision finale.
Il est à noter que le Danemark n'a pas reçu d'invitation officielle (ce qui témoigne de relations bilatérales tendues en raison des tensions sur le Groenland) et que l'invitation du Canada a été retirée.