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Les rendements européens reculent, les taux immobiliers US au plus haut du mandat Trump

Photo d'archives. Des écrans montrent une conférence de presse du président de la Réserve fédérale Kevin Warsh sur le parquet de la Bourse de New York, 16 septembre 2026
Photo d'archives. Des écrans diffusent une conférence de presse du président de la Réserve fédérale Kevin Warsh au New York Stock Exchange, le 16 septembre 2026 -  Tous droits réservés  AP Photo/Seth Wenig
Tous droits réservés AP Photo/Seth Wenig
Par Quirino Mealha
Publié le •Mis à jour
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Les rendements des obligations d'État européennes ont reculé vendredi matin, après une forte baisse cette semaine, tandis que les taux des bons du Trésor américain montaient et que les taux hypothécaires aux États-Unis grimpaient à 7 %, un pic depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.

La détente observée vendredi matin sur les obligations européennes est restée limitée et intervient après l'une des pires débâcles obligataires depuis des années.

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Le rendement de l'OAT française à 10 ans évoluait autour de 4,67 % vendredi matin, contre environ 4,7 % plus tôt, tandis que le rendement du Bund allemand à 10 ans se situait autour de 3,59 %, en baisse par rapport à 3,61 %.

L'écart entre les coûts d'emprunt français et allemands à 10 ans, principal baromètre de la prime de risque exigée par les investisseurs pour Paris, a dépassé cette semaine les 110 points de base, son niveau le plus élevé depuis la crise de la dette de la zone euro en 2012.

Ce mouvement reflète les inquiétudes des investisseurs concernant la dette française et les risques électoraux, encore accentuées par l'abaissement de la note de la France par l'agence de notation Scope. Les investisseurs évaluent désormais le risque d'un second tour de la présidentielle de 2027 opposant extrême droite et extrême gauche.

Pour ces raisons, le coût de l'assurance contre un défaut de la dette française a lui aussi grimpé à son plus haut niveau depuis près de dix ans.

Mais l'essentiel se passe aux États-Unis.

Le rendement des bons du Trésor américain à 30 ans a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis 2004, autour de 5,5 %, une nouvelle flambée des prix du pétrole venant nourrir les craintes d'une inflation persistante et d'une dette publique en forte hausse.

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans, qui sert de référence aux taux des crédits immobiliers américains, est revenu à des niveaux plus vus depuis 2007.

Les acheteurs de logements aux États-Unis subissent la hausse généralisée des coûts d'emprunt : le taux moyen des prêts immobiliers sur 30 ans a atteint 7 % cette semaine, soit environ un point de pourcentage de plus que juste avant le début de la guerre en Iran, et son plus haut niveau depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump en janvier 2025.

Pourquoi obligations et actions chutent ensemble

La nouveauté, c'est que les obligations ne jouent plus leur rôle de valeur refuge au moment même où les actions vacillent.

"Obligations et actions reculent à cause de l'inflation", explique Nick Saunders, directeur général de la plateforme d'investissement en ligne Webull UK.

"Les chocs énergétiques et la guerre ont poussé les prix à la hausse alors que la croissance ralentit, et, en temps normal, la baisse des actions inciterait les investisseurs à se tourner vers les obligations. Cette fois, comme les taux d'intérêt ne reculent pas, 'la valeur refuge traditionnelle' est moins attrayante", poursuit Saunders.

Saunders rappelle le début des années 1970, quand une combinaison similaire de chocs énergétiques et de pressions salariales avait propulsé les rendements des gilts britanniques tandis que les actions plongeaient de 73 %, tout en soulignant que les économies actuelles sont bien moins dépendantes du pétrole et que les marchés du travail disposent de plus de marges pour absorber une inflation rampante.

Les obligations indexées sur l'inflation, l'or et d'autres actifs décorrélés des actions offrent une certaine protection, ajoute Saunders, tout en jugeant qu'"il serait erroné d'abandonner totalement les obligations".

Le cabinet Oxford Economics adopte une lecture plus apaisée de ce mouvement d'ensemble.

"Nous considérons la flambée des taux d'intérêt comme principalement temporaire ; elle reflète surtout un ajustement du prix des réponses de politique monétaire à la hausse des prix de l'énergie", estiment les économistes en chef Ricardo Amaro et Daniel Kral. Ils ajoutent que la plupart des budgets publics peuvent absorber des taux plus élevés grâce à la longue maturité moyenne de leur dette.

La France et, dans une moindre mesure, l'Italie font toutefois figure d'exceptions. Dans un scénario sévère, les deux pays devraient, selon eux, "resserrer leur politique budgétaire de plus d'un point de PIB afin de compenser une hausse durable du coût des intérêts". L'Espagne, la Grèce et le Portugal sont mieux armés pour résister à cette pression.

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