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Le choc des élections françaises entraîne une baisse de l'euro après la victoire de la gauche

L'homme politique d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon participe à une manifestation le jeudi 6 avril 2023 à Paris.
L'homme politique d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon participe à une manifestation le jeudi 6 avril 2023 à Paris. Tous droits réservés AP/Christophe Ena
Tous droits réservés AP/Christophe Ena
Par Eleanor Butler
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

La victoire inattendue du Nouveau Front Populaire (gauche) a fait chuter l'euro, les marchés craignant une frénésie de dépenses incompatibles avec les finances de l'Etat français.

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Le (premier) verdict des marchés financiers est tombé rapidement après l'annonce des résultats des législatives en France : l'euro a perdu 0,3 % dans les premières heures des échanges asiatiques dimanche après la victoire du Nouveau Front Populaire (NFP).

Selon les résultats publiés par le ministère français de l'Intérieur, la gauche du NFP a remporté 187 sièges à l'Assemblée nationale sur 577 députés. L'alliance des partis soutenant Emmanuel Macron a terminé seconde avec 159 sièges et le RN a été finalement relégué à la 3ᵉ position avec 142 sièges.

Alors que les marchés s'étaient récemment redressés en pensant que le Rassemblement national n'obtiendrait pas la majorité absolue en France, l'incertitude semble de nouveau de mise.

"Il semble que les partis d'extrême droite aient obtenu un soutien important", a déclaré Simon Harvey, responsable de l'analyse des changes chez Monex Europe, cité par Reuters.

"Mais fondamentalement, du point de vue du marché, il n'y a pas de différence en termes de résultats. Il y aura vraiment un vide en ce qui concerne la capacité législative de la France".

Les marchés détestent notoirement l'incertitude, et la scène politique française est actuellement loin d'être stable.

Avec la probabilité d'une Assemblée sans majorité et le manque de clarté quant à la forme de coalition possible, une forme de gouvernement minoritaire ou de "cohabitation" — où le pouvoir est partagé entre un Premier ministre et un président issus de partis opposés — semble probable.

Cela pourrait présager un blocage législatif.

De plus, l'alliance de gauche du Nouveau Front Populaire (NFP) n'est pas connue pour sa prudence fiscale.

Le chef de file de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a ainsi déclaré que des décrets pourraient être rapidement pris pour abroger la réforme des retraites d'Emmanuel Macron et que des mesures seraient prises pour augmenter le salaire minimum en France.

LFI souhaite également mettre en œuvre une augmentation des salaires de 10 % pour les fonctionnaires, augmenter les aides au logement de 10 % et embaucher davantage d'enseignants et de travailleurs de la santé.

Ces mesures supplémentaires impliqueraient une augmentation progressive des dépenses publiques de 150 milliards d'euros. Le parti affirme que ces mesures seraient financées par une augmentation des impôts pour les riches.

C'est ce programme de dépenses publiques qui a effrayé les marchés, en particulier au vu de la santé actuelle des finances de la France.

Le pays a fait les gros titres en mars dernier lorsque le gouvernement a annoncé les chiffres de son déficit pour 2023, les comptes publics faisant état d'un manque à gagner de 5,5 % de la production économique.

Ce chiffre est en hausse par rapport aux 4,8 % de l'année précédente et dépasse largement l'objectif de 4,9 % fixé par le gouvernement, sachant que le pacte de stabilité et de croissance européen prévoit un déficit maximum de 3%.

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Le gouvernement de M. Macron s'était engagé à ramener le déficit sous la barre des 3 % de la production nationale d'ici à 2027, ce qui lui permettrait de rester en conformité avec les objectifs de l'UE.

Alexandre Ouizille, un responsable du Nouveau Front Populaire, a déclaré avant le vote de dimanche que son parti n'augmenterait pas le déficit. "Nous ne le réduirons pas", a-t-il néanmoins ajouté.

Les transactions sur les obligations et les actions françaises débuteront lundi matin en Europe.

Les investisseurs suivront de près l'évolution de la situation à Paris pour voir comment cette nouvelle ère politique pourrait affecter la stabilité fiscale.

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