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Entre une vente record des Rafales et l'IA, un programme chargé pour la visite de Macron en Inde

Le président français Emmanuel Macron, à droite, serre la main du Premier ministre indien Narendra Modi après une cérémonie de départ à l'aéroport Marseille Provence, 12.02.25
Le président français Emmanuel Macron, à droite, serre la main du Premier ministre indien Narendra Modi après une cérémonie de départ à l'aéroport Marseille Provence, 12.02.25 Tous droits réservés  Christian Hartmann/AP
Tous droits réservés Christian Hartmann/AP
Par Serge Duchêne avec AFP
Publié le Mis à jour
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La France cherche à renforcer son partenariat militaire avec New Delhi, des discussions étant prévues concernant un éventuel contrat portant sur 114 avions de combat français Dassault Rafale supplémentaires.

Le président français Emmanuel Macron rencontrera le Premier ministre indien Narendra Modi à Mumbai mardi, à l'occasion d'une visite de trois jours en Inde axée sur la coopération en matière d'intelligence artificielle et un potentiel contrat de plusieurs milliards de dollars portant sur des avions de chasse.

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La France souhaite renforcer son partenariat militaire avec New Delhi, et des discussions sont attendues concernant un éventuel contrat pour 114 avions de chasse Dassault Rafale supplémentaires. Il s'agit également de consolider les liens entre les deux pays dans le cadre de la stratégie Indopacifique mise en place en 2018.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux et adressé à son « cher ami » Emmanuel Macron, après avoir débuté sa visite avec son épouse Brigitte dans la capitale financière indienne, Narendra Modi a déclaré qu'il se réjouissait de « porter nos relations bilatérales à de nouveaux sommets ».

Modi, qui rencontrera Macron plus tard dans l'après-midi, s'est dit « confiant que nos discussions renforceront encore davantage la coopération ».

Pour sa quatrième visite en Inde depuis son entrée en fonction en 2017, Emmanuel Macron a débuté mardi par un programme comprenant un hommage aux victimes des attentats de Mumbai de 2008 (deux ressortissants français y avaient trouvé la mort) et une rencontre avec des stars de Bollywood, dont Shabana Azmi et Manoj Bajpayee.

Il entend évoquer les "coopérations possibles" dans ce domaine et "mettre en valeur l'attractivité de la France pour les tournages", précise l'Elysée.

Les deux responsables politiques se rendront au Forum franco-indien de l'innovation et achèveront cette première journée par un dîner, en mettant l'accent sur le volet culturel.

Dans un message sur X, il a qualifié Narendra Modi de « cher ami » et a affirmé qu'ils « iront encore plus loin » dans leur coopération.

Cette visite fait suite à la confirmation, la semaine dernière, par New Delhi, de son intention de passer une importante commande d'avions Rafale, ainsi qu'à la signature, en janvier, d'un accord de libre-échange historique entre l'Inde et l'Union européenne. Emmanuel Macron se rendra à New Delhi mercredi et jeudi pour un sommet sur l'intelligence artificielle.

« Le contrat du siècle »

Ces dix dernières années, New Delhi s'est efforcée de réduire sa dépendance à l'égard de la Russie, son principal fournisseur traditionnel d'équipements militaires, en se tournant vers d'autres pays tout en encourageant le développement de la production nationale.

Un communiqué du ministère indien de la Défense, publié la semaine dernière, indiquait que l'achat de Rafale avait reçu le feu vert, la majorité de ces appareils devant être fabriqués en Inde.

Christophe Jaffrelot, spécialiste de l'Inde au Centre d'études internationales de Sciences Po à Paris, a qualifié ce contrat potentiel de 30 milliards d'euros (35 milliards de dollars) portant sur 114 Rafale de « contrat du siècle ».

S'il est finalisé, cet achat viendrait s'ajouter aux 62 Rafale déjà acquis par l'Inde. La présidence française s'est montrée optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord qu'elle qualifie d'« historique ».

"Les discussions vont se poursuivre. Elles sont très positives mais elles restent en cours", assure l'Elysée.

Modi et Macron inaugureront également mardi, par visioconférence, la première chaîne d'assemblage final d'hélicoptères en Inde, une coentreprise entre le groupe indien Tata et Airbus, à Bangalore.

"Dans le domaine de la défense, on a déjà eu des avancées très prometteuses sur le sujet", commente l'Elysée.

L'usine de Vemagal, dans l'État du Karnataka, au sud du pays, près du pôle technologique de Bengaluru, produira l'Airbus H125, l'hélicoptère monomoteur le plus vendu de la compagnie.

Tech, santé, IA

Mercredi, Emmanuel Macron va présider une table ronde avec des investisseurs indiens. "On estime qu'on a encore un potentiel inexploité et que ce commerce, ces échanges peuvent se renforcer", explique l'Elysée, qui rappelle que "700 entreprises françaises sont installées en Inde".

Puis, Emmanuel Macron se rendra à l'hôpital de New Dehli, où il rencontrera des jeunes talents issus de la tech et de la santé avant d'inaugurer le centre franco-indien d'intelligence artificielle (IA) en matière de santé. Un dîner de gala lancera le Sommet sur l'impact de l'intelligence artificielle qui prendra ensuite toute la journée de jeudi dans l'agenda du président français.

La France s'est imposée ces dix dernières années comme l'un des partenaires économiques et de défense les plus importants de l'Inde. « _Par cette visite, nous souhaitons renforcer davantage notre coopération avec l'Inde et diversifier les partenariats économiques et commerciaux de la Franc_e », a indiqué l'Élysée.

L'Inde, pays le plus peuplé du monde avec 1,4 milliard d'habitants, est en passe de devenir la quatrième puissance économique mondiale. Les discussions de cette semaine devraient également aborder l'incertitude économique mondiale engendrée par la politique tarifaire de la présidence américaine de Donald Trump, ainsi que l'influence de la Chine dans la région.

Les échanges bilatéraux entre la France et l'Inde, largement tirés par la défense et l'aérospatiale – la flotte commerciale indienne comprend un nombre important d'Airbus – s'élèvent à environ 15 milliards d'euros par an.

Les investissements directs étrangers français en Inde totalisent près de 13 milliards d'euros.

Les deux dirigeants auront également à cœur de consolider leurs relations personnelles. « Il semble y avoir une bonne entente, une bonne relation personnelle », a déclaré Jaffrelot.

Le président français et le Premier ministre indien, qui président respectivement le G7 et le groupe des Brics cette année, vont aussi "explorer les convergences possibles" pour "défendre et promouvoir le multilatéralisme à un moment où il est particulièrement remis en cause", souligne l'Elysée.

Un sujet sensible demeure : l'Ukraine. L'Inde n'a pas condamné l'invasion russe de 2022 et continue d'acheter du pétrole à Moscou. Le président américain Donald Trump a affirmé que l'Inde s'était engagée à cesser ces achats, mais New Delhi ne l'a pas confirmé officiellement. « Si les Indiens cessent d'acheter du pétrole russe, on ne leur reprochera pas de s'abstenir à l'ONU », a ajouté Jaffrelot.

"Ce que nous disons aussi aux Indiens, c'est que des éléments aussi élémentaires que l'obtention d'un cessez-le-feu ou la fin des frappes contre les infrastructures civiles et énergétiques, ce sont des éléments qui doivent nous rassembler", assure l'Elysée.

Sources additionnelles • franceinfo, France24

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