Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Mort de Quentin : l'État saisit la justice quant à une possible "reconstitution" de la Jeune Garde

Marche d'hommage à Quentin Deranque, à Lyon, le samedi 21 février 2026
Marche d'hommage à Quentin Deranque, à Lyon, le samedi 21 février 2026 Tous droits réservés  Euronews
Tous droits réservés Euronews
Par Vincent Reynier avec AFP
Publié le Mis à jour
Partager Discussion
Partager Close Button

Emmanuel Macron se dit également "préoccupé" par de possibles violences qui pourraient émailler la campagne pour les élections municipales de mars.

Le gouvernement français a saisi la justice ce mardi au sujet d'une possible "reconstitution" du groupe antifasciste la Jeune Garde, suite à l'agression mortelle du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Cette information a été confirmée à l'AFP par un participant à la réunion à l'Élysée, au cours de laquelle Emmanuel Macron a aussi demandé au ministre de l'Intérieur de lancer des procédures de dissolution contre cinq "émanations" locales de la Jeune Garde.

Même avant la mort de Quentin Deranque, les services de renseignement français avaient déjà identifié des "velléités de reconstitution" de groupuscules liés à la Jeune Garde "sur cinq territoires au moins".

"Les faits gravissimes de Lyon nous laissent à penser que maintenant le dossier est suffisamment étayé", a indiqué la même source.

Le meurtre de Quentin percute les municipales

Le président de la République a également exprimé mardi sa "préoccupation" au sujet de possibles violences dans le contexte de la campagne électorale pour les municipales de mars, demandant à l'exécutif de veiller à ce que celles-ci "se déroulent sereinement".

Le militant nationaliste Quentin Deranque, âgé de 23 ans, est décédé le samedi 14 février d'une commotion cérébrale deux jours après avoir été violemment agressé par des membres de l'ultragauche à Lyon, alors qu'il était venu perturber une conférence donnée par l'eurodéputée LFI Rima Hassan.

Emmanuel Macron avait annoncé samedi que son gouvernement tiendrait cette réunion pour discuter "des groupes d'action violente qui sévissent et qui ont des liens avec les partis politiques quels qu'ils soient", évoquant la possibilité de dissolutions.

Avant la marche d'hommage à Quentin Deranque, qui s'est tenue à Lyon samedi, le chef de l'État avait appelé "les partis extrêmes à faire leur ménage" dans leurs rangs, ajoutant que "tous les partis politiques qui justifient des mouvements qui pratiquent la violence […] commettent une faute grave".

La France Insoumise dans l'œil du cyclone

Parmi les suspects, sept hommes âgés de 20 à 26 ans ont été mis en examen jeudi dernier à Lyon, dont six pour "homicide volontaire". Plusieurs d'entre eux appartenaient à la Jeune Garde, un groupe antifasciste fondé en 2018 par le député LFI Raphaël Arnault, et officiellement dissous en juin 2025.

Parmi les suspects figure des proches de Raphaël Arnault, dont un ancien collaborateur parlementaire, Jacques-Elie Favrot, dont le contrat a été interrompu après les faits et dont le nom ne figure plus sur le site de l'Assemblée nationale.

"Comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires", avait confirmé sur X le député LFI, en ajoutant que l'enquête "devra déterminer les responsabilités".

L'actuel assistant de Raphaël Arnault, Robin Chalendard, est soupçonné lui d'avoir hébergé et porté assistance à Adrien Besseyre, selon Le Parisien. Il n'est plus en détention et sera convoqué ultérieurement au tribunal pour répondre de "recel de malfaiteur", rapporte l'AFP. Il apparaissait sur le site de l'Assemblée sous un pseudonyme, mais son vrai nom y a été rétabli depuis.

Raphaël Arnault avait précédemment adressé ses condoléances à la famille de Quentin Deranque et appelé à ce que "toute la lumière soit faite sur ce drame".

Raphaël Arnault, député du parti d'extrême gauche La France Insoumise, répond aux questions des journalistes à l'Assemblée nationale, à Paris, le mardi 9 juillet 2024
Raphaël Arnault, député du parti d'extrême gauche La France Insoumise, répond aux questions des journalistes à l'Assemblée nationale, à Paris, le mardi 9 juillet 2024 AP Photo/Michel Euler

De son côté, et tout en déplorant le meurtre "inadmissible" de Quentin Deranque, le leader historique de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a exprimé sa "fierté" de compter les militants antifascistes parmi ses "alliés".

"Il y a des choses qu’il est interdit de dire : on ne peut parler des raisons pour lesquelles le jeune homme était à Lyon ce jour-là", a-t-il ajouté lundi, lors d'une conférence de presse. "Il est impossible de dire qu’il préparait un traquenard contre d’autres. Et que c’est un néonazi !".

Les chiffres de la violence idéologique en France

Invité la semaine dernière sur le plateau de l'émission 28 minutes d'Arte, le politologue Xavier Crettiez a indiqué que, depuis 40 ans - et sans compter les morts causées par les islamistes et les séparatistes - 53 personnes sont décédées lors de violences idéologiques en France, dont cinq sont du fait de l'ultragauche et 48 de l'ultradroite.

"Les violences sont moins fortes que dans les années 1960 et les années 1930", a-t-il également assuré.

Par ailleurs, le gouvernement affirme que 24 groupes de la "mouvance ultra" ont été dissous depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, l'État français assurant ne pas privilégier "un camp par rapport à un autre".

Dans le même sens, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait également exhorté l’ensemble des partis à refuser la violence politique, lors de son discours devant les députés la semaine dernière.

"Soit on lutte et on refuse la violence, soit on ne lutte pas contre elle. Il n’y a pas de double standard. Il n’y a pas, au fond, deux poids, deux mesures. Ça vaut pour tout le monde, pour tout à chacun", a-t-il déclaré dans l'hémicycle.

Alors que les funérailles de Quentin Deranque se tiennent ce mardi à Lyon, les proches du jeune homme ont déploré la "récupération politique" et "les débordements racistes" constatés lors de la marche en son hommage, samedi.

La famille "condamne [...] très fermement la récupération politique de cette marche effectuée sans la moindre pudeur, la présence de certains extrémistes notoires et les débordements racistes et discriminatoires constatés en marge de cette marche", indique le communiqué de son avocat, Me Fabien Rajon, partagé initialement par RTL.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Le miraculé survit cinq jours au fond d'un ravin après un accident de voiture

Agents de sécurité russes présents à bord d'un pétrolier fantôme arraisonné par la France

"Va chier" : une campagne pour la lutte contre le cancer du côlon pour lever le tabou du dépistage