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Le ton devient plus offensif entre la Russie et les alliés occidentaux

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Par Stefan Grobe  & Euronews
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Le président russe Vladimir Poutine
Le président russe Vladimir Poutine   -   Tous droits réservés  ALEXEY DANICHEV/AFP

La Russie a mis à exécution sa menace de couper les livraisons de gaz à l'Europe. Le Kremlin a stoppé l'approvisionnement de la Pologne et à la Bulgarie. La Commission européenne condamne cette décision. Elle parle de provocation et de chantage.

Les avertissements se multiplient ces derniers jours entre l’Occident et la Russie. Le président russe, Vladimir Poutine, prévient que toute intervention extérieure entrainerait une "réponse rapide comme l'éclair".

Face à lui, les Etats-Unis ont réuni une quarantaine d’alliés pour apporter un soutien militaire à long terme à l’Ukraine. Washington a d’ailleurs changé de ton. Le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, souhaite s’assurer "que la Russie ne dispose plus des mêmes capacités d'intimidation de ses voisins que ce que nous avons vu au début du conflit".

Pour mieux comprendre cette bascule, Euronews a interrogé Barry Pavel, vice-président du Conseil Atlantique et directeur du Centre Scowcroft pour la stratégie et la sécurité.

Euronews :

Comment interpréter les propos du ministre américain de la Défense ?

Barry Pavel :

J'ai une double réponse. Tout d'abord j'aime l'idée. Nous ne voulons pas de pays qui joue les agresseurs en série, et la Russie de Vladimir Poutine est un agresseur en série. Mais mon second point est qu'il aurait fallu essayer et pas seulement l'annoncer. L'évoquer (…) n'aide pas nécessairement la diplomatie publique. Et je pense en particulier que si nous essayons de rassembler, si les États-Unis et l'Europe essaient de rassembler une coalition mondiale, des pays comme l'Inde, l'Arabie Saoudite et d'autres quand ils entendent ça cela devient un ordre du jour bilatéral, non pas un agenda mondial. Nous les perdons, nous perdons leur vote à l'ONU, nous perdons leur rôle dans les sanctions. Je pense qu'il vaut mieux agir et ne pas en parler.

Alex Brandon/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.
Le ministre américain de la Défense Lloyd AustinAlex Brandon/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Euronews :

Que peuvent faire concrètement les Etats-Unis pour atténuer la puissance militaire russe ?

Barry Pavel :

Ce qu'ils font. Ce sont les trois pieds du tabouret que le président Joe Biden a annoncé en décembre. Si vous pensez à chacun de ces pieds, les sanctions économiques, probablement les plus importantes de l'histoire et de façons tellement différentes, ces sanctions limitent la capacité russe à construire de nouveaux équipements militaires et cela créé d'autres difficultés pour d'autres secteurs de l'économie russe. C'est un premier point. Deuxièmement, plus la défense ukrainienne sera capable de détruire les forces d'invasion russe, moins il y aura de chars russes pour envahir la Moldavie, les pays baltes ou d'autres. Troisièmement, nous savons à peu près les plans de Vladimir Poutine : c'est l'Europe. Donc renforcer la posture défensive de l'OTAN, ce qui si j'ai bien compris est en préparation et sera annoncé au sommet de l'OTAN en juin. C'est un autre élément qui limitera la capacité de la Russie d'intimider ses voisins.

Euronews :

Sergueï Lavrov estime que les envois d'armes occidentales poussent l'Ukraine à saboter les négociations de paix avec Moscou. Qu’en pensez-vous ?

Barry Pavel :

C'est ce même ministre des Affaires étrangères qui nous disait avant l'invasion de ne pas s'inquiéter, que tout le monde était hystérique, qu'ils n'allaient pas envahir. Donc je ne pense pas que cela soit le cas. La Russie n'est pas sérieuse dans ces négociations. Ils se sont entendus sur des couloirs humanitaires et ils ont ciblé des civils et des bus dans ces couloirs humanitaires.