Les coupures de courant rendent la vie quotidienne presque impossible : à chaque panne, l'eau se raréfie et les ventilateurs s'arrêtent. Une situation en grande partie due à l'embargo imposé par Washington.
Le réseau électrique de Cuba est de nouveau tombé en panne, ce dimanche 2 août, provoquant une nouvelle coupure de courant à l’échelle nationale, a indiqué l'entreprise publique de l’énergie, Unión Eléctrica (UNE).
Elle a fait état d'une "déconnexion totale" du système électrique national, plongeant le pays, y compris la capitale, dans l’obscurité la plus complète.
Ce n’est que le dernier épisode d’une longue série de coupures complètes du réseau. La veille, déjà, tout l’ouest du pays s’est retrouvé dans le noir.
Le réseau électrique de La Havane, déjà fragilisé par des infrastructures vieillissantes, souffre également des conséquences de l'embargo américain. Les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela ont été interrompues après l'opération militaire menée par Washington en janvier, privant Cuba de son principal fournisseur.
Depuis plusieurs mois, le pays est confronté à de graves crises énergétique, sanitaire et économique, aggravées par d'importantes pénuries de carburant.
Un quotidien rendu impossible
Pour les habitants, ces coupures de courant compliquent encore un peu plus le quotidien. À chaque panne, l'approvisionnement en eau est perturbé et les systèmes de ventilation cessent progressivement de fonctionner, alors que les températures restent élevées.
C’est une pression croissante pour une société habituée à l’adversité, mais désormais engluée dans une crise qui dure depuis des mois sans perspective claire de sortie. Les habitants des zones les plus touchées ont exprimé leur colère en incendiant des tas d’ordures ou en tapant sur des casseroles.
Le ministère de l’Énergie a indiqué que les protocoles de réactivation du réseau étaient en cours.
Les États-Unis, responsables de la situation
Depuis janvier et l'opération menée à Caracas, Washington n’a autorisé l’arrivée que d’un seul pétrolier russe, transportant 100 000 tonnes de brut, arrivé en mars. Ces réserves sont désormais épuisées.
En plus d’instaurer un blocus pétrolier, l’administration Trump a durci les sanctions contre les entreprises publiques cubaines, poussant de nombreuses sociétés étrangères à suspendre leurs activités dans le pays.
Les États-Unis ont également inculpé l’ancien président Raúl Castro, frère du dirigeant révolutionnaire Fidel Castro, pour la destruction de deux avions civils il y a trois décennies.
Cependant, les discussions entre La Havane et Washington semblent avoir peu avancé. Cuba a adopté une série de réformes libérales pour tenter de relancer l’économie.