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Crise climatique : à Berlin, les habitants disent "non" au référendum sur la neutralité carbone

La rue commerçante Friedrichstrasse dans le centre de Berlin en hiver.
La rue commerçante Friedrichstrasse dans le centre de Berlin en hiver. Tous droits réservés AP Photo/Markus Schreiber
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Par Rosie Frost
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Les électeurs de la capitale ont refusé que la municipalité se fixe comme objectif d'atteindre l'équilibre entre émission et absorption de CO2 d'ici 2030.

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Ce 26 mars, les habitants de Berlin se sont exprimé sur la possibilité d'avancer l'objectif de neutralité climatique de la ville à 2030, au lieu de l'objectif actuel fixé à 2045. Avec une taux de participation atteignant les 30 %, seuls 423 000 électeurs, soit 24 % de la population de la capitale, ont voté pour ces changements en faveur de la lutte contre la changement climatique.

Berlin - comme le reste de l'Allemagne - veut réduire les émissions nettes de carbone de 95 % d'ici 2045. Les climatologues et les militants pensent que ce n'est pas assez tôt, et affirment que le pays aura déjà dépassé son budget carbone d'ici 2031.

Le groupe environnemental "Klimaneustart Berlin" ou Climate Reset Berlin a lancé le référendum pour que l'objectif de neutralité carbone de la ville soit avancé. Avec le soutien de groupes environnementaux locaux, du moteur de recherche vert Ecosia et de Fridays for Future, il espère inscrire l'objectif de 2030 de manière définitive dans les objectifs de la ville avec ce vote.

Qu'aurait pu signifier ce référendum pour Berlin ?

Ce référendum aurait pu renforcer le langage de l'engagement en remplaçant des mots comme "objectif" par des mots plus définitifs comme "devoir". Un objectif intermédiaire de réduction des émissions de 70 % aurait également pu être avancé de 2030 à 2025.

Les critiques affirment cependant que le coût estimé de l'avancement de la date se chiffre en milliards d'euros, et pensent que des changements tels que la rénovation des bâtiments et la réduction du nombre de véhicules privés priveraient de financement d'autres domaines tels que l'éducation.

Le Sénat de Berlin lui-même avait recommandé de voter contre le référendum. Il pense que l'objectif n'est pas réaliste. Les raisons en sont, par exemple, les dépendances de l'approvisionnement énergétique, le manque de contrôlabilité des innovations techniques et les exigences du gouvernement fédéral. Les voix des entreprises étaient également essentielles.

Markus Schreiber/Copyright 2022 The AP. All rights reserved
Des militants du climat affichent des slogans lors d'une manifestation devant le ministère de l'économie et du climat à Berlin.Markus Schreiber/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Pourquoi les gouvernements doivent ils proposer des objectifs de neutralité climatique ?

Le récent rapport de synthèse du GIEC a exhorté davantage de gouvernements à faire valoir leurs engagements en matière de neutralité climatique.

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré que les pays riches doivent "s'engager à atteindre le zéro net le plus près possible de 2040" en "appuyant sur un bouton d'avance rapide" sur leurs objectifs. "Cela peut être fait", a-t-il ajouté. "Certains ont déjà fixé un objectif dès 2035."

L'année dernière, un panel intergouvernemental a également déclaré qu'un nombre croissant de villes fixaient désormais des objectifs de neutralité climatique. Mais il a également averti qu'elles ne pourraient atteindre leur plein potentiel climatique qu'en s'attaquant aux émissions au-delà de leurs frontières.

Quelles capitales européennes visent déjà la neutralité climatique d'ici 2030 ?

Plusieurs autres capitales européennes ont déjà des objectifs de neutralité climatique pour 2030.

Le maire Sadiq Khan s'est fixé pour objectif que Londres atteigne le zéro net en 2020. Le plan consiste à installer davantage de pompes à chaleur dans les maisons, à isoler les bâtiments, à réduire les trajets en voiture et à réduire le nombre de voitures à essence et diesel sur la route.

La Commission européenne a également annoncé l'an dernier une mission visant à rendre 100 villes de l'UE climatiquement neutres d'ici 2030. Il s'agit de financer ces pôles métropolitains pour la recherche d'innovations dans les transports propres, l'efficacité énergétique et l'urbanisme.

Plus de 100 villes ont jusqu'à présent rejoint l'initiative, y compris des capitales comme Paris, Stockholm, Rome et Helsinki. Berlin ne fera pas partie de la mission que si le référendum réussit, mais plusieurs autres villes allemandes en font déjà partie.

Et la capitale danoise Copenhague vise un objectif encore plus haut, avec une neutralité climatique atteinte en 2025, ce qui en ferait la première ville climatiquement neutre. Ces plans ont toutefois rencontré des obstacles, avec des rapports selon lesquels un projet phare d'incinérateur de déchets n'a pas réussi à obtenir de financement pour la technologie de capture du carbone.

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