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"L'UE doit discuter avec Loukachenko", estime l'opposante bélarusse Maria Kolesnikova

Maria Kalesnikava : l'UE doit parler à Loukachenko, sinon c'est Poutine qui viendra
Maria Kalesnikava : l'UE doit parler à Loukachenko, sinon c'est Poutine qui viendra Tous droits réservés  AP Photo
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Par Diana Resnik & Donogh McCabe
Publié le Mis à jour
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Après presque cinq ans et demi de détention, Maria Kolesnikava voit son pays de plus en plus sujet à la propagande russe. Elle demande à l'UE de discuter avec le président Alexandre Loukachenko, avant de devoir le faire avec Vladimir Poutine.

Après avoir passé plus de cinq ans en prison, la leader de l'opposition bélarusse Maria Kolesnikova est arrivée à Berlin, où elle a pu recevoir le prix Charlemagne, qui lui avait été décerné lorsqu'elle était en détention. Être lauréate de ce prix, récompense la plus ancienne et la plus célèbre rendant hommage à l'engagement en faveur de l'unification européenne, est, pour elle, un signe de solidarité.

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Libérée en décembre dernier aux côtés de 120 autres prisonniers après une médiation des États-Unis, Maria Kolesnikova souhaite néanmoins poursuivre son activité politique. Aujourd'hui, quelque 1 000 personnes sont toujours détenues dans les prisons bélarusses, dans des conditions extrêmement dures.

À Berlin, Euronews a pu s'entretenir avec elle concernant l'avenir de son pays. "Il y a de grandes inquiétudes sur le fait que le Bélarus pourrait perdre sa souveraineté. [...] Car économiquement, nous ne sommes plus aussi indépendants qu'avant", explique, d'emblée, Maria Kolesnikova.

Une perspective qui pourrait être la conséquence des sanctions occidentales, qui pourraient pousser Alexandre Loukachenko, président depuis juillet 1994, dans les bras de la Russie et de son homologue Vladimir Poutine, explique l'opposante. Elle assure que Moscou pourrait ainsi profiter que le Bélarus n'ait plus de contact avec l'UE.

Un soutien européen souhaité

Alexandre Loukachenko, considéré comme le plus proche allié de Vladimir Poutine, ne s'est pas engagé dans la guerre en Ukraine, déclenchée par la Russie, le 24 février 2022. Mais en décembre 2025, Moscou et Minsk ont organisé un exercice militaire avec plus 12 000 soldats postés à la frontière polonaise. La crainte d'une mobilisation cachée de soldats russes depuis le Bélarus s'est ainsi accrue.

Après la réélection, en 2020, d'Alexandre Loukachenko avec plus de 80 %, une élection que beaucoup considèrent comme truquée, beaucoup de personnes sont descendues dans la rue. Des manifestations sévèrement réprimées par le pouvoir en place, qui a procédé à une myriade d'arrestations. En réaction à la répression de la société civile, l'UE a imposé des sanctions au Belarus.

Maria Kolesnikova a alors été menée de force à la frontière avec l'Ukraine, où elle a décidé de déchirer son passeport. "Cette décision a été beaucoup plus facile à prendre que de commander une salade au restaurant", assure-t-elle, en souriant.

Aujourd'hui, elle dit ne rien regretter et affirme qu'elle agirait de la même manière si elle le devait. "Pour moi, il était très important qu'en tant que femme politique, je sois proche de mon peuple même dans les mauvais moments et que je puisse parcourir ce terrible chemin avec eux", explique l'opposante politique.

À l'instar de Maria Kolesnikova, plusieurs figures de l'opposition se sont soulevées contre le pouvoir en place. C'est notamment le cas de Svetlana Tikhanovskaïa, qui s'est exilée en Lituanie, et de Veronika Zepkalo, qui s'est réfugiée dans plusieurs pays européens, comme la Grèce.

Désormais, Maria Kolesnikova ne peut plus s'adresser directement à son peuple. C'est pourquoi elle compte sur le soutien de l'Europe et espère, que sur le long terme, l'engagement et la solidarité renforceront la voie vers plus de démocratie et d'indépendance au Bélarus.

L'avenir démocratique du Bélarus "en grand danger"

Ce soutien de l'Europe est particulièrement important pour elle, car les jeunes générations n'ont pas suivi les manifestations sanglantes de 2020 et la lutte du mouvement d'opposition. "Elles ne savent plus ce que c’était. Et le danger est que, dans quelques années, plusieurs générations grandiront sans comprendre ce qu’est l’UE et ce que sont les valeurs démocratiques", explique-t-elle à Euronews. "Ils ne comprendraient pas pourquoi nous avons lutté, ce qu'est la liberté et le mode de vie européen."

L'avenir démocratique du Bélarus est "en grand danger", assure-t-elle encore, notamment face "à une propagande russe massive et agressive".

C'est la raison pour laquelle elle réclame un dialogue entre l'UE et Alexandre Loukachenko. "Parler ne signifie pas accepter, mais défendre les propres intérêts de l'UE et trouver ainsi une possibilité d'influencer le Bélarus", poursuit-elle. "Si on ne veut pas parler à Alexandre Loukachenko, il arrivera un moment où il faudra parler à Vladimir Poutine. Et, de mon point de vue, c'est bien pire", conclut l'opposante politique.

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