Michiel van Hulten : "Nous demandons que tous les eurodéputés publient leurs réunions de lobbying"

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Par Efi Koutsokosta  & Yolaine de Kerchove (traduction)
Michiel van Hulten, directeur de Transparency International UE
Michiel van Hulten, directeur de Transparency International UE   -  Tous droits réservés  Olivier Matthys/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Dans l'émission State of the Union, la journaliste Efi Koutsokosta revient cette semaine sur le scandale qui a récemment secoué le Parlement européen : le Qatargate.

Elle interroge à ce propos Michiel van Hulten, le directeur de la branche européenne de Transparency International.

Il y a donc un tremblement de terre politique à Bruxelles par ce scandale du Qatargate avec la corruption présumée de fonctionnaires européens et l'implication d'une vice-présidente du Parlement européen. Avez-vous été pris par surprise lorsque vous avez entendu parler de cette affaire ?

Michiel Van HultenOui, c'est un scandale aux proportions épiques. Depuis que je suis à Bruxelles, je n'ai jamais rien vu de tel, que ce soit en termes de sommes d'argent prétendument impliquées ou de nombre de personnes concernées par cette affaire. Je pense donc que c'est vraiment sans précédent.

Nous entendons maintenant parler de certaines zones grises dans la façon dont les lobbyistes travaillent ici à Bruxelles. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Michiel Van Hulten :L'une des propositions que nous avons soumises aux institutions était une proposition visant, par exemple, à rendre le registre obligatoire et aussi à inclure le lobbying des pays tiers comme l'un des domaines couverts par les règles. Nous demandons également depuis longtemps que les députés européens publient leurs réunions de lobbying et, bien que les règles aient été modifiées dans une certaine mesure et que certains députés soient maintenant tenus de déclarer leurs réunions, ce n'est pas le cas pour tous les députés, et même ceux qui sont tenus de le faire ne le font pas toujours. Et cela a vraiment à voir avec le fait qu'il n'y a pratiquement aucun contrôle en place, que les contrôles sont très laxistes et qu'il n'y a aucune sanction pour les personnes qui enfreignent les règles. Il est donc très tentant de ne pas respecter les règles parce que, vous savez, elles ne seront pas appliquées.

L'ONG impliquée de M. Panzeri n'a jamais été enregistrée dans le soi-disant registre de transparence de l'UE, mais la Commission a donné le feu vert à un ancien commissaire pour en faire partie en tant que membre honoraire. Quel est le problème ici ?

Michiel Van Hulten :Pour nous, il est incompréhensible que la Commission européenne permette à un ancien membre de prendre un ancien commissaire au conseil d'administration d'une organisation qui ne figure pas dans le registre de transparence alors qu'elle est clairement impliquée dans le processus de recherche d'influence de la législation européenne. Et cela montre bien que l'autosurveillance qui caractérise actuellement les régimes d'éthique des institutions européennes ne fonctionne pas tant que la Commission et le Parlement sont leurs propres policiers. Ils ne feront jamais le genre d'enquêtes approfondies et de vérifications approfondies des antécédents pour s'assurer que les décisions qu'ils prennent sont conformes aux règles. Nous avons donc besoin d'un organe européen indépendant chargé de veiller à ce que ces questions ne soient plus entre les mains de la Commission et du Parlement.

Video editor • Vassilis Glynos