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Réforme catastrophique : les écologistes fustigent Berlin pour l'abandon du chauffage vert

Un système de pompe à chaleur air-eau est installé dans un nouveau lotissement en périphérie de Marl, en Allemagne.
Une pompe à chaleur air-eau est installée dans un nouveau lotissement en périphérie de Marl, en Allemagne. Tous droits réservés  Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved.
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Par Rebecca Ann Hughes
Publié le
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La révision d'une loi existante autorise désormais les propriétaires à recourir de nouveau au fioul et au gaz pour se chauffer chez eux.

Le gouvernement allemand essuie de vives critiques de la part des organisations environnementales après avoir accepté de supprimer certaines dispositions d’une loi controversée sur le chauffage des logements.

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Le texte prévoyait jusqu’ici que les nouveaux systèmes de chauffage utilisent au moins 65 % d’énergies renouvelables, par exemple des pompes à chaleur.

La réforme permettra désormais aux propriétaires de continuer à se chauffer au fioul et au gaz.

Une voix critique a qualifié cette décision de « réalisation inconditionnelle de tous les souhaits du lobby des énergies fossiles ».

L’Allemagne abandonne l’obligation de chauffage renouvelable

La loi sur les sources de chauffage renouvelable a été adoptée en 2023 et saluée par les experts du climat comme l’un des objectifs les plus ambitieux du gouvernement de centre gauche alors au pouvoir.

Mais des critiques ont souligné les difficultés liées à la hausse de l’inflation, un quotidien allant jusqu’à surnommer le texte « le marteau du chauffage de Habeck », en référence à son auteur, Robert Habeck, membre du parti écologiste.

Le parti d’extrême droite et climatosceptique Alternative für Deutschland a fustigé la mise en avant des pompes à chaleur dans la loi, accusant les Verts de « forcer » les ménages à engager des travaux coûteux et de leur retirer leur liberté de choix.

Le gouvernement allemand a désormais accepté de supprimer l’obligation de chauffage renouvelable, ainsi que l’exigence de recourir à un expert lors de l’installation d’un nouveau système.

« Cette réforme est une catastrophe »

L’Union chrétienne-démocrate (CDU), formation de centre droit, affirme que les modifications apportées au texte restent compatibles avec l’objectif de réduction des émissions de CO2 des bâtiments, l’une des principales sources de pollution responsable du réchauffement, tout en offrant aux ménages un plus grand choix de technologies.

Ses partisans assurent que la loi prévoit un recours accru aux combustibles fossiles dits « verts ».

La ministre de l’Économie, Katherina Reiche, a indiqué que les propriétaires pourraient choisir entre « des modèles hybrides, la biomasse ; oui, même des chauffages au gaz et au fioul, mais avec une part croissante de biogaz ou de biofioul ».

Le caractère « vert » de la biomasse et du biogaz fait toutefois l’objet de vifs débats, leur production et leur combustion pouvant entraîner d’importantes émissions de carbone et des dommages aux écosystèmes.

Les militants accusent le gouvernement d’abandonner ses objectifs climatiques, qui prévoient notamment la neutralité carbone d’ici 2045.

« Cette réforme est une catastrophe », a déclaré à l’agence de presse allemande dpa Katharina Dröge, coprésidente du groupe parlementaire des Verts.

« La CDU et le SPD [Parti social-démocrate] ont montré aujourd’hui de manière flagrante que la protection du climat est totalement secondaire pour cette coalition », a-t-elle ajouté. « Le gouvernement fédéral a renoncé à atteindre les objectifs climatiques. »

La directrice générale de l’Association allemande d’aide à l’environnement (DUH), Barbara Metz, a qualifié la loi révisée de « réalisation inconditionnelle de tous les souhaits du lobby des énergies fossiles ».

« Un piège à gaz extrêmement coûteux »

L’Allemagne est le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de l’UE, le pays dépendant encore du fioul et du gaz pour près de 80 % de son chauffage.

En dépit de la promesse de recourir à des combustibles fossiles « respectueux du climat », les critiques pointent la rareté et la hausse des prix de sources comme le biométhane sur les marchés mondiaux.

Dröge reproche au gouvernement de « pousser les gens dans un piège à gaz extrêmement coûteux » avec cette réforme.

Les pompes à chaleur coûtent plus cher à l’achat et à l’installation que les chaudières à gaz, mais elles sont plus économiques à l’usage.

L’Allemagne subventionne entre 30 et 70 % du coût d’une nouvelle pompe à chaleur, des aides qui continueront d’être proposées au moins jusqu’en 2029 dans le cadre de la loi révisée.

« Surtout à l’heure de Trump, des crises mondiales et de la dépendance aux énergies fossiles, cette modification de la loi est à courte vue et dangereuse », a écrit sur X Julian Joswig, un responsable du parti écologiste.

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