Chine : les exportations bondissent de 27 % en juin, portées par l’essor de l’intelligence artificielle
La hausse des exportations en juin s’est révélée bien supérieure aux attentes des économistes. En mai, les exportations avaient augmenté de 19,4 % sur un an.
Les importations en juin ont bondi de 36 %, mieux que la croissance de 27,4 % sur un an enregistrée en mai, les analystes attribuant en partie cette expansion à la guerre en Iran, qui fait grimper les coûts d’importation.
La Chine a dégagé en juin un excédent commercial de 125,6 milliards de dollars, en hausse par rapport aux 105,4 milliards enregistrés le mois précédent.
« Les échanges commerciaux ont franchi un nouveau cap en juin », a écrit mardi Julian Evans-Pritchard, responsable de l’économie chinoise chez Capital Economics, dans une note. « Cela reflète principalement la flambée récente des prix des semi-conducteurs dans le sillage du boom de l’IA. Mais même en mettant cet effet de côté, la demande étrangère pour les produits chinois reste solide. »
Les exportations chinoises de véhicules, en particulier de voitures électriques, ainsi que d’autres produits liés aux technologies, ont explosé à mesure que l’adoption rapide de l’IA accroît la demande de semi-conducteurs et d’autres équipements électroniques.
La vigueur du secteur manufacturier tourné vers l’exportation a contribué à compenser la faiblesse persistante de la consommation et de l’investissement intérieurs, pénalisés par l’enlisement de la crise immobilière.
De janvier à juin, les exportations chinoises ont augmenté de 17,6 % sur un an, tandis que les importations ont bondi de 26,6 %, selon les données des douanes.
Des responsables politiques, notamment aux États-Unis et en Europe, se sont inquiétés de l’aggravation de leurs déficits commerciaux avec la Chine. Pour contourner des obstacles comme la hausse des droits de douane, des entreprises chinoises déplacent leurs usines vers des régions comme l’Europe. La Chine augmente aussi ses exportations vers l’Asie du Sud-Est, l’Amérique latine et l’Afrique.
Si la croissance des exportations chinoises a de bonnes chances de se poursuivre, elle devient de plus en plus fragile, estime Wei Li, responsable des investissements multi-actifs chez BNP Paribas Securities (China). Les solides flux d’exportation dans l’automobile et les produits liés à l’IA resteront tributaires de la demande mondiale et des barrières réglementaires, a-t-il ajouté.
Les exportations vers l’Asie du Sud-Est ont bondi de près de 35 % en juin sur un an, tandis que celles à destination de l’Union européenne et de l’Amérique latine ont augmenté de plus de 18 % et 28 % respectivement.
Les exportations vers les États-Unis ont progressé de près de 14 % sur un an. Les livraisons chinoises vers les États-Unis se sont redressées ces derniers mois, en partie parce qu’elles avaient reculé un an plus tôt, après le retour au pouvoir du président Donald Trump l’an dernier et la mise en place de droits de douane plus élevés.
La Chine doit publier mercredi ses chiffres de croissance pour le deuxième trimestre, d’avril à juin. Les dirigeants chinois visent cette année une croissance annuelle comprise entre 4,5 % et 5 %, légèrement inférieure aux 5 % prévus en 2025.
La semaine dernière, le Fonds monétaire international a relevé de 0,2 point, à 4,6 %, sa prévision de croissance annuelle pour la Chine. Mais il dit s’attendre à ce que l’économie chinoise ne progresse plus que de 4,1 % en 2027.
Les autorités chinoises tentent de relancer la consommation des ménages par diverses mesures, notamment des primes à la reprise pour les voitures et l’électroménager. Mais de nombreux Chinois ordinaires subissent la pression du ralentissement économique et renoncent aux achats importants.