PUBLICITÉ

"Le président Alexandre Loukachenko n'est qu'une marionnette"

"Le président Alexandre Loukachenko n'est qu'une marionnette"
Tous droits réservés Leonid Shcheglov/BelTA
Tous droits réservés Leonid Shcheglov/BelTA
Par Stefan GrobeEuronews
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button

L'UE accuse le régime d’Alexandre Loukachenko d’organiser le transfert de migrants vers la Pologne ou la Lituanie. Mais les Etats membres pointent la Russie comme le cerveau de cette tentative de déstabilisation.

PUBLICITÉ

La situation le long de la frontière entre l’UE et le Bélarus reste difficile. Le début de semaine a été marqué par des scènes de violence. Les forces polonaises ont utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau face aux jets de pierre de migrants qui tentaient de rejoindre l'Union européenne.

Varsovie accuse Minsk de détruire la barrière de barbelés pour faciliter les tentatives de passage des demandeurs d'asile. Il y a eu aussi des gestes diplomatiques pour tenter de calmer les tensions. La chancelière allemande sortante, Angela Merkel, s'est entretenue à deux reprises par téléphone avec le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko.

Mais pour beaucoup de responsables et d’observateurs, le président russe est en fait le véritable responsable de cette situation. Euronews a interrogé l’ancien secrétaire général de l’Otan et ancien Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen.

Euronews :

Commençons par le drame migratoire le long de la frontière avec le Bélarus. La Russie est-elle le véritable cerveau de cette crise?

Anders Fogh Rasmussen :

Absolument. Le président Alexandre Loukachenko n'est qu'une marionnette. Le président Vladimir Poutine est le réel cerveau. Et il est très clair que le dirigeant russe soutient toute initiative qui peut diviser l'Union européenne et l'Otan.

Euronews :

On observe un large mouvement de troupes russes à proximité de la frontière ukrainienne. Est-ce juste une provocation ou est-ce qu'il y a un risque sérieux d'invasion ?

Anders Fogh Rasmussen :

Un rassemblement de forces militaires le long de la frontière ukrainienne est un risque clair. Il y a aussi un risque de voir la crise migratoire avec le Bélarus employée comme un écran de fumée pour mener une agression militaire contre l'Ukraine. Si on ajoute la crise migratoire au Bélarus, le mouvement de troupes le long de la frontière ukrainienne, l'augmentation du prix du gaz initiée par la Russie, tous ces éléments servent à créer de l'instabilité et du désordre.

Euronews :

Vous êtes un observateur expérimenté du Kremlin. Pourquoi la Russie agit ainsi et pourquoi maintenant ?

Anders Fogh Rasmussen :

La Russie fait tout cela car son objectif ultime est la division, voire la dissolution de l'Otan et de l'Union européenne. Elle fait cela en ce moment pour tester la détermination de l'Europe, notamment à la lumière des négociations gouvernementales en cours à Berlin. Vladimir Poutine sait parfaitement que les Verts obtiendront une position clef dans le prochain gouvernement allemand, et les Verts ont adopté une position très ferme contre la Russie et la Chine. Et pour tester notre détermination, Vladimir Poutine lance toutes ces initiatives de déstabilisation.

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Crise migratoire aux portes de l'Europe : une majorité d'exilés mis à l'abri, plus de 400 rapatriés

Pologne-Bélarus : la guerre des images

Tirs de gaz lacrymogènes contre des migrants à la frontière bélarusse, la Russie s'insurge