Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

1,6 million de m³ de neige artificielle prêts pour les JO d'hiver : pourquoi cela pose problème ?

Le dérèglement climatique rend aussi la neige artificielle indispensable.
Le changement climatique rend aussi la neige artificielle indispensable. Tous droits réservés  Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved
Tous droits réservés Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved
Par Rebecca Ann Hughes & JENNIFER McDERMOTT and PAT GRAHAM avec AP
Publié le Mis à jour
Partager Discussion
Partager Close Button

Avec le réchauffement record de la planète, la liste des sites pouvant accueillir de manière fiable les Jeux d’hiver va se réduire dans les années à venir.

L'expert italien en enneigement artificiel Davide Cerato jouera un rôle majeur dans les épreuves de ski et de snowboard des prochains Jeux olympiques.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Il est chargé de perfectionner plusieurs des pistes qui seront utilisées lors des Jeux d'hiver de Milan-Cortina 2026, et il prend son travail très au sérieux.

« C'est la course la plus importante de leur vie », explique-t-il. « Notre devoir est de leur offrir le meilleur, de leur fournir les meilleures pistes où ils pourront donner le meilleur d'eux-mêmes après s'être entraînés si dur. »

De nos jours, la neige artificielle, que Cerato appelle « neige technique », fait partie intégrante du ski de compétition, à tel point que les athlètes olympiques n'hésitent pas à concourir dessus.

Avant tout, ils veulent une piste qui résiste à de multiples entraînements et aux courses elles-mêmes sans devenir trop molle ou creusée d'ornières.

Dame Nature ne peut pas toujours répondre à cette exigence, et avec le changement climatique qui affecte particulièrement les sports d'hiver, la fabrication de neige artificielle est devenue indispensable.

1,6 million de mètres cubes de neige artificielle prêts pour les Jeux olympiques

Cerato supervise les opérations sur les sites où de nouveaux systèmes d'enneigement artificiel ont été installés, notamment à Bormio pour les épreuves de ski alpin et de ski alpinisme, et à Livigno pour les épreuves de ski acrobatique et de snowboard.

Il travaille avec la Fédération internationale de ski et de snowboard et le Comité international olympique depuis les Jeux olympiques de Sotchi en 2014.

Le comité d'organisation a déclaré vendredi avoir produit près de 1,6 million de mètres cubes de neige artificielle pour l'ensemble des sites, soit moins que prévu. Cerato a supervisé les travaux de creusement de nouveaux réservoirs d'eau en altitude destinés à stocker l'eau nécessaire à la fabrication de neige artificielle.

Au Snow Park de Livigno, ils ont construit un bassin pouvant contenir environ 200 millions de litres d'eau. C'est désormais l'un des plus grands réservoirs du versant italien des Alpes, affirme Cerato. Ils y ont ajouté plus de 50 canons à neige pour produire environ 800 millions de litres de neige en quelque 300 heures.

À Bormio, Davide Cerato explique qu'ils ont construit un lac à 2 300 mètres d'altitude pouvant contenir 88 millions de litres d'eau. Ils ont également ajouté 75 canons à neige pour le ski alpin et le ski alpinisme.

« Nous avons fait passer la piste de Bormio à un niveau supérieur », dit-il, la comparant à une « Ferrari équipée d'une nouvelle boîte de vitesses ».

Pourquoi les sports d'hiver s'appuient de plus en plus sur la neige artificielle

En fabriquant de la neige, les organisateurs peuvent contrôler la qualité et la dureté d'une piste, la préparer conformément aux exigences de la FIS et garantir des conditions constantes, explique Cerato.

Il affirme qu'il est plus facile de travailler avec de la neige artificielle, car elle est compacte et plus sûre, car elle ne se détériore pas aussi rapidement, alors que la neige naturelle nécessite plus de travail. Ils peuvent injecter de l'eau profondément dans le manteau neigeux, qui gèlera et créera une surface de course plus stable.

Mais le changement climatique rend également la neige artificielle indispensable. Le réchauffement climatique continue de faire fondre les Dolomites, où se dérouleront la plupart des épreuves.

Au cours des cinq dernières années, l'Italie aurait perdu 265 stations de ski en raison de la hausse des températures, tandis qu'une analyse majeure publiée l'année dernière a révélé que le réchauffement climatique touche les régions montagneuses, y compris les Alpes, « plus intensément » que les zones de plaine.

De plus, avec le réchauffement de la Terre à un rythme record, la liste des sites pouvant accueillir de manière fiable les Jeux d'hiver va considérablement diminuer dans les années à venir, selon les chercheurs.

Sur les 93 sites montagneux qui disposent actuellement des infrastructures nécessaires pour accueillir des compétitions de sports d'hiver de haut niveau, seuls 52 devraient avoir une hauteur de neige et des températures suffisamment froides pour pouvoir accueillir les Jeux olympiques d'hiver dans les années 2050, selon les recherches menées par le professeur Daniel Scott de l'université de Waterloo et le professeur associé Robert Steiger de l'université d'Innsbruck.

Ce nombre pourrait tomber à 30 d'ici les années 2080, selon l'ampleur des mesures prises à l'échelle mondiale pour réduire les émissions de dioxyde de carbone.

La situation est encore plus sombre pour les Jeux paralympiques d'hiver, qui se déroulent généralement sur les mêmes sites deux semaines après la fin des Jeux olympiques d'hiver.

Leurs recherches ont également révélé qu'il n'existe pratiquement aucun site capable d'accueillir de manière fiable des sports d'hiver sans enneigement artificiel d'ici le milieu du siècle.

Mais même cela n'est pas une solution. « La production de neige artificielle... ne constitue qu'une protection relative et transitoire contre les effets du changement climatique », a averti la Cour des comptes dans un rapport publié en 2024.

Bien que ses émissions soient marginales, la fabrication de neige artificielle est un processus coûteux en argent, en énergie et en eau, qui pourrait bientôt exercer une pression excessive sur les ressources locales.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

« Exit les fossiles » : 10 pays européens promettent 9,5 Md€ pour l’éolien en mer du Nord

Chypre menacée de pénurie d'eau, les autorités adoptent des mesures d'urgence

« Une immense perte » : au Groenland, le champion de traîneau craint pour sa culture