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Défense contre les drones "Made in Germany" : les missiles anti-drones avec fonction laser

Ensemble, Stoof et Skylance présentent le "DroneHammer", un missile de défense contre les drones.
Ensemble, Stoof et Skylance présentent le "DroneHammer", un missile de défense contre les drones. Tous droits réservés  NuernbergMesse / Frank Boxler
Tous droits réservés NuernbergMesse / Frank Boxler
Par Franziska Müller
Publié le
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Une entreprise allemande a présenté, lors d’un salon de l’armement à Nuremberg, un système de défense économique contre les drones : le « DroneHammer ».

Les guerres ne se limitent plus depuis longtemps à l’affrontement de deux armées. En Ukraine, les drones sont employés presque quotidiennement dans le cadre de l’invasion russe à grande échelle. Récemment, ces appareils ont aussi perturbé le trafic de plusieurs aéroports en Allemagne et dans les pays baltes, menaçant des infrastructures essentielles.

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« Il s’agit d’actes de sabotage et d’espionnage », avait prévenu à l’automne dernier le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, évoquant une « menace hybride permanente ».

Face à ce danger, une entreprise allemande vient de dévoiler une solution : un missile de défense guidé par laser, conçu pour neutraliser les drones.

Un système de défense anti-drone innovant et économique

Proposé à environ 2 500 euros l’unité, ce missile est équipé d’une tête chercheuse optique à guidage laser. D’une portée maximale de 2 000 mètres et pesant moins d’un kilogramme, il permet de neutraliser des cibles avec un risque minimal de dommages collatéraux.

Contrairement aux systèmes classiques, l’entreprise Skylance, basée à Hürth en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, mise sur une combinaison inédite : l’énergie laser et des algorithmes avancés. La détection et le suivi des cibles ne reposent pas sur des têtes chercheuses traditionnelles, mais sur des logiciels et des techniques de traitement d’image.

Le mécanisme de lancement présente un autre atout : l’ogive intègre un système à shrapnel conçu pour exploser à quelques mètres de la cible, rendant le drone inoffensif grâce à un nuage de projectiles très concentré. Selon l’entreprise, cette méthode affiche un taux de réussite de 99 %.

Le « DroneHammer » se distingue par son absence d’explosifs conventionnels et son coût maîtrisé : à partir de 2 500 euros l’unité, il se positionne bien en dessous des solutions comparables sur le marché.

Ce missile est le fruit d’une collaboration entre Skylance, la division Special Vehicles de Mosolf et Stoof International, spécialiste des véhicules armés.

Fonctionnement en deux phases pour neutraliser les drones

Le système anti-drones se déploie en deux temps. Dans un premier temps, le missile est dirigé vers sa cible grâce à une caméra embarquée, qui assure un suivi autonome.

Dès que la distance évolue, un pointeur laser externe est activé. Le missile détecte alors ce point laser via son système de caméra et achève sa trajectoire en se calant sur la position indiquée.

Bien que des tirs multiples soient possibles, des interférences entre missiles ne peuvent être totalement écartées. En revanche, il est possible d’engager plusieurs cibles dans des directions différentes quasi simultanément.

Cette solution vise à contrer les menaces asymétriques posées par les drones à bas coût. L’entreprise précise que les versions embarquées et portables sont encore en développement. Les premiers modèles de série devraient être disponibles au quatrième trimestre 2026.

L’entreprise Skylance propose un système de défense conçu pour limiter au maximum les dommages collatéraux, destiné notamment aux forces de l’ordre, aux gardes-frontières et à la protection des infrastructures critiques. Cette solution, à la fois abordable et efficace, vise à contrer les menaces asymétriques représentées par les drones à bas coût.

Le missile anti-drones de Skylance a été dévoilé lors du salon Enforce Tac à Nuremberg. Pendant trois jours, cet événement a réuni innovateurs, investisseurs, responsables politiques et entreprises, avec une ambition claire : s’imposer comme le premier salon européen dédié à l’armement.

Réforme de la loi sur la sécurité aérienne pour contrer la menace des drones

Les drones peuvent servir à l’espionnage, perturber ciblement des activités ou paralyser le trafic aérien. En 2025, l’Allemagne a subi à plusieurs reprises des survols suspects à proximité immédiate d’aéroports et d’infrastructures sensibles.

En décembre 2025, le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a officiellement lancé une nouvelle unité de la police fédérale spécialisée dans la lutte anti-drones. Ces agents, formés comme forces d’intervention rapides, doivent être capables de prendre des décisions immédiates en situation de crise.

« Face à la menace des drones, notre stratégie repose sur trois piliers : détecter, dissuader, neutraliser », avait alors déclaré Alexander Dobrindt.Pour répondre à l’émergence de cette nouvelle menace, le gouvernement fédéral propose un amendement à la loi sur la sécurité aérienne, afin d’élargir les moyens de défense de l’État.

Le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) veut créer un nouveau centre de défense contre les drones en Allemagne.
Le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) veut créer un nouveau centre de défense contre les drones en Allemagne. AP Photo

Selon le texte, la Bundeswehr pourrait désormais être habilitée à « abattre des drones, en appui aux Länder et aux polices locales, lorsque cela s’avère indispensable pour prévenir un accident majeur ».

Si la gestion des risques sur le territoire national relève toujours des forces de police, les Länder pourront désormais solliciter l’aide de l’armée. Le ministère de la Défense serait alors compétent pour décider seul de l’intervention, sans avoir à consulter le ministère de l’Intérieur, comme c’est actuellement le cas.

Le système anti-drones développé par Skylance suscite déjà l’intérêt de la Bundeswehr et des polices régionales.

Le Bundestag doit examiner définitivement ce projet de loi cette semaine, avec une adoption prévue pour vendredi.

Pour répondre à l’émergence de cette nouvelle menace, le gouvernement fédéral propose un amendement à la loi sur la sécurité aérienne, afin d’élargir les moyens de défense de l’État.

Selon le texte, la Bundeswehr pourrait désormais être habilitée à « abattre des drones, en appui aux Länder et aux polices locales, lorsque cela s’avère indispensable pour prévenir un accident majeur ».

Si la gestion des risques sur le territoire national relève toujours des forces de police, les Länder pourront désormais solliciter l’aide de l’armée. Le ministère de la Défense serait alors compétent pour décider seul de l’intervention, sans avoir à consulter le ministère de l’Intérieur, comme c’est actuellement le cas.

Le système anti-drones développé par Skylance suscite déjà l’intérêt de la Bundeswehr et des polices régionales.

Le Bundestag doit examiner définitivement ce projet de loi cette semaine, avec une adoption prévue pour vendredi.

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